Trump et le mercredi des Cendres

La Maison Blanche a publié hier ce message du président et de la première dame des Etats-Unis :

En ce mercredi des Cendres, nous nous joignons à la prière des dizaines de millions de catholiques américains et d’autres chrétiens qui entament la période sacrée du Carême, un temps d’anticipation spirituelle de la passion, de la mort et de la résurrection de notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ.

Pendant le Carême, les chrétiens passent 40 jours et 40 nuits à prier, à jeûner et à faire l’aumône pour approfondir leur foi et renforcer leur croyance en l’Évangile. Aujourd’hui, les disciples du Christ portent des croix de cendres sur le front, un rappel sacré de notre mortalité et de notre besoin permanent de la miséricorde infinie et de l’amour rédempteur du Christ.

Alors que nous contemplons solennellement la souffrance et la mort de Jésus-Christ sur la croix en ce Carême, préparons nos âmes à la gloire à venir du miracle de Pâques.

Nous vous souhaitons une période de Carême riche et pleine de prières. Que Dieu tout-puissant vous bénisse et qu’il continue de bénir les États-Unis d’Amérique.

« La Maison Blanche célèbre le début du Carême avec une messe du mercredi des Cendres ce matin dans la salle du Traité indien. Tous ceux qui le souhaitent sont les bienvenus », avait fait savoir Mary Margaret Olohan, correspondante de la Maison Blanche.

Le secrétaire d’Etat Marco Rubio, lors de son interview sur Fox News :

Le Credo disparu

Je lis dans un bulletin paroissial, à propos du 1700e anniversaire du concile de Nicée :

« Pour honorer cet anniversaire, et garder en mémoire les mots de nos Pères dans la foi, alors que nous constatons que bien des chrétiens ne connaissent plus le “grand crédo”, nous l’utiliserons tout au long de ce Carême. »

Je prends conscience tout à coup que cela aussi a donc disparu. Je savais que la néo-liturgie avait gardé le canon romain (sous le nom de prière eucharistique n° 1) pour faire semblant de ne pas complètement supprimer la tradition mais en s’assurant que personne ne l’utilise plus, je n’avais pas fait attention qu’il en était de même du Credo…

Le Credo de Nicée-Constantinople est toujours optionnel dans le nouvel ordo missae, mais comme le canon romain il est, en fait, obsolète… Et on fait mine de s’en inquiéter l’année où l’on célèbre le 1700e anniversaire de Nicée. On va donc « l’utiliser tout au long de ce Carême », puis on l’oubliera de nouveau.

Le pire est que cela est écrit par un prêtre qui célèbre souvent la messe traditionnelle…

Une autre remarque : quand il dit que « bien des chrétiens ne connaissent plus le “grand crédo” », il fait une généralisation très abusive, bien dans la ligne « romaine » d’antan. Car en Orient la plupart des « chrétiens » connaissent le Credo de Nicée-Constantinople, pour la bonne raison qu’ils n’en ont pas d’autre et que c’est celui qu’ils disent dans leur liturgie.

Pendant près d’un millénaire l’Eglise de Rome a imposé dans le Credo de Nicée-Constantinople le « Filioque » qui ne s’y trouvait pas, et aujourd’hui elle impose de facto un « credo » qui n’est pas du tout celui de de Nicée-Constantinople…

(On remarque aussi que dire le vrai Credo est une pénitence de carême…)

Inflation épiscopale

Le très bergoglien cardinal Cupich, archevêque de Chicago, a ordonné pas moins de cinq nouveaux « évêques auxiliaires », le 26 février, pour son diocèse. Puisqu’il y en a deux qui ont été mis à la retraite. Ce qui fait en tout 12 « évêques auxiliaires » (dont cinq « émérites »).

Dans ce même archidiocèse il y aura deux ordinations sacerdotales cette année, dont une des chanoines réguliers de saint Jean de Kenty pour cette communauté et non pour le diocèse.

Un ratio typique des fausses Eglises où tout le monde est évêque.

Leur Eglise

Ici et là on s’émeut qu’une « prétressse » de l’« Eglise épiscopalienne anglicane du Brésil » ait « concélébré » avec une palanquée de prêtres et d’évêques « catholiques » lors de l’installation d’un archevêque à Chapeco au Brésil.

Il y avait aussi un « pasteur » de la soi-disant « Eglise du Renouveau dans le Christ » qui paraît spécifique à Chapeco, mais on n’en parle pas.

Si le problème est que c’était une femme, alors il y a bien d’autres exemples. Nombre de femmes dirigent des paroisses et « concélèbrent », par exemple en Suisse. Que ces femmes se disent « catholiques » ne change rien à l’absurdité blasphématoire de la « concélébration ».

Si le problème est qu’elle est « anglicane », on se souviendra que Mgr Nourrichard, alors évêque d’Evreux, était chanoine de la « cathédrale anglicane » de Salisbury (de même que le célèbre dominicain LGBT Timothy Radcliffe très proche de François), qu’il y « concélébrait » à l’occasion, y compris pour des « ordinations » de femmes, et qu’il avait jumelé les paroisses de son diocèse avec des paroisses du diocèse anglican de Salisbury, avec ce qui en découle.

Donc ce n’est pas nouveau. Simplement ça s’étend aussi en Amérique latine. Forcément.

La persécution estonienne

Le projet de loi estonien visant à interdire l’Eglise orthodoxe estonienne même après qu’elle a changé de nom et supprimé la référence à Moscou frappe aussi le monastère de la Dormition de Pühtitsa, auquel on donne le choix de passer sous l’autorité de Constantinople (ce que vient de refuser officiellement et fermement l’Eglise orthodoxe estonienne), ou de disparaître. Or les moniales dépendent directement du patriarche de Moscou, et elles ont donné à l’Etat leurs locaux et leurs terrains lors de l’indépendance du pays.

Extrait de leur lettre ouverte aux parlementaires :

Vous comprenez parfaitement que par vos actions, vous fermez de facto le monastère. Voulez-vous vraiment entrer dans l’histoire comme les parlementaires ayant mis fin par la force à l’existence d’un monastère orthodoxe féminin d’Estonie connu depuis plus d’un siècle ?

La position de l’État ne peut que surprendre, faisant porter la responsabilité de la situation actuelle aux résidentes du monastère, nous rendant responsables des décisions prises par les politiques. Nous avons quitté le monde, nous sommes loin des problèmes politiques, vivons en dehors de la politique en servant Dieu par la prière et le travail — et on nous entraîne littéralement dans la politique et on nous accuse de ne pas vouloir dialoguer.

Nous voulons rappeler l’histoire du très éprouvé Job de l’Ancien Testament, qui vivait justement devant Dieu, et le Seigneur l’aimait, mais l’ennemi du genre humain, par envie, se mit à dire que Job n’était juste que parce que Dieu l’aimait et lui donnait tout. S’il perdait tout, il blasphémerait contre Dieu. À cela, le Seigneur donna pouvoir au diable de faire ce qu’il voulait avec Job, à une condition : ne pas toucher à son âme. L’âme n’appartient qu’à Dieu. Réfléchissez à cela…

Les initiateurs du projet de loi nous forcent à commettre un crime canonique, en prétendant qu’ils s’efforcent de protéger le monastère des problèmes. Nous répondrons par les mots du sage ancien Socrate : « Platon est mon ami, mais la VÉRITÉ m’est plus chère ».