Quand le Conseil de l’Europe veut renverser Poutine…

Le Conseil de l’Europe a adopté le 1er octobre dernier, par 80 voix contre zéro, et quatre abstentions, une résolution créant une « plateforme de dialogue avec les forces démocratiques russes afin de s’engager avec les individus et les groupes qui s’opposent au régime russe actuel » :

« Cette nouvelle plateforme vise à faciliter un dialogue structuré avec les forces démocratiques russes, renforçant ainsi leur capacité à apporter un changement démocratique durable en Russie et à contribuer à l’instauration d’une paix durable et juste en Ukraine, tout en garantissant la responsabilité des acteurs russes pour les crimes internationaux commis. Les participants doivent répondre à des critères stricts, démontrant leur soutien à l’indépendance et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine et d’autres pays post-soviétiques, ainsi que leur engagement en faveur de la démocratie et des principes des droits de l’homme défendus par le Conseil de l’Europe. »

On n’en a pas entendu parler parce que cette coordination des mouvements russes en exil pour renverser Poutine relève de l’utopie. Les groupuscules dont il s’agit se tirent dans les pattes et sont dirigés par des individus dont le premier objectif est d’apparaître comme le seul vrai opposant : Mikhail Khodorkovski, Garry Kasparov, Vladimir Kara-Murza, et la veuve de Navalny, via le « Fonds anti-corruption » qui n’a même pas signé la « Déclaration de Berlin » de 2023 condamnant « l’invasion de l’Ukraine » et définissant le régime russe d’« illégitime et criminel ».

Une famille texane en Russie

A l’occasion de la fête des pères en Russie, hier, l’agence TASS a publié une longue interview d’un père de famille, Joseph Schutzman, venu s’installer en Russie en 2023 avec sa femme et ses sept, bientôt huit enfants. L’un et l’autre sont issus de familles catholiques nombreuses. Joseph Schutzman a occupé des postes de direction chez Microsoft, Oracle, Red Hat. Aujourd’hui il tient le blog « Home in Russia » et avec son compatriote Eddie Gonzales ils ont une émission-débat politique intitulée « Russia Up Close ». Voici une traduction de cette interview. La fin est fort intéressante, dans sa tentative de description de ce qu’est la Russie « aux 197 cultures ». Le passage sur la liberté d’expression l’est également.

Lire la suite »

Quand la propagande craque

Lu dans un article du Tagesspiegel, journal allemand impeccablement russophobe et engagé à fond dans le soutien à l’Ukraine (article de Tobias Mayer, citant le reporter canadien Neil Hauer) :

Les Ukrainiens sont confrontés à un autre problème : les civils ukrainiens qui hébergent des soldats russes. « Les civils pro-russes qui soutiennent l’ennemi constituent un problème majeur dans ces villages situés sur la ligne de front », écrit Neil Hauer. Ceux qui n’ont pas encore fui aident l’armée russe. Le commandant ukrainien a rapporté un cas où des soldats russes ont été « chaleureusement accueillis » dans une maison située à l’ouest de la position ukrainienne. Le danger venait donc soudainement d’une nouvelle direction.

Poutine

Vladimir Poutine a voulu passer son 73e anniversaire avec des officiers supérieurs. Cela a commencé par une prière à la cathédrale Saints Pierre et Paul de Saint-Pétersbourg, qu’il avait choisie parce que c’est la nécropole impériale de la famille Romanov, et il a déposé des fleurs sur la tombe de Pierre Ier le Grand.

 Poutine, sa santé, ses sosies

A l’occasion de l’anniversaire de Vladimir Poutine, la chaîne allemande Welt demande à son correspondant Christophe Wanner s’il n’y a pas des signes de fatigue chez Poutine. Réponse :

« Eh bien, je n’en vois aucun. Poutine fait beaucoup d’exercice, il nage, il dispose d’une salle de sport spéciale au Kremlin, qu’il a récemment montrée à la télévision d’État russe. Le président russe est vraiment en bonne forme physique. Des rumeurs persistantes circulent en Russie selon lesquelles il serait malade, mais cela dure depuis des années et nous voyons que Poutine continue de bien gérer sa fonction, ce qui signifie qu’il est en bonne santé. Et si cela ne change pas, il n’y aura pas de changement de pouvoir en Russie dans les années à venir. Je ne vois aucune opposition ni aucun coup d’État en gestation. »

*

Cela dit, il faudrait savoir de quel Poutine on parle. Il y a deux ans, Zelensky affirmait que le vrai Poutine était mort et qu’on ne voyait que des sosies. Justement, les sosies ont organisé une petite cérémonie au Kremlin pour l’anniversaire de Poutine. Mais le vrai Poutine, s’il existe, n’est évidemment pas celui qui salue ses sosies…