Mère Gabrièle

Le 4 novembre est en Russie le jour de l’unité nationale. Vladimir Poutine reçoit de très diverses personnalités au Kremlin et remet des décorations. La chaîne DiplomatRuTube publie aujourd’hui la vidéo d’un extrait particulier :

À l’occasion de la Journée de l’unité nationale, Vladimir Poutine a remis des distinctions honorifiques au Kremlin. Parmi les personnes récompensées figurait l’abbesse du monastère stavropiégial de la Nativité de la Mère de Dieu à Grodno, Mère Gabrièle. En recevant la médaille Pouchkine, Mère Gabrièle a prononcé des paroles émouvantes sur la foi, l’amour de la patrie, le courage de l’armée russe et la mission spirituelle de la Russie. « Le Seigneur vous a béni en vous désignant à la tête du navire de l’État, a-t-elle déclaré au président. — Que le Seigneur prolonge vos années de vie pour notre plus grande joie à tous et pour la gloire de la grande Russie orthodoxe. » Ce discours émouvant, ces émotions sincères et ce sens profond n’ont laissé personne indifférent dans la salle.

On peut activer la traduction automatique en français en cliquant sur le petit rectangle en bas à droite. C’est presque correct (sauf quand exarchat devient exorcisme…)

Et pendant ce temps-là

La Russie, dont l’économie est détruite depuis 2022 grâce aux sanctions, est sur le point de lancer le premier exemplaire de sa nouvelle fusée Soyouz-5 (c’est la maquette qui est à droite des précédentes sur la photo).

Les éléments sont arrivés à Baïkonour et le premier test de lancement est prévu pour le 24 décembre.

Soyouz-5 est une fusée de 61,8 m de haut et 4,1 m de diamètre. Elle pèse 534 tonnes et est propulsée par le moteur le plus puissant qui ait jamais existé, développant une poussée de 726 tonnes.

Soyouz-5 (aux composants « eco-friendly ») aura une capacité d’emport deux fois supérieure à Soyouz-2 et sera une fois et demie plus économique. Il est prévu qu’elle entre pleinement en activité en 2028.

Leur démocratie

Admirable article de Libération ce matin, annonçant le nouvel arsenal de censure concocté par la Commission européenne : le « bouclier démocratique » contre la « falsification des faits » due aux « ingérences russes ».

Et l’article, qui résume la chose, est un exemple type de falsification des faits…

On assène qu’il s’agit de combattre la « guerre d’influence » que mènent les Russes. Exemple : l’élection présidentielle roumaine.

Or le gouvernement roumain russophobe lui-même a fini par admettre qu’après enquête approfondie on n’avait trouvé aucune preuve d’une quelconque influence russe. Aussi l’UE et Libération sont-ils obligés de glisser qu’on parle ici de « soupçons d’ingérence étrangère »…

Puis vient un intertitre : « Câbles sous-marins ».

Ce qui laisse clairement entendre que les Russes ont saboté des câbles sous-marins. L’expression est en fait reprise d’une citation de Nathalie Loiseau, qui se garde bien de dénoncer ouvertement les Russes, ce qui la rendrait encore plus stupide qu’elle ne l’est : « Les processus électoraux doivent être considérés comme des infrastructures critiques, au même titre que des câbles sous-marins. »

Enfin Libération souligne que pour les journalistes de Reporters sans frontières le dispositif de censure européenne ne va pas assez loin…

Une sanction de plus

La Commission européenne annonce qu’elle a décidé hier, avec effet dès aujourd’hui, la fin des visas à entrées multiples pour les Russes. « Cela signifie qu’ils devront demander un nouveau visa chaque fois qu’ils souhaitent se rendre dans l’Union européenne. » La Commission a dû confirmer ensuite la précision de l’agence TASS que la mesure n’est pas rétroactive et que les visas à entrées multiples existants restent valables.

Mais cela ne concerne que les méchants Russes. Des exceptions seront faites « pour les dissidents, les journalistes indépendants, les défenseurs des droits de l’homme, les représentants d’organisations de la société civile ou d’autres catégories vulnérables, ainsi que les membres de leur famille proche ». La Commission européenne assume pleinement la discrimination à la tête du client.

L’ineffable Kaja Kallas a souligné que l’entrée dans l’UE est « un privilège, et non une chose acquise ». Et elle n’a pas craint de lier la décision au fait que l’UE est confrontée à « des perturbations et des sabotages sans précédent causés par des drones sur son territoire ». Sic. Evidemment sans fournir le moindre indice qui relierait les drones aux Russes, ni d’ailleurs préciser quels sont ces « sabotages »…

(Et c’est évidemment une sanction boomerang de plus, puisque si par hasard elle est efficace, elle pénalisera les pays où les touristes russes viendront moins…)

La dictature de l’UE

Hier International Reporters a publié un article dénonçant le licenciement du journaliste italien Gabriele Nunziati de l’agence Nova parce qu’il avait osé poser à la Commission européenne une « question complètement inappropriée et incorrecte », selon l’agence. Le journaliste demandait simplement si Israël devra financer la reconstruction de Gaza comme l’UE s’engage à financer la reconstruction de l’Ukraine.

Deux heures après la publication de cet article, la vice-présidente italienne du Parlement européen, Pina Picierno, demandait à la Commission européenne de placer l’agence International Reporters et tous ses collaborateurs sur la liste des sanctions européennes, autrement dit son interdiction au même titre que les médias russes. « Une confirmation explicite de ce que rapporte l’article qui dénonçait une dérive autoritaire des institutions européennes, un climat de haine envers les journalistes gênants et un racisme envers le peuple russe », réagissait International Reporters.