Les deux grands

La rencontre entre Trump et Poutine ne pouvait pas se terminer mieux. C’est impressionnant. Trump était manifestement mal à l’aise. Mais il a résisté à l’Etat profond. Héroïquement, pour un politicien (mais un politicien qui est homme d’affaire et veut faire des affaires avec la Russie). Pour prendre la mesure de la situation, il suffit par exemple de rappeler que Mike Pence, son ancien vice-président, juste avant la rencontre, avait republié son tweet de février 2024 : « Poutine est un criminel de guerre qui ne comprend que la force. L’invasion brutale et non provoquée de l’Ukraine par la Russie a tué ou blessé des centaines de milliers d’Ukrainiens, hommes, femmes et enfants. La brutalité de la Russie doit être contrée par la force américaine. »

Or Donald Trump a même explicitement abandonné tout idée de « cessez-le-feu » au profit d’un véritable « accord de paix », et il a chaleureusement remercié « Vladimir » d’être venu. En sachant qu’il allait être vilipendé par toute la presse occidentale et accusé d’avoir remis Poutine sur le devant de la scène internationale. Voici l’intégralité de leurs propos suite aux trois heures d’entretien :

D’emblée, Vladimir Poutine a évoqué l’histoire commune des Etats-Unis et de la Russie en Alaska. Et il l’a fait aussi en acte. Il a rendu hommage aux pilotes russes qui s’entraînaient avec les pilotes américains pendant la guerre. En fléchissant le genou et en se signant devant chaque tombe.

Et il a voulu rencontrer l’archevêque de l’Eglise orthodoxe russe de l’Alaska (qui est un ancien pasteur méthodiste américain). Après lui avoir transmis les salutations du patriarche Cyrille, il lui a remis deux icônes, une de saint Germain (Herman) le missionnaire russe de l’Alaska au début du XIXe siècle, et une de la Dormition de la Mère de Dieu dont c’était la fête. L’archevêque Alexis lui a donné quant à lui une icône qui lui avait été offerte quand il a été ordonné évêque au Mont Athos…

Poutine

Vladimir Poutine a présidé au Kremlin une réunion de préparation à sa rencontre avec Donald Trump. Il a déclaré en préambule :

« Je vous ai invités ici aujourd’hui afin de vous informer de la situation actuelle des négociations avec l’administration américaine qui, comme chacun le sait, à mon avis, déploie des efforts énergiques et sincères pour mettre fin aux combats, sortir de la crise et parvenir à un accord qui soit dans l’intérêt de toutes les parties concernées, afin de créer des conditions durables pour la paix entre nos deux pays, en Europe et dans le monde en général. Je suis sûr que beaucoup d’entre vous sont bien informés de la situation, mais je vais vous donner plus de détails. »

Outre Vladimir Poutine, la délégation russe sera composée du ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, du ministre de la Défense, Andreï Belooussov, du ministre des Finances, Anton Silouanov, de l’émissaire chargé des questions économiques à l’international, Kirill Dmitriev, et du conseiller diplomatique de la présidence russe, Iouri Ouchakov.

Outre Donald Trump, la délégation américaine sera composée du vice-président J.D. Vance, du secrétaire d’Etat Marco Rubio, de l’envoyé spécial Steve Witkoff, et du secrétaire au Trésor Scott Bessant.

Le sommet commencera à 11h30 heure locale, 21h30 heure de Paris. Il se déroulera sur la base militaire d’Elmendorf-Richardson à Anchorage.

N.B. La Commission européenne annonce aujourd’hui un 19e paquet de sanctions anti-russes pour septembre. On peut difficilement se montrer plus stupide et borné.

L’UE marginalisée

Les dirigeants des pays de l’UE, complètement affolés par la perspective de la rencontre entre Trump et Poutine, ont multiplié ces deux derniers jours les déclarations les plus absurdes, et les réunions « informelles » pour essayer de voir comment ils pouvaient avoir l’air d’exister encore. Cela a culminé avec la déclaration des « 26 », et non de l’UE, parce que la Hongrie a une fois de plus sauvé ce qui reste de l’honneur européen. Déclaration grotesque, qui insiste sur le respect des « frontières internationales », alors que même le secrétaire général de l’OTAN a fini par admettre que la paix passait par la reconnaissance de facto des conquêtes russes.

Plus grotesque encore s’il était possible, la Kallas qui répète que « tout accord entre les Etats-Unis et la Russie doit inclure l’UE et l’Ukraine », et que « c’est par l’unité transatlantique, le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie que nous (sic) terminerons cette guerre et préviendrons à l’avenir une agression russe en Europe ».

Les plus acharnés dans leur stupidité sont le chancelier Merz : « Nous ne pouvons permettre que des questions territoriales entre la Russie et l’Amérique soient discutées ou résolues en passant outre les Européens et les Ukrainiens », et le Polonais Tusk : « La Russie doit comprendre que l’Occident n’acceptera pas des conditions russes qui impliqueraient que l’Ukraine abandonne ses territoires. »

Voici ce qu’a publié hier Viktor Orban avant la réunion de l’UE :

« À seulement quatre jours du sommet historique entre le président Trump et le président Poutine, le Conseil européen a cherché à publier une déclaration au nom de tous les chefs d’État et de gouvernement de l’UE.

Avant que le chœur libéral-dominant ne commence sa nouvelle interprétation de leur air favori « la marionnette de Poutine », j’ai décidé de partager pourquoi je ne pouvais PAS soutenir la déclaration au nom de la Hongrie.

1. La déclaration tente d’imposer des conditions pour une réunion à laquelle les dirigeants de l’UE n’ont pas été invités.

2. Le fait que l’UE ait été laissée sur la touche est déjà assez triste. La seule chose qui pourrait aggraver la situation serait de commencer à donner des instructions depuis le banc de touche.

3. La seule action sensée pour les dirigeants de l’UE est d’initier un sommet UE-Russie, en s’inspirant de l’exemple de la rencontre États-Unis-Russie. »

On finit par en parler…

Le journal suisse-allemand Tages-Anzeiger publie un article sur les Occidentaux qui vont s’installer en Russie.

Il rappelle que Vladimir Poutine a signé un décret, il y a un an, pour conférer un « visa pour valeurs partagées » aux étrangers qui veulent fuir leur pays woke et veulent s’installer en Russie. Sur simple déclaration disant qu’ils respectent « les valeurs morales et spirituelles traditionnelles de la Russie : foi, famille, stabilité et traditions »), ils sont pris en charge et bénéficient d’un suivi.

Le journal souligne que le nombre des bénéficiaires est pour le moment dérisoire par rapport à la population russe, mais constitue néanmoins un mouvement significatif. Il a interrogé Ilya Belobragin, de la compagnie MoveToRussi.com :

« Depuis le lancement du programme, 1.156 candidatures ont été déposées. L’Allemagne en a déposé 224, soit plus que tout autre pays. La Lettonie arrive en deuxième position avec 126 candidatures, et les États-Unis en troisième avec 99. Les gens fuient vers la Russie parce qu’ils ont perdu confiance en l’Occident… Nombre de mes clients pensent que l’UE est en train de couler et souhaitent la quitter au plus vite. »