Les Journées royales de Iekaterinbourg

Comme chaque année à Iekaterinbourg, c’était hier et aujourd’hui les « Journées royales », le 17 juillet étant le jour du massacre de Nicolas II et de sa famille et le jour de la fête liturgique de la famille impériale martyre. La nuit dernière a eu lieu la solennelle divine liturgie des « porteurs de la Passion » (l’empereur Nicolas II, l’impératrice Alexandra, le tsarévitch Alexis, les grandes-duchesses Olga, Tatiana, Maria, Anastasia, et Eugène le médecin), devant la cathédrale édifiée « sur le sang », et à partir de 2h30 la procession de 21 km jusqu’au lieu où les dépouilles furent jetées, et où a été édifié un monastère. Et encore une divine liturgie ce matin à 9 h. Et cet après -midi il y avait un spectacle musical et poétique, un concert, une pièce de théâtre… Il y avait là diverses personnalités, dont Maria Lvova-Belova, commissaire présidentielle aux droits de l’enfant de la Fédération de Russie, 12 évêques et de nombreux prêtres, et plus de 40.000 fidèles.

Le métropolite Vincent de Tachkent, le métropolite Eugène de Iekaterinbourg, et à côté de lui Constantin Malofeïev, organisateur des journées.

Malte aussi

Comme on le sait, la Slovaquie a une fois de plus bloqué le 18e paquet de sanctions contre la Russie, avec le soutien de la Hongrie. Mais j’apprends que Malte s’y est également opposé. Son gouvernement s’inquiète des conséquences du plafonnement du prix des exportations d’énergies russes sans coordination avec le G7. En bref, de nombreux navires pétroliers sont sous pavillon maltais et l’économie de l’île pâtirait de nouvelles restrictions.

En Russie

Les députés russes ont adopté en deuxième et troisième lectures la loi visant à protéger les symboles religieux.

Cette loi interdit d’utiliser des images d’édifices religieux et autres sites religieux, ainsi que des symboles héraldiques officiels ou des parties reconnaissables de ceux-ci, contenant des symboles religieux du christianisme, de l’islam, du bouddhisme, du judaïsme et d’autres religions qui font partie intégrante du patrimoine historique de la Russie, dans les médias, sur Internet, dans la vente de produits, les services et la publicité, sans que ces symboles soient présents.

En clair, cette loi répond à la préoccupation des Russes qui voyaient de plus en plus de publicités utilisant des images d’églises dont la croix était effacée, ou plus récemment des logos gouvernementaux représentant les armoiries russes traditionnelles mais dépourvues de leurs croix.

*

Le festival des « Journées Dostoïevski », du 11 au 13 juillet, s’est tenu pour la quatrième fois au monastère d’Optina, où l’écrivain avait rencontré, le 7 juillet 1878, le starets saint Ambroise qui avait changé le cours de sa vie.

Le festival a commencé par une prière sur la tombe de l’archimandrite Illiy, un ancien très aimé en Russie qui s’est éteint en mars dernier. L’évêque Joseph de Mojaïsk a célébré la cérémonie

Au programme figuraient des débats sur la culture et l’art, des concerts, des représentations théâtrales, des projections de films et un volet littéraire intitulé « Les stars lisent Dostoïevski ». Des personnalités politiques, des personnalités publiques, des experts de l’œuvre de Dostoïevski, des membres du clergé et des artistes ont été invités à échanger avec les participants.

Une réunion du groupe de travail interpartis du Parlement a eu lieu sur la mise en œuvre législative de la politique d’État pour la préservation et le renforcement des valeurs spirituelles et morales traditionnelles russes.

L’objectif du projet spirituel et éducatif « Journées Dostoïevski au monastère d’Optina », mené avec le soutien du Fonds présidentiel pour les initiatives culturelles, est « d’aider la société, en particulier les jeunes, à relever les nouveaux défis de notre époque et à jeter des bases solides en matière de spiritualité et de moralité ».

Il a attiré jusqu’à 30.000 personnes.

Maria Zakharova

Réaction de Maria Zakharova, hier, à l’un des propos de Mark Rutte qui faisait le paon hier dans le Bureau ovale devant Donald Trump :

Le secrétaire général de l’OTAN, Rutte : « Poutine n’a pas envoyé de personnes sérieuses aux négociations. Je me souviens comment vous, avec Marco Rubio et Steve Witkoff, avez réussi à lancer ces négociations à Istanbul. Je me souviens que j’étais moi-même en Turquie pour le compte de l’OTAN en mai, et nous avons vraiment fait pression sur les Ukrainiens pour qu’ils envoient une délégation sérieuse à Istanbul — et ils l’ont fait. Mais les Russes se sont présentés avec un certain historien qui s’est mis à expliquer l’histoire de la Russie depuis l’an 1250. »

Deux précisions concernant ce charabia :

1. Ce « certain historien » est Vladimir Rostislavovitch Medinski, spécialiste des relations internationales, universitaire et homme d’État. La « délégation ukrainienne sérieuse » était dirigée par Roustem Oumierov, ministre ukrainien de la Défense, qui n’a jamais servi dans l’armée et a passé la majeure partie de sa vie comme cadre dans une entreprise de télécommunications.

2. Sans connaissance du contexte historique, aucun problème ne peut être résolu, seulement aggravé. L’ignorance des responsables de l’OTAN a déjà fait de nombreuses victimes à travers le monde.

Puis, aujourd’hui,  Maria Zakharova a publié ces précisions :

Depuis hier, beaucoup se demandaient pourquoi Rutte s’était permis de s’exprimer de manière si désobligeante sur la profession d’historien. Il s’avère que lui-même, alors qu’il rêvait de devenir pianiste, a obtenu… une maîtrise d’histoire. Apparemment, dès qu’il est question d’histoire, il est pris de convulsions dues à sa frustration personnelle.

Selon ses propres dires, Rutte a été irrité par le fait que lors des négociations à Istanbul, les représentants de notre pays ont rappelé « l’histoire de la Russie depuis 1250 ». Il y a là matière à réflexion, en plus de ce qui a déjà été dit.

Le secrétaire général de l’OTAN n’a pas choisi le milieu du XIIIe siècle par hasard : il s’agit manifestement d’une douleur fantôme liée à des occasions manquées, qui ne disparaîtra jamais chez ces chiens de guerre. Pour nous, cette période est en grande partie un tournant.

Aujourd’hui, cela fait exactement 785 ans que la bataille de la Neva a eu lieu.

Sur la rivière Ijora, à son embouchure dans la Neva, l’armée russe, sous le commandement du jeune prince Alexandre Nevski de Novgorod (canonisé en 1547), a écrasé les envahisseurs suédois occidentaux qui avaient décidé de s’emparer des terres de la Russie.

Le plan de l’Occident était simple : affaiblie par une période de fragmentation féodale, la Russie, selon les estimations des Scandinaves et des Latins, ne pouvait rien opposer à la puissance de frappe de l’Occident — c’est alors que les Suédois ont été désignés pour jouer ce rôle pitoyable. Mais « l’Europe éclairée » s’est trompée.

Le prince Alexandre Ier Yaroslavitch agit avec détermination et détruisit rapidement et sans grande difficulté les troupes d’assaut suédoises et livoniennes sur la Neva.

Selon le « Récit de la vie et de la bravoure du bienheureux et grand prince Alexandre », avant la bataille, Alexandre Nevski reçut la bénédiction de l’archevêque Spiridon de Novgorod. Le prince prononça devant ses soldats un discours dont les phrases furent ensuite citées et répétées pendant des siècles par ses descendants :

« Frères ! Dieu n’est pas dans la puissance, mais dans la vérité ! Souvenons-nous des paroles du psalmiste : ceux-là sont armés, ceux-là sont à cheval, mais nous, nous invoquons le nom du Seigneur, notre Dieu… Nous ne craignons pas la multitude des guerriers, car Dieu est avec nous. »

Après avoir remporté la victoire sur les Suédois, les troupes russes ont stoppé leur avancée vers Ladoga et Novgorod, prévenant ainsi le danger d’une action coordonnée entre la Suède et l’Ordre teutonique. Le nord-ouest de la Russie était sauvé et libéré. Le prince Alexandre Nevski acheva son exploit militaire deux ans plus tard en battant les Allemands sur le lac Peïpous.

Mark Rutte n’a certainement pas évoqué le milieu du XIIIe siècle par hasard. Mais il semble qu’il ne se soit pas plongé suffisamment dans le sujet, car il a omis de mentionner comment cela s’est terminé. Vladimir Rostislavitch a donné une excellente conférence sur ce sujet. Qu’il l’étudie.

La fête de la famille russe

Le saint prince Pierre et la sainte princesse Febronia ont toujours été en Russie les saints patrons du mariage et de la famille, et leur fête, le 8 juillet, largement célébrée avant la révolution bolchevique. Elle est revenue après la chute de l’URSS, et en 2008, à l’instigation de la femme de Medvedev qui était alors président, c’est devenu officiellement le Jour de la famille, de l’amour et de la fidélité, un jour férié. Des défilés officiels, des processions, des kermesses sont organisées un peu partout par les nombreuses organisations de promotion de cette fête.

Cette année la participation a fait un bond : plus de 400.000 personnes selon les premières estimations, soit près du double de l’an dernier. Andrei Kormukhin, président du mouvement Famille, coordinateur des comités d’organisation, déclare :

« Le Défilé familial panrusse a eu lieu dans plus de 150 villes, avec plus de 400.000 participants, de Moscou à Saint-Pétersbourg, de Vladivostok à Kaliningrad, de Sotchi à Mourmansk, dans l’Oural, en Sibérie et dans la grande majorité des régions russes. Dans les régions frontalières, le défilé s’est déroulé dans des écoles, des jardins d’enfants, des centres culturels. Le succès de la Parade familiale a prouvé une vérité importante : pour notre société traditionnelle, la famille est une valeur bien plus importante que celles qui nous ont été imposées pendant de nombreuses années lorsque nous avons emprunté des idées à l’Occident. La Russie renaît, nos familles renaissent. Nous devons tous nous rappeler que chacun d’entre nous est le fruit de l’amour de deux cœurs et que nous n’existerions pas si nos pères et nos mères ne s’étaient pas rencontrés un jour. Aujourd’hui, alors que la Russie entre dans une nouvelle ère, il est temps d’abandonner les valeurs de l’individualisme et de l’épanouissement personnel et de revenir aux valeurs familiales traditionnelles telles que la maternité, l’enfance, les familles nombreuses et les foyers solides. Comme l’a déclaré notre président Vladimir Poutine le 3 juillet, il est temps de remettre la famille au goût du jour. »