En Russie

Cette vidéo est intéressante à un double titre. Ce couple d’Américains obtient un permis de séjour temporaire à Tomsk, en Russie. Il y a la représentante de l’administration de l’oblast, qui fait signer les papiers, et il y a… un prêtre du diocèse, soulignant que ce couple est chrétien, et même qu’ils sont devenus des paroissiens orthodoxes. La vidéo concerne presque uniquement la question religieuse.

L’autre intérêt, en liaison avec ce fait, est que la vidéo est publiée par la chaîne YouTube du journal « Komsomolskaïa Pravda », la publication du comité central des jeunesses communistes d’URSS…

Il y a longtemps qu’il n’y a plus de comité central ni de jeunesses communistes d’URSS, mais le nom est resté, comme par exemple celui de TASS : agence télégraphique de l’Union soviétique. Et la Komsomolskaïa Pravda, publication qui n’est pas plus de jeunesse que communiste mais qui appartient à un groupe médiatique privé, est fière d’exister depuis 100 ans… Pour nous c’est quasiment impossible à comprendre. Mais pour les Russes ça paraît aller de soi. Et c’est ainsi que la Komsomolskaïa Pravda, qui fut un des plus importants relais de la persécution athéiste, publie nombre d’informations religieuses parmi des informations dans les domaines les plus variés…

A propos de Boutcha

Lors d’une table ronde avec des ambassadeurs sur la question ukrainienne, Sergueï Lavrov est revenu sur l’affaire de Boutcha :

« Le fait que l’ONU protège à tous égards le régime de Kiev a été confirmé à plusieurs reprises, notamment en ce qui concerne la situation qui s’est produite en avril 2022 à Boutcha. Et une chose est claire : le Secrétariat ne veut en aucun cas dénoncer ceux qui orchestrent des falsifications sanglantes. »

Lavrov a indiqué que le gouvernement russe a reçu en juillet dernier seulement la réponse à ses demandes répétées d’informations sur l’avancement de l’enquête :

« La réponse contient des informations très intéressantes. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, après avoir analysé notre demande, a conclu que les informations pertinentes ne pouvaient être divulguées car cela violerait les obligations de confidentialité envers des tiers et pourrait compromettre la sécurité des Nations unies. Si vous avez réussi à comprendre le sens de cette réponse, je vous envie. »

Toutefois on comprend au moins deux choses « très intéressantes » : si l’enquête concluait que les Russes sont responsables de la tuerie, le Haut-Commissariat ne se gênerait pas pour le dire ; si « des tiers » sont impliqués et qu’il faut protéger, il ne peut s’agir que des Britanniques, dont on sait depuis le début qu’ils sont ceux qui ont orchestré la « falsification sanglante » et ont choisi le village de Boutcha parce que son nom se prononce à peu près comme « boucher » en anglais.

Le 19e paquet en retard

La Commission européenne devait annoncer demain le 19e paquet de sanctions toujours plus dévastatrices contre la Russie. Mais l’annonce est reportée sine die.

On apprend que cinq pays ont mis leur veto à la proposition de restreindre la délivrance des visas pour les citoyens russes : la Grèce, l’Italie, l’Espagne, la France et la Hongrie.

Les médias grecs expliquent qu’une telle décision « aurait des conséquences catastrophiques pour le tourisme », d’autant que les touristes russes dépensent en Grèce en moyenne 1.300 euros par jour, soit près du double de ce que dépensent les autres touristes. D’autre part la communauté russe en Grèce pâtirait sévèrement d’une telle mesure, et les Russes (comme ils l’ont déjà annoncé) prendraient des mesures similaires à l’encontre des Grecs, ce qui entraînerait une baisse encore plus marquée des exportations.

L’avortement en Russie

Un quart des cliniques privées en Russie ont cessé de pratiquer des avortements, selon le père Fyodor Loukyanov, président de la Commission patriarcale sur les questions familiales, la protection de la maternité et de l’enfance :

« Déjà 25 % des cliniques privées de la Fédération de Russie ont décidé de refuser de pratiquer des avortements. Les mesures de soutien de l’État aux femmes enceintes contribuent à réduire le nombre d’avortements. Grâce à l’Année de la famille et aux diverses mesures prises pour préserver la santé des mères et la vie des enfants à naître, 2024 a vu un minimum absolu dans la circulation de substances abortives : les établissements médicaux en ont reçu 33 % de moins qu’en 2023 et 46 % de moins qu’en 2022. »

Le 1er septembre, des lois interdisant de contraindre une femme à avorter sont entrées en vigueur dans les provinces de Kirov et de Briansk. Désormais 23 régions ont une telle loi, et deux autres sont en train de la voter. Les contraintes sont définies comme « des actions visant à forcer une femme enceinte à avorter par la persuasion, l’offre, la corruption ou la tromperie ». La Mordovie a été la première région à adopter une telle loi, en 2023. Le patriarche Cyrille a appelé à l’introduction d’une telle interdiction au niveau fédéral.

Selon les estimations de Rosstat, le nombre d’avortements en Russie est en baisse constante depuis le début des années 1990, en moyenne de 6 % par an.

Guérison

Les sanctions occidentales ont obligé la Russie à devenir plus autosuffisante, ce qui a fait du bien à son économie. Mais aussi…

« Les élites russes sont accros à l’Occident. C’est une véritable maladie. Aujourd’hui, l’Occident, qui blâme la Russie de toutes les manières possibles, nous guérit. Merci, l’Occident. »