Poutine et l’URSS

Au cours de l’interview de 100 minutes que Vladimir Poutine a donnée à la télévision indienne pendant sa visite d’Etat dans ce pays, une journaliste lui a suggéré qu’il devrait dire aux médias occidentaux qu’il ne souhaite pas rétablir l’URSS. Réponse :

— Non, je ne leur dirai pas. Vous savez pourquoi ? Parce qu’ils ne veulent toujours pas écouter ce que j’ai à dire. Ils ne veulent écouter qu’eux-mêmes ou commenter mes propos comme bon leur semble.

Puis il a ajouté :

— Rétablir l’URSS est impossible, et ça n’a aucun sens. De tels objectifs n’existent pas. Ceux qui, en Occident, affirment que les Russes rêvent de restaurer l’Union soviétique tentent d’effrayer leur population.

Non-ingérence active

Comme en Moldavie, l’UE va pratiquer en Arménie sa non-ingérence active à l’approche des élections législatives. Kaja Kallas a annoncé une aide de 15 millions d’euros pour rendre le pays « plus résilient ». Une partie de cette aide sera utilisée pour combattre la prétendue « ingérence russe ».

« Nous voyons les mêmes réseaux que ceux qui ont été déployés en Moldavie, qui étaient actifs, donc le scénario est identique. Notre financement européen couvrira également la détection, l’analyse et la réponse à l’ingérence étrangère », a dit la furie russophobe.

Le ministre arménien des Affaires étrangères, qui était à Bruxelles pour l’occasion, s’est bien gardé de relayer ces accusations, sachant, comme tout le monde, qu’elles sont sans fondement. Mais 15 millions c’est toujours bon à prendre…

La ruine de l’Europe à marche forcée

Ursula von der Leyen :

« Aujourd’hui est un jour historique pour notre Union. Hier soir nous sommes parvenus à un accord provisoire sur la proposition de la Commission visant à supprimer progressivement les combustibles fossiles russes. Nous tournons la page, et nous la tournons pour de bon. C’est l’aube d’une nouvelle ère, celle de l’indépendance énergétique totale de l’Europe vis-à-vis de la Russie. »

Les importations de gaz russe doivent cesser complètement à l’automne 2027 (le GNL dès la fin de 2026), et les importations de pétrole dès le début de l’année prochaine.

Réaction de Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin :

« L’Europe se condamne à des sources d’énergie plus coûteuses, ce qui inévitablement ne fera qu’accélérer le processus de perte de compétitivité de l’Union européenne. »

La première réaction au tweet triomphal d’Ursule est celle de l’économiste italien Michele Geraci, ancien sous-secrétaire d’Etat au développemnt économique (et en tant que tel auteur du mémorandum d’accession de l’Italie à la Nouvelle Route de la Soie), chef du département des affaires étrangères et du commerce international du nouveau parti Indépendance !, et professeur invité à l’université de Shanghai :

Il y a une certaine confusion quant à la signification du terme « indépendance »…

1) Allons-nous alors transférer nos importations, baril pour baril, de la « dictature russe » vers les « démocraties libérales » du Proche-Orient ?

2) Est-ce à la Commission européenne de décider où les entreprises privées de notre « démocratie libérale » doivent acheter leur pétrole ?

3) Pourquoi avez-vous décidé, en premier lieu, d’exclure de notre liste de fournisseurs la Russie, qui n’a causé aucun tort à l’UE et qui a toujours fourni, goutte à goutte, tout le gaz et le pétrole que nos entreprises avaient commandés ?

4) Enfin, à titre de conseil, ne devriez-vous pas consacrer davantage de temps et d’efforts à vous préoccuper de la corruption et de la démocratie au sein des institutions de l’UE plutôt que de vous inquiéter de la corruption et de la démocratie dans d’autres pays ?

Cordialement.

Cela, c’était ce matin. Depuis, Ursule a tenu une conférence de presse intitulée « Répondre aux besoins financiers de l’Ukraine pour 2026-2027 ».

Elle a une fois de plus rabâché que pour venir en aide à l’Ukraine il y a deux solutions : un emprunt, ou le vol des actifs russes gelés dans l’UE. Précisant pour cette deuxième solution qu’il s’agira non seulement des fonds russes d’Euroclear mais de ceux de toutes les institutions financières de l’UE. La première solution doit être adoptée à l’unanimité, la seconde à la majorité qualifiée. (C’est pourquoi c’est la seule qui pourrait être adoptée, mais la majorité qualifiée n’est pas acquise et la BCE a dit hier qu’elle ne garantirait pas un prêt de 140 milliards d’euros financé par le vol des avoirs russes. Ursule est dans l’impasse, et c’est curieux qu’elle fasse une conférence de presse qui ne fait que le souligner…

Orban à Moscou

Vladimir Poutine a reçu de nouveau Viktor Orban au Kremlin. (En Hongrie c’est le Premier ministre qui dit et montre que la Russie n’est pas son ennemi, affirmation qui vaut d’être emprisonné en France…) Rien que de penser à la figure des eurocrates est réjouissant…

Sur la photo on voit au fond les ministres des Affaires étrangères des deux pays, qui ont eu également un entretien séparé.

« Nous menons une politique étrangère souveraine, a déclaré Orban. Nous n’avons pas cédé aux pressions extérieures et n’avons interrompu aucune coopération avec la Russie dans aucun domaine important. »

La Hongrie continue de recevoir la majeure partie de ses approvisionnements en pétrole et en gaz de la Russie via l’oléoduc Druzhba et le gazoduc TurkStream. Et le premier objectif des entretiens était d’assurer la poursuite des approvisionnements énergétiques de la Hongrie.

Voici les déclarations de Vladimir Poutine synthétisées par l’agence TASS :

La Russie et la Hongrie continuent à entretenir et à développer leurs relations « malgré toutes les difficultés actuelles ».

Les relations entre Moscou et Budapest sont actuellement fondées sur le pragmatisme et « tout ce qu’il y avait de meilleur » dans leur histoire.

Le commerce russo-hongrois a diminué en raison de restrictions externes, mais « une certaine croissance » a été enregistrée cette année, « qui n’est pas élevée, mais qui dépasse tout de même les 7% ».

La coopération énergétique entre les deux pays est assez étendue, mais « il y a aussi quelques problèmes » qui doivent être discutés.

 « Nous sommes conscients de votre position équilibrée sur la question ukrainienne. »

Moscou est reconnaissante à la Hongrie d’être prête à accueillir un sommet entre la Russie et les États-Unis à Budapest : « Merci d’avoir réagi ainsi à la possibilité d’une rencontre entre le président américain et moi-même dans votre pays. C’était la proposition de Donald. Si nos discussions aboutissent à ce que Budapest serve de plateforme, j’en serais très heureux. »

Le mensonge grotesque

Macron au sommet de l’Union africaine et de l’Union européenne à Luanda, en Angola :

« La Russie ne construit plus d’écoles, elle ne construit plus d’hôpitaux, elle ne construit plus de politique publique, elle n’a pas de politique sociale, aucune. Elle est très loin des débats qu’on a. »

C’est tellement ridicule que ça ne mérite même pas de réponse. Il suffit de penser par exemple à Marioupol, comment la Russie y a construit de nouveaux hôpitaux et y a reconstruit toutes les écoles et les universités, sans parler des infrastructures de toutes sortes, les autobus, le tramway, le palais omnisports, etc.

En Russie, 670 nouvelles écoles ont ouvert cette année. Et un plan de rénovation de 4.466 écoles est en cours entre 2022 et 2026. A Moscou il y a 18 nouvelles écoles et 51 chantiers. Combien en France ? Aucune, si j’en crois Google.

Il y a un programme en cours de 136 nouveaux hôpitaux. Le 21 septembre dernier, Vladimir Poutine et le maire de Moscou ont inauguré le nouveau complexe multidisciplinaire de l’hôpital pour enfants Saint-Vladimir :

L’une des raisons du succès des référendums dans le Donbass et autres provinces de Nouvelle-Russie est que les retraites sont nettement plus élevées en Russie qu’en Ukraine.

Les hôpitaux de Marioupol (tous construits depuis deux ans) :

Et. celui-ci ouvrira l’an prochain :