Chiche ?

Zelensky a ouvertement menacé d’attaquer la parade du 9 mai à Moscou avec des drones, sans qu’aucun des nombreux dirigeants européens qui étaient avec lui à Erevan n’émette la moindre objection, alors qu’il s’agirait d’un évident crime de guerre.

Le ministère russe de la Défense, après avoir fait état du cessez-le-feu décrété par Vladimir Poutine pour les 8 et 9 mai, ajoute :

Dans le même temps, nous avons pris note de la déclaration faite par le chef du régime de Kiev à Erevan lors du sommet de la Communauté politique européenne, dans laquelle il menace de frapper Moscou précisément le 9 mai.

Les Forces armées de la Fédération de Russie prendront toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des manifestations festives.

Si le régime de Kiev tente de mettre à exécution ses plans criminels visant à perturber la célébration du 81e anniversaire de la Victoire de la Grande Guerre patriotique, les Forces armées de la Fédération de Russie lanceront une riposte massive sous forme de frappe de missiles sur le centre de Kiev.

La Russie, malgré les moyens dont elle dispose, s’était jusqu’à présent abstenue de telles actions pour des raisons humanitaires.

Nous avertissons la population civile de Kiev et le personnel des missions diplomatiques étrangères de la nécessité de quitter la ville sans délai.

Une nouvelle église cosaque

Le patriarche Cyrille a consacré ce matin l’église de la Nativité du Christ dans la stanitsa de Dinskaïa (36.000 habitants), dans le kraï de Krasnodar, qu’on appelle toujours là-bas le Kouban. (Une stanitsa était une unité politique et économique d’une « armée » cosaque.) Le gouverneur Benjamin Kondratiev était présent avec sa famille et a souligné que la foi est le fondement du Kouban. (Il a été décoré de l’ordre de saint Daniel de Moscou première classe – me semble-t-il.)

Les peintures ont été réalisées par les maîtres de Palekh, héritiers d’une grande tradition iconographique.

Après la révolution bolchevique les cosaques de la région fondèrent la « République populaire du Kouban ». La majorité des cosaques rejoignit l’Armée blanche de Denikine, mais début 1920 l’Armée rouge prit le Kouban et imposa le pouvoir soviétique. Le drapeau du kraï de Krasnodar est aujourd’hui celui de l’éphémère République de 1919.

Radonitsa

Aujourd’hui dans le calendrier orthodoxe c’est le mardi de la deuxième semaine de Pâques, appelé Radonitsa. C’est un jour de commémoration particulière des défunts. On lit sur le site de l’Union des journalistes orthodoxes ukrainiens :

Le mot « Radonitsa » vient du mot « joie », car ce jour tombe pendant la période des 40 jours de célébration de Pâques. Le sens de cette fête est de partager la bonne nouvelle de la Résurrection du Christ avec les proches et les êtres chers qui sont morts dans l’espoir de la vie éternelle. La victoire du Christ sur la mort chasse la tristesse liée à la séparation temporaire d’avec les proches, en rappelant la résurrection commune des défunts.

Selon la tradition ecclésiastique, il est recommandé aux fidèles de participer d’abord à un office funéraire à l’église, puis de se rendre au cimetière. Cette fête était déjà célébrée dans les cimetières chrétiens dans l’Antiquité. Ce jour-là, les prêtres célèbrent également des liturgies de requiem directement sur les lieux de sépulture.

L’Église rappelle que la prière pour les défunts et les bonnes actions accomplies en leur mémoire constituent la juste expression de l’amour envers eux.

Le patriarche Cyrille a célébré la divine liturgie en la cathédrale de l’Archange saint Michel du Kremlin, qui est la nécropole de 52 grands-princes de Moscou et tsars de Russie (le premier étant Michel de Kiev…). On peut voir le patriarche encenser les tombeaux à partir de 1h55, avant la prière pour les morts.

Théâtre de l’absurde

Le Théâtre Russe d’Odessa en 2011, fêtant son 135e anniversaire avec « La recette de l’amour », une pièce de théâtre d’après cinq nouvelles de Tchekhov. Pièce qui sera reprise à partir du 2 mars 2022, le jour même où le Théâtre prétendra ne plus être russe…

Maria Zakharova attire l’attention sur la déclaration de la représentante du commissaire pour la protection de la langue d’Etat, Anna Nerouch, annonçant, à la veille de la saison touristique à Odessa, une interdiction totale de l’usage de la langue russe. Mme Nerouch a ajouté qu’Odessa devait suivre l’exemple des administrations municipales de Kiev, Vinnitsa, Tcherkassy, Ternopil, Belaya Tserkov et Dnipropetrovsk, qui ont déjà mis en place un moratoire « sur l’utilisation des produits culturels en langue russe ».

Or Odessa est une ville entièrement russophone, et son célèbre théâtre (qui connut notamment Coquelin, Sarah Bernhardt et Mounet-Sully) s’appelait « Théâtre russe » jusqu’en 2022.

Maria Zakharova commente : « Ce sont des histoires absurdes dans le style du théâtre de l’absurde, écrites plus tôt, avant le XXe siècle. »

La Russie et la Géorgie

Propos de Mikhaïl Galouzine, vice-ministre russe des Affaires étrangères, en marge de la conférence Russie-Ouzbékistan organisée par le Club de discussion Valdaï et l’Institut d’études stratégiques et interrégionales auprès du président ouzbek :

« Nous prendrons autant de mesures que Tbilissi sera prête à prendre pour normaliser nos relations. Nous sommes convaincus que, malgré les difficultés politiques actuelles [il n’y a pas de relations diplomatiques entre les deux pays], nous développerons nos relations bilatérales dans les domaines d’intérêt et de coopération mutuels. Les relations bilatérales entre la Russie et la Géorgie se développent activement dans les domaines de l’économie, des transports et du tourisme. Par conséquent, nous espérons que malgré toutes les difficultés sur le plan politique, la Géorgie souhaite également nouer des relations constructives avec la Russie. »

Le vice-ministre a rappelé la visite de Mikhaïl Chvydkoï, envoyé spécial du président russe pour la coopération culturelle internationale, aux obsèques du patriarche Elie II :

« Nous rendons hommage au défunt Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie. Il était un véritable chef religieux national, promoteur des valeurs traditionnelles, du christianisme orthodoxe et de l’Église orthodoxe unie. Il jouissait d’une grande renommée internationale. M. Chvydkoï a présenté ses condoléances au clergé et au peuple géorgiens. Il s’agit là, bien sûr, d’une manifestation de l’unité culturelle, historique et spirituelle des peuples russe et géorgien. Nous partageons des valeurs fondamentales communes. »