Une sanction de plus

La Commission européenne annonce qu’elle a décidé hier, avec effet dès aujourd’hui, la fin des visas à entrées multiples pour les Russes. « Cela signifie qu’ils devront demander un nouveau visa chaque fois qu’ils souhaitent se rendre dans l’Union européenne. » La Commission a dû confirmer ensuite la précision de l’agence TASS que la mesure n’est pas rétroactive et que les visas à entrées multiples existants restent valables.

Mais cela ne concerne que les méchants Russes. Des exceptions seront faites « pour les dissidents, les journalistes indépendants, les défenseurs des droits de l’homme, les représentants d’organisations de la société civile ou d’autres catégories vulnérables, ainsi que les membres de leur famille proche ». La Commission européenne assume pleinement la discrimination à la tête du client.

L’ineffable Kaja Kallas a souligné que l’entrée dans l’UE est « un privilège, et non une chose acquise ». Et elle n’a pas craint de lier la décision au fait que l’UE est confrontée à « des perturbations et des sabotages sans précédent causés par des drones sur son territoire ». Sic. Evidemment sans fournir le moindre indice qui relierait les drones aux Russes, ni d’ailleurs préciser quels sont ces « sabotages »…

(Et c’est évidemment une sanction boomerang de plus, puisque si par hasard elle est efficace, elle pénalisera les pays où les touristes russes viendront moins…)

La dictature de l’UE

Hier International Reporters a publié un article dénonçant le licenciement du journaliste italien Gabriele Nunziati de l’agence Nova parce qu’il avait osé poser à la Commission européenne une « question complètement inappropriée et incorrecte », selon l’agence. Le journaliste demandait simplement si Israël devra financer la reconstruction de Gaza comme l’UE s’engage à financer la reconstruction de l’Ukraine.

Deux heures après la publication de cet article, la vice-présidente italienne du Parlement européen, Pina Picierno, demandait à la Commission européenne de placer l’agence International Reporters et tous ses collaborateurs sur la liste des sanctions européennes, autrement dit son interdiction au même titre que les médias russes. « Une confirmation explicite de ce que rapporte l’article qui dénonçait une dérive autoritaire des institutions européennes, un climat de haine envers les journalistes gênants et un racisme envers le peuple russe », réagissait International Reporters.

Leur Europe

Vu sur Euractiv.

Dans la rubrique « Santé » : comment tuer plus de bébés. La commission des Droits de la femme du Parlement européen a voté par 26 voix contre 12 en faveur de la création d’un mécanisme permettant « d’aider les femmes contraintes de se rendre à l’étranger pour interrompre leur grossesse ».

Le Parlement européen votera en décembre une résolution sur le sujet. Laquelle sera transmise à la Commission.

Si la Commission prend la décision de subventionner le tourisme abortif, elle agira une fois de plus en violation du traité européen et du fameux état de droit. Mais c’est devenu une habitude.

*

Cela s’ajoutera au « prêt de réparation » basé sur les 140 milliards d’euros d’actifs souverains russes immobilisés, qui provoquera une riposte russe immédiate.

Ce n’est pas seulement la guerre contre la Russie jusqu’au dernier Ukrainien, c’est jusqu’à la faillite totale de l’UE.

Des journalistes sourds…

Hier Vladimir Poutine a rencontré des soldats blessés dans un hôpital. Il leur a montré les deux icônes qui lui ont été offertes le jour de son anniversaire par des soldats qui ont échappé à la mort grâce à ces icônes. Puis il a longuement parlé avec eux. Dans la partie publique, il a indiqué que l’armée russe était prête à accueillir des journalistes étrangers à Koupiansk et à Pokrovsk, pour qu’ils voient par eux-mêmes l’état d’encerclement des troupes ukrainiennes (des milliers de soldats dans chaque ville) nié par la propagande ukrainienne. Puis il a rappelé l’essai réussi du missile à propulsion nucléaire qui a parcouru 1.400 km (« avec un réacteur 1000 fois moins puissant que celui d’un sous-marin »), soulignant que cette avancée technologique servirait aussi dans la vie civile et se trouve déjà intégré au programme spatial, et il a ajouté qu’hier (le 28 octobre) a été testé avec succès un drone sous-marin à propulsion nucléaire, le Poséidon, plus puissant que le missile intercontinental Sarmat, alors qu’il n’y a déjà rien dans le monde qui soit comparable au Sarmat. Et Poutine demande alors d’enlever les caméras : « Nous allons parler entre nous. »

Si je rapporte tout cela, c’est parce que les journalistes ont abondamment évoqué le Poséidon, mais qu’ils n’ont rien dit de la proposition que Poutine venait de leur faire. Pas un mot. Pas la moindre réponse. Ils n’iront pas. Ils ne feront pas leur travail. Parce qu’ils doivent protéger la propagande ukrainienne, et non dire la vérité. Voici exactement ce que Poutine a proposé en vain :

« En deux endroits, comme vous le savez, à Koupiansk et à Krasnoarmeïsk, l’ennemi est bloqué par encerclement. J’ai évoqué la question avec les commandants, et ils ne voient pas d’objection à envoyer des représentants des médias dans la zone d’encerclement, des journalistes étrangers et des journalistes ukrainiens, afin qu’ils voient de leurs propres yeux ce qui se passe là, afin qu’ils soient convaincus de l’état d’encerclement des troupes ukrainiennes, et afin que les dirigeants politiques de l’Ukraine prennent des décisions appropriées quant au sort de leurs citoyens et de leurs soldats. Nous sommes seulement préoccupés par une chose, qu’il n’y ait pas de provocations du côté ukrainien. Nous sommes prêts à interrompre les hostilités pendant plusieurs heures, afin que ces groupes de journalistes entrent dans la partie encerclée, voient ce qui s’y passe, parlent aux soldats ukrainiens, et repartent. La seule question est de savoir si la partie ukrainienne est prête à cela. »

(Il est regrettable que les Russes continuent d’appeler Pokrovsk « Armée rouge », alors que le nom donné par les Ukrainiens fait référence à la Protection de la Mère de Dieu…)

A la Conférence de Minsk

La IIIe Conférence internationale sur la sécurité eurasienne s’est ouverte aujourd’hui à Minsk, avec des délégations d’une quarantaine de pays (dont la Hongrie, représentée par son ministre des Affaires étrangères) et de sept organisations internationales.

Voici quelques propos intéressants d’Alexeï Chevtsov, secrétaire adjoint du Conseil de sécurité russe.

« À mon avis, la question la plus difficile est la volonté des pays occidentaux de respecter leurs engagements. Nous avons vu à plusieurs reprises des États quitter des organisations internationales, puis y revenir après un changement de parti au pouvoir, modifiant ainsi radicalement leur politique étrangère. Même sans changement de pouvoir, les exemples négatifs sont nombreux. Par exemple, les participants européens aux accords de Minsk n’avaient pas l’intention de les mettre en œuvre. L’accord sur la non-expansion de l’OTAN vers l’est a été rejeté sur la base du principe « un gentleman a donné sa parole, un gentleman l’a retirée ».

« Dans tous les cas, une solution devra être trouvée. Elle sera collective et tiendra compte des intérêts de tous les pays et peuples d’Eurasie. Malheureusement, les élites européennes ne sont pas encore prêtes pour cela. Elles préfèrent dépenser des milliards dans le projet ukrainien et détruire leur propre économie. »

« D’une manière ou d’une autre, nous devrons réorganiser l’architecture de sécurité en Eurasie, soit en construisant un système commun avec nos voisins occidentaux, soit en établissant un mécanisme d’interaction clair et prévisible. Un système commun n’est pas encore envisageable, mais nous devons essayer. Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe est une région à la souveraineté limitée, où la plupart des pays ne sont pas indépendants dans leurs décisions. »

« Il y avait un certain espoir dans les années 1960 et 1980, lorsque les puissances européennes ont réussi à résister aux tentatives des États-Unis de dicter leurs conditions. Par exemple, l’Allemagne a refusé de déployer des armes nucléaires américaines sur son territoire, l’URSS a construit des gazoducs et des oléoducs pour l’Occident, qui ont fonctionné jusqu’à récemment. Il y avait un échange intensif de technologies et le système de sécurité collective fonctionnait relativement normalement, y compris dans le cadre de l’OSCE. »

« Après l’effondrement de l’URSS, l’Europe avait une occasion unique de devenir l’un des centres du monde multipolaire émergent. Malheureusement, l’Europe a choisi de suivre l’exemple des États-Unis en tentant d’établir un modèle mondial unipolaire, de mettre en œuvre une mondialisation à l’occidentale et d’orchestrer la « fin de l’histoire », c’est-à-dire d’établir un système qui lui permettrait d’exercer une domination idéologique, technologique et militaire et d’exploiter les ressources du reste du monde. C’est dans ce paradigme que l’Europe et l’Occident collectif ont fonctionné au cours des dernières décennies. »