Zelensky tel qu’en lui-même

Le petit dictateur ukrainien a une fois encore menacé Viktor Orban :

« Nous espérons qu’une personne au sein de l’UE ne bloquera pas les 90 milliards d’euros — ou du moins la première tranche — afin que les soldats ukrainiens reçoivent les armes dont ils ont besoin. Sinon, nous communiquerons simplement l’adresse de cette personne à nos forces armées — nos soldats pourront l’appeler et lui parler dans leur propre langue. »

Viktor Orban a proposé qu’une commission aille constater l’état de l’oléoduc Amitié. Zelensky refuse, évidemment, puisque les images satellites montrent que l’oléoduc est intact. Il refuse parce que l’Ukraine est un « Etat indépendant ». Sic. Il ose ajouter : « Je ne pense pas que les représentants de la Commission européenne ne nous font pas confiance. » Et il a raison. La Commission européenne croit le mensonge de Zelensky, parce qu’elle espère que le problème d’approvisionnement de la Hongrie en pétrole conduira à faire perdre les élections au méchant Orban qui bloque l’aide à l’Ukraine. (La Commission européenne refuse de voir qu’un Etat membre est attaqué par un pays étranger et soutient ce pays étranger…)

Continuant à prétendre que l’oléoduc est abîmé, Zelensky explique :

« En ce qui concerne le calendrier : personnellement, je ne le rétablirais pas… Cependant, l’UE affirme que le prêt de 90 milliards d’euros restera bloqué tant que l’Ukraine n’aura pas commencé à restaurer le pipeline… Selon mes informations, il pourrait être opérationnel dans un délai d’un mois ou d’un mois et demi, mais cela ne signifie pas que tout ce qui a été détruit sera entièrement réparé. La remise en état est possible dans un délai d’un mois et demi, à condition que les pays européens ne trouvent pas d’autre moyen de débloquer les fonds pour l’Ukraine. »

Quelle coïncidence : un mois, un mois et demi… les élections en Hongrie c’est le 12 avril…

(Vladimir Poutine a reçu hier le ministre hongrois des Affaires étrangères. Ils ont parlé du gaz et du pétrole, que la Russie s’engage à continuer de fournir au même prix malgré ce qui se passe au Proche Orient, et Poutine a libéré deux prisonniers de guerre hongro-ukrainiens enrôlés de force dans l’armée ukrainienne.)

Pete Hegseth et le troisième Temple

Le 19 février 2018, l’actuel ministre de la guerre de Donald Trump, alors journaliste à Fox News, donnait une conférence à Jérusalem et il disait ceci :

Aujourd’hui Jennifer et moi-même avons eu la chance de voir le mur occidental du Mont du Temple. Et en étant là vous ne pouvez que contempler le miracle qui est devant vous. Et il m’est venu à l’esprit un autre miracle que j’espère vous tous verrez dans un avenir pas trop éloigné. Parce que 1917 fut un miracle, 1948 fut un miracle, 1967 fut un miracle, 2017 – la Déclaration de Jérusalem comme capitale - fut un miracle, et il n’y a pas raison que le miracle du rétablissement du temple sur le Mont du Temple ne soit pas possible. Je ne sais pas comment cela arrivera, vous ne savez pas comment cela arrivera, mais je sais que cela peut arriver. Cela je le sais. Et une étape dans ce processus est la reconnaissance que les faits et les actes sur ce sol ont une importance. C’est pourquoi aller visiter la Judée et la Samarie, comprendre cette souveraineté, la souveraineté du sol israélien dans les villes israéliennes est la prochaine étape pour montrer au monde que ceci est la terre des juifs et la Terre d’Israël. Je crois, comme il a été dit, que vous devez acheter le ticket : ne souhaitez pas seulement pendant 40 ans gagner à la loterie, achetez le ticket. Je vous suggère, à la lumière du soutien que vous avez à Washington, du soutien que vous avez parmi les patriotes américains, parmi les chrétiens évangéliques, parmi les croyants, parmi les Républicains, même parmi certains démocrates qui ne peuvent plus guère le dire à Washington, d’acheter le ticket : passez à l’action, faites ce qui doit être fait ici en Israël, parce que je crois vraiment que nous sommes à un moment où l’Amérique vous soutiendra. Vous avez Donald Trump à la Maison Blanche, vous avez Mike Pence comme vice-président, vous avez Nikki Haley à l’ONU, vous avez de vrais croyants en Israël et en Amérique qui vous soutiennent.

Trois petites mais importantes notes.

— Le miracle de 1948, c’est quand les sionistes ont commencé à massacrer les Palestiniens, y compris chrétiens, à raser des villages, y compris chrétiens, afin de faire fuir les survivants par la terreur.

— Quand Pete Hegseth parle de la souveraineté d’Israël sur le sol de Judée et de Samarie, et demande aux Israéliens de faire ce qui doit être fait, il appelle à la prise de contrôle de toute la Cisjordanie par l’Etat d’Israël (car les Israéliens appellent officiellement « Judée-Samarie » la Cisjordanie).

— La fantasmagorie de la construction du troisième temple, même si elle est largement partagée par les « chrétiens sionistes », est proprement incompréhensible pour des chrétiens tout-court : c’est en totale contradiction avec l’enseignement du Christ et de saint Paul.

(Quant à Jennifer c’est la troisième femme – elle-même divorcée – de Pete Hegseth.)

Jeudi de la deuxième semaine de carême

Dans la parabole évangélique de la messe de ce jour, il y a un pauvre qui s’appelle Lazare, et un riche qui n’a pas de nom. Parce que le riche, c’est moi. Comme le souligne la liturgie, par l’antienne du Benedictus, le matin :

Fili, recordáre quia recepísti bona in vita tua, et Lázarus simíliter mala.
Fils, souviens-toi que pendant ta vie, tu as reçu les biens, de même que Lazare les maux.

Et par l’antienne du Magnificat, le soir :

Dives ille guttam aquæ pétiit, qui micas panis Lázaro negávit.
Ce riche demanda une goutte d’eau à Lazare, lui qui lui avait refusé quelques miettes de pains.

Cette assimilation au riche est accentuée par le « Fili ». Et la mélodie le souligne, par cet appel de clairon sol-do, et l’insistance sur « souviens-toi ». Dans la parabole, c’est Abraham qui dit « mon fils » au riche. Dans la liturgie, c’est Dieu qui m’appelle son « fils », et qui m’avertit de ne pas continuer à vivre comme le riche de la parabole.

Dans l’antienne du Magnificat il y a aussi une accentuation. Plus forte encore : le texte glose le texte évangélique pour dire que je refuse des miettes de pain à Lazare. Mais le riche n’a rien refusé, il a seulement ignoré le pauvre. C’est que, l’ignorer, c’est le mépriser, c’est le rejeter. Et c’est le riche qui, au final, sera rejeté. Dans l’enfer.

Et le pauvre s’appelle Lazare. Parce que le riche demande que celui-ci ressuscite pour aller avertir ses frères qu’ils doivent changer de vie. Et parce que les pharisiens se moquent de Jésus et ne cessent de lui demander des signes. Or Abraham ne va pas ressusciter Lazare, mais Jésus va bel et bien le faire : il va ressusciter Lazare, le frère de Marthe et Marie (qui, par symbolisme croisé, est riche, celui-là, un bon riche). Et par la résurrection de Lazare, il va prouver que le riche de la parabole a tort, et les pharisiens avec lui. Abraham dit au riche : « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne croiront pas quand bien même quelqu’un ressusciterait des morts. » Or Lazare est effectivement ressuscité des morts. Et les pharisiens (et les grands prêtres), non seulement n’ont pas cru, mais ont condamné à mort celui qui venait de ressusciter un mort…

Un petit bout de Grand Israël

Après une nouvelle campagne de frappes massives (plus de 250 en 24 heures) sur le sud du Liban, le sud de Beyrouth et la Bekaa, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne appelle tous les habitants du sud du Liban à partir au nord du fleuve Litani.

Israël a l’intention d’annexer ce territoire, officiellement pour constituer une zone tampon face au Hezbollah. Mais étendre le territoire israélien jusqu’au Litani est une vieille revendication, et c’est une première étape dans l’établissement du Grand Israël. (Tandis que la « zone tampon » en Syrie s’agrandit discrètement.)

Pete Hegseth

Extraits de son discours au Pentagone sur la guerre contre l’Iran :

Ils sont finis, et ils le savent. Du moins ils vont le savoir très vite. L'Amérique est en train de gagner - de manière décisive, dévastatrice et sans pitié.
Ce combat n'a jamais été conçu pour être loyal, et il ne l'est pas. Nous les frappons alors qu'ils sont à terre.
Les hauts dirigeants iraniens sont morts. Les membres du soi-disant conseil de gouvernement qui aurait pu choisir un successeur sont morts, disparus ou retranchés dans des bunkers. Les généraux, les officiers de rang intermédiaire et les soldats ne peuvent ni communiquer ni parler.
Hier soir, nous avons coulé leur navire amiral, le Soleimani. On dirait que le président américain l'a eu deux fois.
Le chef de l'unité qui a tenté d'assassiner Trump a été traqué et tué. L'Iran a tenté de tuer Trump, et c'est Trump qui a eu le dernier mot.
À notre partenaire indéfectible, Israël : votre mission est menée avec une habileté inégalée et une détermination sans faille. Combattre aux côtés d'un allié aussi compétent est un véritable multiplicateur de force et une bouffée d'air frais.

Cette propagande de guerre insensée, avec fantasmes et faux scoop, multiplie les saillies qui devraient être considérées comme des ignominies par quelqu’un qui se proclame chrétien évangélique et a tatouée sur la poitrine une croix de Jérusalem.

Il disait en novembre 2024 : « Je suis un néoconservateur en voie de guérison depuis six ans. Nous avons agi de manière insensée à travers le monde. »

La rechute est brutale.

*

Et des trumpistes amers ressortent l’une des grandes promesses électorales de Donald : « Moi président je vous garantis qu’il n’y aura pas de guerre avec l’Iran. »