La divine liturgie retransmise par TVSoyouz ce matin l’était de l’église de la Protection de la Mère de Dieu (ou de l’Intercession), à Iassenevo, nouvelle église d’un quartier du sud de Moscou. J’ai déjà évoqué plusieurs fois cette église, mais je n’en reviens toujours pas. Ses murs sont recouverts de 2.500 m2 de mosaïques purement byzantines, sans compter les peintures. Elle a été consacrée le 27 décembre 2015 par le patriarche Cyrille (photo si-dessus).
A 49’54, intéressant mégalynaire pascal, en slavon sur une mélodie grecque.
L’office et la messe de saint Joseph « opifex » sont un naufrage liturgique, ne serait-ce que par l’utilisation de l’affreuse nouvelle traduction des psaumes voulue par Pie XII. Ont échappé au naufrage les deux alléluias de la messe, parce qu’on a gardé ceux de la « fête du patronage de saint Joseph », célébrée à partir de 1680 le troisième dimanche après Pâques chez les carmes et carmélites, étendue à toute l’Eglise latine par Pie IX en 1847, déplacée au mercredi précédent par Pie X en 1913, remplacée donc par Pie XII par saint Joseph opifex en 1955 et fixée au 1er mai.
Les missels francophones ont bourgeoisement traduit « opifex » par artisan. Ce qui se conçoit d’autant mieux que saint Joseph était effectivement un artisan. Mais il va de soi que lorsque Pie XII a institué cette fête au 1er mai, c’était pour christianiser la « fête des travailleurs ». Ce qui n’eut aucun effet, naturellement. (En anglais c’est « Joseph the worker ».)
Gaffiot :
ŏpĭfex,11ĭcis, m. f. (opus, facio),¶ 1 celui ou celle qui fait un ouvrage, créateur, auteur : CIC. Nat. 1, 18 ; Ac. frg. 19 ; Tusc. 5, 34¶ 2 travailleur, ouvrier, artisan : CIC. Off. 1, 150 ; Tusc. 4, 44 ; SALL. C. 50, 1║ [au sens élevé d’artiste] : CIC. Nat. 1, 77 ; 2, 81║ [poét. avec l’inf.] maître dans l’art de : PERS. 6, 3.
Allelúia, allelúia. ℣. De quacúmque tribulatióne clamáverint ad me, exáudiam eos, et ero protéctor eórum semper.
Alléluia, alléluia. Dans quelque tribulation qu’ils m’invoquent, je les exaucerai et je serai à jamais leur protecteur.
Allelúia, allelúia. ℣. Fac nos innócuam, Joseph, decúrrere vitam: sitque tuo semper tuta patrocínio. Allelúia.
Alléluia. ℣. Faites-nous mener, ô Joseph, une vie sans tache et qui soit toujours en sécurité sous votre patronage. Alléluia.
La branche italienne du lobby international Refugees welcome (bienvenue aux réfugiés) a remporté l’appel d’offres (sic) de la municipalité de Rome visant à convaincre les familles de la capitale italienne d’héberger des « migrants » chez elles. (En fait c’était la seule organisation candidate…)
Pour cela, Refugees welcome Italia a été dotée d’une subvention de près de 400.000 euros sur trois ans.
Ils sont des milliers à revendiquer l’accueil des « migrants » par des manifestations dans les rues, mais quand il faut les accueillir concrètement, bien sûr il n’y a plus personne.
La loi interdisant l’Eglise orthodoxe ukrainienne a été votée en août 2024. Mais, malgré les persécutions permanentes, l’Eglise orthodoxe ukrainienne est toujours là. Et son éradication n’avance guère. Dernier épisode en date (on ne l’apprend qu’aujourd’hui mais la décision date du 6 avril…) : une cour d’appel a annulé les conclusions de « l’expertise en sciences religieuses » menée par le Service d’État ukrainien pour l’ethnopolitique et la liberté de conscience sur les statuts de l’Eglise (visant à « prouver » qu’elle dépend de Moscou). La cour d’appel constate une substantielle violation de procédure qui remet en cause l’impartialité de l’expertise. Et elle juge illégaux les actes du chef du Service en question, Viktor Yelensky, qui a approuvé les conclusions alors qu’une demande de récusation était en instance.
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Valery Zaloujny, ancien commandant en chef des armées ukrainiennes, aujourd’hui ambassadeur d’Ukraine à Londres, en tête dans les sondages, a déclaré à la télévision :
« Quand je serai sur mon lit de mort, je ferai jurer à mon fils, avant de mourir, qu’il reprendra les territoires occupés. Et il me jurera aussi que s’il n’y parvient pas, il me jurera qu’il obligera son fils à le faire, et il lui jurera que son fils reprendra tout ce qu’on nous a pris jusqu’à présent. »
C’est beau comme l’antique. Sauf que Zaloujny… n’a pas de fils.
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La Suède aussi fait du piratage maritime. Sur demande de l’Ukraine (dont les demandes sont des ordres quand il s’agit de nuire à la Russie), elle a détourné un bateau russe (sous pavillon guinéen) qui transportait des céréales de Crimée. Des céréales « volées à l’Ukraine », selon la clique de Zelensky.
Puisque l’archéologue Boutiaguine, accusé de « piller la Crimée », a échappé à la justice ukrainienne, il fallait bien trouver autre chose…
(En 2014, le référendum en Crimée sur la réunification avec la Russie s’est soldé par 96,77% de oui avec une participation de 83,1%.)
Lettre à Maître André Vanni, peintre (traduction Emile Cartier, 1886).
Très cher Fils dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, la servante et l’esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir constant et persévérant dans la vertu, et non pas comme la feuille qui cède au vent. Vous devez être comme un arbre profondément enraciné dans la vallée de l’humilité véritable, afin que le vent de l’orgueil ne puisse pas renverser votre âme, qui est un arbre d’amour; car Dieu l’a créée par amour; elle vient de l’amour et ne peut vivre que d’amour, du saint amour de Dieu, et non de l’amour-propre et sensuel, qui lui donne la mort et leur ôte la vie de la grâce, en la plaçant sur la montagne de l’orgueil, où elle est exposée a tous les vents contraires qui l’agitent, qui font tomber ses fruits et brisent ses rameaux. Et si elle ne se fortifie en prenant les moyens nécessaires, l’arbre sera renversé. Quelquefois souffle tout a coup le vent des tentations honteuses et des mouvements du cœur, qui agite continuellement l’arbre et le dépouille de ses feuilles, c’est-à-dire de ses saintes pensées et de ses paroles charitables pour le prochain; ce sont ces feuilles qui protègent les fruits. Il y a aussi un autre vent qui entre dans le cœur des hommes et qui sort par la bouche c’est celui des persécuteurs du monde qui, lorsque les cœurs sont corrompus, souffle les murmures, les injures, les mépris et les outrages de parole et d’action. Ce vent fait tomber l’arbre de la patience et brise les branches des autres vertus. L’arbre est renversé, si on ne le soutient pas par l’amour de Dieu et du prochain : il souffre de la violence du vent, parce qu’il est placé sur la hauteur; s’il était placé dans la vallée entre deux montagnes, cela ne lui arriverait pas; les vents frapperaient les hautes montagnes sans l’atteindre, il n’en entendrait que le bruit.
Comment donc transplanter cet arbre dans la vallée et la terre de l’humilité? Le voici. C’est par une vraie connaissance de nous-mêmes, par la haine et le mépris de la sensualité; nous ne pourrons pas être humbles autrement. Mais alors nous serons entre deux grandes montagnes, entre la vertu de force et la vertu de patience, qui reçoivent les assauts de tous les vents contraires; et même, plus les vents sont contraires, plus l’âme se fortifie et montre sa force par l’épreuve de sa patience. Alors les vertus se conservent et se nourrissent par la doctrine et l’édification qu’on donne au prochain. L’âme porte les fleurs odoriférantes de ses saintes pensées en jugeant sainement les choses, en voyant en elle et dans le prochain la volonté de Dieu, qui ne veut que notre bien, et non celle des hommes; en mortifiant son jugement, en tuant sa volonté, en maintenant et en nourrissant l’arbre de la charité du prochain avec un ardent désir du salut des hommes, et en jouissant de. cette nourriture pour l’honneur de Dieu. Oh! qu’il est beau, l’arbre de notre âme! Lorsqu’il est bien planté, il se pare de l’humilité de l’Agneau sans tache qui nous a donné la vie, et il s’éclaire d’un soleil de grâce et de miséricorde; et cette miséricorde, tous nos mérites n’auraient pu l’obtenir. Mais, parce que Dieu s’est humilié jusqu’à l’homme en nous donnant le doux et tendre Verbe, parce que le Verbe, le Fils de Dieu, s’est abaissé dans sa patience jusqu’à la mort honteuse de la Croix, nos actions et nos vertus acquièrent des mérites par son humilité et par la vertu de son précieux sang répandu avec tant d’amour.
Vous voyez donc qu’il n’y a pas d’autres moyens de persévérer et de croître dans la vertu. Aussi je vous prie, mon très cher Fils dans le Christ, le doux Jésus, d’apprendre de ce doux Agneau sans tache à vous abaisser toujours par une humilité sincère, afin que vous conserviez et que vous augmentiez votre vertu, dans quelque état que vous vous trouviez. Car pour celui qui est humble, toutes ses œuvres spirituelles et temporelles lui profitent pour le ciel, parce qu’il les fait avec la grâce. Ses œuvres temporelles lui donnent la vie, parce qu’il les fait, le regard fixé sur Dieu; ses œuvres spirituelles répandent le parfum de la vertu devant Dieu et devant les hommes du monde: et s’il est appelé à commander, il répand la bonne odeur de la sainte justice; car celui qui est humble n’est pas injuste envers son prochain; il ne le méprise pas, mais il l’aime comme lui-même. Je vous prie donc, mon très cher Fils, dans votre position présente, de rendre toujours la justice au petit comme au grand, au pauvre comme au riche; rendez également à chacun ce qui lui est dû, ainsi que le veut la justice accompagnée de la miséricorde. Je suis certaine que la bonté de Dieu vous le fera faire; et je vous y invite autant que je le sais et que je le puis. Soyez dans ce doux Avent et dans cette sainte fête prés de la crèche de l’humble Agneau. Vous y trouverez Marie adorant son Fils; cette pauvre voyageuse, qui possède la richesse du Fils de Dieu, n’a pas de langes convenables pour l’envelopper, et de feu pour le réchauffer, lui, le Feu divin, l’Agneau sans tache; et ce sont des animaux qui s’inclinent sur le corps de l’Enfant pour le réchauffer de leur souffle. Ne faut-il pas rougir de l’orgueil , des délices des hommes et des richesses du monde, en voyant un Dieu si humilié? Visitez donc le saint lieu pendant cet Avent, afin de pouvoir renaître à la grâce; et afin de pouvoir mieux le faire et recevoir ce divin Enfant, confessez vous et disposez-vous, s’il est possible, à la sainte Communion. Je finis. Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Doux Jésus, Jésus amour.
Sainte Catherine de Sienne par Andrea Vanni, vers 1400, basilique Saint-Dominique de Sienne.