Au bord des fleuves de Babylone

La liturgie byzantine chante solennellement le psaume 136 aux matines des deuxième, troisième et quatrième dimanches d’avant-carême. Donc pour la première fois ce soir ou demain matin (dimanche du fils prodigue). Voici la version du monastère des Grottes de Kiev, qui vient de la mettre en ligne. On remarque que la déploration s’accompagne d’alléluias à la fin de chaque verset, ce qui est requis par les rubriques.

Au bord des fleuves de Babylone, nous nous sommes assis et avons pleuré, quand nous nous sommes souvenus de Sion. Sur les saules au milieu nous avons suspendu nos instruments, car là, ceux qui nous avaient capturés nous ont interrogés sur les paroles des chants et ceux qui nous avaient emmenés nous ont demandé de chanter : « Chantez-nous les chants de Sion ». Comment chanterions-nous les chants du Seigneur sur une terre étrangère ? Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie ! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens pas de toi, si je ne place pas Jérusalem au principe de ma joie. Souviens-toi, Seigneur, des fils d’Édom au jour de Jérusalem, qui disaient : « Rasez, rasez jusqu’à ses fondations ». Fille de Babylone, malheureuse ! Heureux celui qui te rendra la pareille, comme tu nous as rendu la pareille ; heureux celui qui saisira et brisera tes enfants contre le roc.

(La peinture est du Français James Tissot. C’est celle qui a été choisie aussi par le site Miloserdie.ru – miséricorde – sur la page qui explique l’emploi de ce psaume.)

Le maire de New York et l’immigration musulmane

Allocution de Zohran Mamdani, maire de New York, au premier petit-déjeuner de prière interreligieux organisé par la mairie, hier  :

« Je pense que la libération de la souffrance, que nous enseigne le bouddhisme, n’est possible que si nous éliminons de notre vie quotidienne les trois poisons que sont le désir, la haine et l’ignorance. Nous ne devons pas accepter la souffrance comme une fatalité, ni considérer la haine comme un état naturel. Nous avons le pouvoir de nous en libérer. Et je considère ma propre foi, l’islam, comme une religion fondée sur un récit de migration. L’histoire de la hijra nous rappelle que le prophète Mohammed était lui aussi un étranger qui a fui La Mecque et a été accueilli à Médine. La sourate An Nahl 16, 42 nous dit que ceux qui ont immigré pour la cause d’Allah seront certainement bénis et recevront un bon foyer dans ce monde. Comme l’a dit le prophète Mohammed, l’islam a commencé comme quelque chose d’étranger et redeviendra étranger. Bonne nouvelle donc pour les étrangers. (Applaudissements.) Si la foi nous offre la boussole morale pour nous tenir aux côtés de l’étranger, le gouvernement peut fournir les ressources. »

(En fait c’est le verset 41 : « Et ceux qui, pour (la cause d’) Allah, ont émigré après avoir subi des injustices, Nous les installerons dans une situation agréable dans la vie d’ici-bas. » Il s’agit évidemment des disciples qui doivent fuir La Mecque pour la cause de Mahomet, et que Mahomet promet d’installer à Médine, pas à New York…)

Saint Romuald

Romuald naquit à Ravenne ; Serge, son père, était de noble race. Adolescent, il se retira dans le monastère voisin de Classe, pour y faire pénitence. Là, excité à un zèle plus ardent pour la piété et réconforté par l’apparition du bienheureux Apollinaire, il se fit moine. Il s’exerça assidûment aux jeûnes et à la prière, mais en gardant un visage tellement joyeux, qu’il réjouissait ceux qui le contemplaient. Brûlant du désir du martyre, tandis qu’il partait en Pannonie, saisi par la maladie, il fut contraint de revenir. Il fut le fondateur de l’Ordre des moines Camaldules qu’il avait aperçus, dans une vision, escaladant comme les Anges une échelle qui atteignait le ciel. Enfin, après avoir vécurent vingt ans et servi Dieu pendant tout un siècle, avec une extrême austérité, il s’en alla vers lui, l’an du salut mil vingt-sept, et fut déposé avec honneur à Fabriano, dans l’église de son Ordre. (Bréviaire.)

On trouvera davantage de précisions ici, avec des photos de sa cellule à Camaldoli.

Et ici la (vraie) « petite règle de saint Romuald ».

Aujourd’hui c’est aussi le samedi de la Septuagésime, et on lit les derniers versets du chapitre 5 de la Genèse, généalogie de Maaléel, arrière-petit-fils de Seth fils d’Adam, jusqu’à Noé, qui va être la figure principale de la Sexagésime. C’est dans ces versets qu’il y a la phrase mystérieuse : « Hénoch marcha avec Dieu et il ne parut plus parce que Dieu l’emporta. »

Ukraine : l’Eglise du pouvoir sans fidèles

L’Eglise orthodoxe ukrainienne a été chassée de la cathédrale de la Trinité à Tchernigov en octobre 2023. L’antenne régionale de la télévision d’Etat Suspilne a fait un reportage montrant l’intérieur de la cathédrale pendant la divine liturgie, dimanche dernier : l’évêque de l’Eglise du pouvoir est seul avec un diacre (ce qui est incongru dans une cathédrale), et il y a une dizaine de personnes… Sans surprise, puisque c’est comme ça partout, sauf quand l’église est carrément fermée.

Il y a plus de monde quand on y monte un spectacle ou qu’on y passe un film, au scandale des croyants.

Mais la directrice de la « réserve » historique est claire : « Cet espace n’est pas seulement destiné aux rites religieux, mais aussi à des initiatives culturelles, telles que la projection de films. La cathédrale doit être ouverte à tous, aux croyants comme au public laïque. »

Et voilà le 20e…

Ursule annonce triomphalement le 20e paquet de sanctions contre la Russie, et ajoute : « J’invite maintenant les États membres à approuver rapidement ces nouvelles sanctions. » Schnell !

Elle rappelle aussi tout ce que l’UE fait pour l’Ukraine et conclut :

« Dans tous ces efforts, il y a un fil conducteur, un objectif commun, une ferme conviction : que la sécurité, la prospérité et l’avenir libre de l’Ukraine sont au cœur de notre Union. »

Au cœur de l’UE, il y a la prospérité d’un pays qui ne fait pas partie de l’UE, prospérité qui suppose l’appauvrissement de ceux qui en font partie…