La 120e

Le patriarche Cyrille a consacré ce matin l’église de la Dormition de la Mère de Dieu d’Ostankino, un quartier du nord de Moscou, en présence de nombreuses personnalités, dont Igor Chtchiogolev, « représentant plénipotentiaire du président de la fédération de Russie dans le district fédéral central ». C’est la 120e église du programme de construction de 200 églises à Moscou. Le sol est en marbre iranien à 12 couleurs.

« L’ensemble ecclésiastique de l’église de l’Assomption de la Sainte Vierge à Ostankine est l’un des projets les plus ambitieux du programme moscovite. À l’initiative du conseiller du patriarche pour les questions de construction, V.I. Resine*, la nouvelle église est devenue le centre spirituel de tous les constructeurs de Russie. Outre les locaux destinés au culte, le complexe abrite une école du dimanche, une maison paroissiale et un centre spirituel et éducatif d’aide sociale aux familles et aux enfants, où les femmes enceintes et les femmes avec des enfants en bas âge qui se trouvent dans une situation difficile pourront bénéficier d’une aide sociale, psychologique, matérielle et juridique, ainsi que d’un soutien spirituel. »

* Vladimir Resine est aussi député, conseiller du maire de Moscou, et curateur du programme de construction d’églises orthodoxes à Moscou.

24e et dernier dimanche après la Pentecôte

Les chants de la messe de ce jour sont les mêmes que ceux du 23e dimanche. Mais à l’office les antiennes de Benedictus et de Magnificat sont propres.

Celle du Benedictus reprend la première phrase de l’évangile, prophétie qui demeure mystérieuse… à moins qu’on y soit.

Cum vidéritis abominatiónem desolatiónis quæ dicta est a Daniéle prophéta, stantem in loco sancto : qui legit, intéllegat.

Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie dans le lieu saint, que celui qui lit comprenne.

Celle du Magnificat reprend la dernière phrase de l’évangile, dernier évangile de l’année liturgique, annonçant la fin du monde.

Amen dico vobis quia non præteríbit generátio hæc, donec ómnia fiant : cælum et terra transíbunt, verba autem mea non transíbunt, dicit Dóminus.

En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera point que toutes ces choses n’arrivent. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point, dit le Seigneur.

Provocations polonaises

Le Parlement polonais a adopté hier une résolution, à l’unanimité moins une abstention, demandant au gouvernement de délocaliser l’ambassade de Russie à Varsovie.

Pourquoi ? Parce qu’elle est trop près du ministère de la Défense…

Le ministre des Affaires étrangères Sikorski a toutefois remarqué que ce vote n’est pas une base légale pour une telle action.

Varsovie avait saisi le complexe résidentiel de l’ambassade en 2022, et son lycée en 2023.

Mercredi, le gouvernement polonais a annoncé le retrait de l’autorisation d’exercer ses activités au consulat général de Russie à Gdansk.

C’était le dernier consulat russe en activité en Pologne.

« Nous considérons cette nouvelle mesure hostile des autorités polonaises comme la manifestation d’une politique délibérée visant à détruire les relations bilatérales dans le contexte de russophobie des cavernes qui règne en Pologne, a déclaré Maria Zakharova. Il va sans dire que la partie russe répondra de manière symétrique à ces actions en limitant considérablement la présence consulaire et diplomatique polonaise dans notre pays. »

En janvier dernier la Russie avait fait fermer le consulat de Saint-Pétersbourg, en réponse à la fermeture du consulat russe à Poznan. Depuis lors le consulat de Cracovie a également été fermé.

La poisse

Lundi dernier, Zelensky remerciait, par ses chaleureuses accolades coutumières, des marins-pêcheurs bretons qui avaient envoyé 280 km de filets en Ukraine pour protéger les routes d’approvisionnement de l’armée des drones russes. (Pour l’occasion il avait enfilé la doudoune au logo de « Tout commence en Finistère », quelle honte pour la Bretagne…)

Mais la neige tombe. Et les filets avec…

La traque se poursuit

La pianiste Elisabeth Leonskaja devait jouer à Eindhoven aux Pays-Bas le 4 décembre prochain. Le concert est annulé, parce qu’on a découvert que l’artiste donnait un concert à Moscou hier soir, à l’occasion de ses 80 ans.

Elisabeth Leonskaja, née en Géorgie de parents originaires d’Odessa, était devenue une pianiste soviétique. En 1978 elle s’est exilée et s’est installée à Vienne. Elle a la nationalité autrichienne. C’est donc une pianiste autrichienne qui est interdite aux Pays-Bas pour avoir donné un concert en Russie…

Les Bataves ne paraissent pas savoir qu’Elisabeth Leonskaja se produit régulièrement en Russie, particulièrement à Saint-Pétersbourg (le 13 novembre elle y donnait encore un récital)…

La raison précise de l’interdiction est fabuleuse. Comme la pianiste n’est pas russe, et comme elle n’a jamais pris de position politique, on se fonde sur le fait que le concert d’hier a eu lieu dans une salle (la Philharmonie de Moscou) « qui met à disposition des militaires et de leurs familles des billets gratuits ». Sic.

Mais les Suisses ne sont pas aussi tordus : Elisabeth Leonskaja a été invitée à donner deux concerts avec l’Orchestre de la Suisse romande la semaine prochaine à Genève et Lausanne, en remplacement de Maria-Joao Pires qui vient de mettre fin à sa carrière.

Ce qui m’étonne toujours est de voir Nikolaï Louganski, l’un des grands pianistes russes actuels, se produire alternativement en Russie et en Europe occidentale sans que personne ne s’en émeuve…

Ceci est un chef-d’œuvre absolu :

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En bon citoyen toujours prêt à dénoncer les agents de Poutine, je fais remarquer à qui de droit qu’il y a en ce moment même, à la même Philharmonie de Moscou, un concert avec Boris Pinkhasovitch, de Saint-Pétersbourg, devenu baryton vedette de l’Opéra de Vienne et citoyen autrichien en 2023. Il chante les Wesendock Lieder de Wagner et les Rückert Lieder de Mahler, sous la direction d’Alexei Roubine. On espère qu’il sera sévèrement sanctionné à son retour à Vienne.

Elisabeth Leonskaja et Boris Pinkhasovitch sont manifestement arrivés à Moscou, venant de Vienne, en même temps. Le complot est évident.