Perseverare diabolicum

En ce jour de rentrée scolaire, Elisabeth Borne n’avait rien de mieux à dire que réitérer son appel à modifier la devise du fronton du Panthéon. « Je crois que c’est important de reconnaître aussi la place des femmes et de dire à toutes les jeunes filles qu’elles ont toute leur place dans notre société. »

L’idéologie woke du « dégenrage » (de la « dégenrisation » ?) nous fait donc régresser au niveau de cet évêque du deuxième concile de Mâcon, en 585, qui avait dit que la femme ne pouvait pas être appelée homme. La différence est que cet évêque était tout seul dans son délire, alors que c’est aujourd’hui l’idéologie officielle.

Voici comment saint Grégoire de Tours avait raconté cette anecdote que détourna ensuite la propagande laïcarde pour faire croire qu’il fut un temps où l’Eglise croyait que la femme n’avait pas d’âme…

« Il y eut dans ce synode un évêque qui disait que la femme ne pouvait pas être appelée “homme” (qui dicebat mulierem hominem non posse vocitari). Cependant il se tint tranquille lorsque les évêques lui eurent rendu raison, en alléguant le passage du Vieux Testament qui dit qu’au commencement, quand Dieu créa l’homme, il les créa mâle et femelle, et leur donna le nom d’Adam, ce qui veut dire homme de terre, appelant ainsi du même nom d’homo la femme et l’homme. D’ailleurs, Notre-Seigneur Jésus-Christ est aussi appelé le Fils de l’homme, parce qu’il est né de la sainte Vierge, qui est une femme. Lorsqu’il changea l’eau en vin, il lui dit : Femme, qu’y a-t-il entre toi et moi ? etc. Élucidée par beaucoup d’autres témoignages, cette question fut ainsi assoupie. »

Les Borne et compagnie ne descendent pas de l’homo sapiens sapiens mais de la femina stupida stupida.

De la férie

On fait mémoire de saint Gilles.

Bréviaire.

La Légende dorée.

Saint-Gilles-du-Gard.

L’étymologie.

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℟. Quæ sunt in corde hóminum, óculi tui vident, Dómine, et in libro tuo ómnia scribéntur : * Homo videt in fácie, Deus autem in corde.
℣. Omnia enim corda scrutátur, et univérsas méntium cogitatiónes intéllegit.
℟. Homo videt in fácie, Deus autem in corde.
℣. Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
℟. Homo videt in fácie, Deus autem in corde.

℟. Ce qu’il y a dans le cœur des hommes, vos yeux le voient, Seigneur, et dans votre livre tout sera écrit : * L’homme voit sur le visage, mais Dieu voit dans le cœur.
℣. Car tous les cœurs, il les scrute, et toutes les pensées des esprits, il les comprend.
℟. L’homme voit sur le visage, mais Dieu voit dans le cœur.
℣. Gloire au Père, au Fils, * et au Saint-Esprit
℟. L’homme voit sur le visage, mais Dieu voit dans le cœur.

Ce répons des matines fait partie des répons dits « de Sapientia », qui font écho aux lectures du bréviaire en août et septembre : les livres de la Sagesse. Mais ce répons ne cite aucun de ces livres. Il fait clairement allusion au psaume 138,16 et à 1 Samuel 16,7. Le verset est quant à lui une citation exacte de Chroniques 28,9 : cela fait partie des dernières recommandations de David à son fils Salomon. Au moyen âge le verset était le plus souvent la citation du psaume 138 : Imperfectum meum viderunt oculi tui et in libro tuo omnes scribentur. Tes yeux m’ont vu lorsque je n’étais pas encore formé, et dans ton livre tous sont inscrits.

A Saint-Pétersbourg

La divine liturgie était retransmise par TVSoyouz ce matin de l’« Académie spirituelle » de Saint-Pétersbourg. Célébrée par le recteur, l’évêque Silouane de Peterhof (vicaire du métropolite). Il s’agit de la « messe de rentrée ». Musicalement somptueuse, avec pas moins de trois chœurs (sans compter celui des prêtres) : un grand chœur de jeunes filles à la tribune, un chœur de séminaristes à droite du sanctuaire et un chœur mixte, d’étudiants et étudiantes de l’Académie, à gauche du sanctuaire.

L’Académie comprend deux facultés : une faculté de théologie et pastorale (le séminaire, réservé aux hommes), et une faculté d’arts ecclésiastiques : direction chorale et iconographie, ouverte aux femmes. La formation de chef de chœur dure quatre ans à temps plein (réservée aux internes) : on comprend mieux la qualité des chants des églises orthodoxes russes.

La doyenne de la faculté d’arts ecclésiastiques, vice-rectrice de l’Académie pour la culture, est la sœur du patriarche Cyrille, Elena Goundyaev. On l’aperçoit aller communier à 1h55, et à 2h20 (à gauche). Elle fut en 1977 l’une des quatre premières élèves de l’école de chef de chœur. Par ailleurs elle a créé dès 1990 une école paroissiale théologique pour enfants, et cofondé le lycée orthodoxe.

12e dimanche après la Pentecôte

Jéricho est la figure de ce monde où, chassé du paradis, c’est-à-dire de la Jérusalem céleste, Adam est descendu par la déchéance de sa prévarication, passant de la vie aux enfers. (…) Bien changé de l’Adam qui jouissait d’un bonheur sans trouble, dès qu’il se fut abaissé aux fautes du monde, il rencontra des larrons ; il ne les aurait pas rencontrés, s’il ne s’y était pas exposé en déviant du commandement céleste. Quels sont ces larrons, sinon les anges de la nuit et des ténèbres (…) ? Ils nous dépouillent d’abord des vêtements de grâce spirituelle que nous avons reçus, et c’est ainsi qu’ils ont coutume d’infliger des blessures : car si nous gardons intacts les vêtements que nous avons pris, nous ne pouvons sentir les coups des larrons. Prenez donc garde d’être d’abord dépouillé, comme Adam a d’abord été mis à nu, dépourvu de la protection du commandement céleste et dépouillé du vêtement de la foi : c’est ainsi qu’il a reçu la blessure mortelle à laquelle aurait succombé tout le genre humain, si le Samaritain n’était descendu pour guérir ses cruelles blessures.

(…) Donc ce Samaritain qui descendait – « Qui est descendu du ciel, sinon celui qui est monté au ciel, le Fils de l’homme, qui est au ciel ? » – voyant cet homme à demi mort, que personne jusque-là n’avait pu guérir (comme celle qui avait un flux de sang et avait dépensé toute sa fortune en médecins), s’est approché de lui, c’est-à-dire en acceptant de souffrir avec nous s’est fait notre proche et, en nous faisant miséricorde, notre voisin. (…)

Mais ce Samaritain n’avait pas le loisir de demeurer longtemps sur terre : il lui fallait retourner au lieu d’où il était descendu. Aussi le jour suivant – quel est cet autre jour ? Ne serait-ce pas celui de la résurrection du Seigneur, celui dont il est dit : Voici le jour que le Seigneur a fait ? – il tira deux deniers et les remit à l’hôtelier et il dit : prenez soin de lui. Qu’est-ce que ces deux deniers ? Peut-être les deux Testaments, qui portent empreinte sur eux l’effigie du Père éternel, et au prix desquels sont guéries nos blessures. (…)

L’hôtelier donc, c’est celui qui a dit : « Le Christ m’a envoyé prêcher l’évangile. » Les hôteliers sont ceux auxquels il est dit : « Allez dans le monde entier, et prêchez l’évangile à toute créature » ; et « quiconque croira et recevra le baptême sera sauvé » : oui, sauvé de la mort, sauvé de la blessure qu’ont infligée les larrons. (…)

Puis donc que nul n’est plus notre prochain que celui qui a guéri nos blessures, aimons-le comme Seigneur, aimons-le aussi comme proche : car rien n’est si proche que la tête pour les membres. Aimons aussi celui qui imite le Christ ; aimons celui qui compatit à l’indigence d’autrui de par l’unité du corps. Ce n’est pas la parenté qui rend proche, mais la miséricorde ; car la miséricorde est conforme à la nature : il n’est rien de si conforme à la nature que d’aider celui qui participe à notre nature.

Extraits du traité de saint Ambroise sur l’Evangile de Luc, traduction Sources chrétiennes, Cerf.

*

L’introït.

Le graduel.

L’alléluia.

L’offertoire.

La communion.

Le monastère Saint-Nicolas d’Ougrech

La divine liturgie était retransmise ce matin par TVSoyouz depuis la cathédrale du monastère Saint-Nicolas d’Ougrech, dans la banlieue sud de Moscou. Parce que c’est aujourd’hui la fête de saint Pimène d’Ougrech, qui releva le monastère au milieu du XIXe siècle, y construisit cinq églises et posa la première pierre de la cathédrale peu avant sa mort. L’abbé Pimène a été canonisé en 2000. C’est donc cette année le 25e anniversaire de sa canonisation, et aussi le 145e anniversaire de sa mort, et le 425e anniversaire de la fondation du monastère. Les lieux ont été dévastés pendant la période bolchevique. L’impressionnante cathédrale a été reconstruite à l’identique entre 2006 et 2009. Pimène voulait que les fidèles venant de Moscou aient l’impression d’arriver à Jérusalem. D’où le mur qu’il fit construire, sur le modèle des murs de Jérusalem tels qu’on le voit sur les icônes. Ce mur a été soigneusement restauré.

Le laïc qu’on voit à la fin, qui dit quelques mots et reçoit une prosphore bénie, est Arkadi Gostev, le directeur du Service fédéral pénitentiaire de Russie (sous sanctions occidentales pour avoir maintenu en prison Navalny). Parce que le service pénitentiaire a largement contribué à l’édification d’une église dans l’enceinte du monastère en l’honneur du saint abbé Pimène, en 2022. Et en 2024 Pimène a été nommé saint patron des employés du système pénitentiaire de Russie.