Le deal…

Scott Bessent, le ministre américain des Finances, a expliqué que les Etats-Unis vendent des armes aux pays de l’UE avec une marge de 10%, et que ces armes sont ensuite transférées en Ukraine.

Il répondait à la question d’un journaliste de Fox News lui demandant si les États-Unis allaient engager des dépenses pour assurer la couverture aérienne de l’Ukraine dans le cadre des garanties de sécurité et si ces coûts seraient à la charge des contribuables.

Ils sont en effet à la charge des contribuables, mais européens, et avec 10% de plus…

En Russie, même le rap est national et chrétien

Le rappeur MACAN, 23 ans, très célèbre en Russie, a sorti le mois dernier son sixième album. Sur scène, il manifeste son patriotisme (première vidéo : Gloire à la Russie) et sa foi (deuxième vidéo : « Seigneur, que ta sainte volonté soit faite »).

Les inscriptions sur les vidéos :

« Alors que je pensais assister à un concert de MACAN, je me suis retrouvé à une fête patriotique. »

« Le moment où le respect pour MACAN a atteint des sommets. »

Saint Bernard

Jam Regina discubuit,
Sedens post Unigenitum :
Nardus odorem tribuit
Bernardus, tradens spiritum.

La reine vient de prendre place, s’asseyant après le Fils unique ; Bernard apporte le parfum de nard, en rendant l’esprit.

Dulcis Reginæ gustui
Fructus sui suavitas :
Dulcis ejus olfactui
Nardi Bernardi sanctitas.

Douce, au palais de la Reine, est la suavité de son fruit ; doux est à ses narines la sainteté du nard de Bernard.

Cum esset in accubitu,
Fructus saporis intulit.
Cum esset in occubitu,
Nardus odorem obtulit.

Comme elle était sur le lit, elle apporta des fruits savoureux ; comme il était à la mort, il offrit l’odeur du nard.

Ille dulcis accubitus,
Propter saporem gloriae,
Iste dulcis occubitus
Propter odorem gratiae.

Là le doux repos, à la saveur de la gloire ; ici le doux trépas, à l’odeur de la grâce.

Venit Sponsa de Libano
Coronanda divinitus,
Ut Bernardus de clibano
Veniret sancti Spiritus.

L’Epouse vient du Liban pour être divinement couronnée, de sorte que Bernard puisse venir du fournil du Saint-Esprit.

Quæ est ista progrediens
Velut aurora rutilans ?
Quis est iste transiliens
Colles, Sanctis conjubilans ?

Qui est celle-ci qui s’avance comme l’aurore rougeoyante ? Qui est celui-ci qui franchit les collines, jubilant avec les saints ?

Hæc gloria terribilis
Sicut castrorum acies :
Hic gratia mirabilis
Ut Assueri facies.

Celle-ci est terrible dans sa gloire, comme une armée en ordre de bataille ; celui-là est admirable de grâce, comme le visage d’Assuérus.

Ora pro nobis Dominum,
Prædulcis fumi virgula :
Inclina Patrem luminum,
Pastor ardens ut facula.

Prie pour nous le Seigneur, très douce et légère fumée ; fais que s’incline vers nous le Père des lumières, pasteur ardent comme une torche.

Sit Trinitati Gloria,
Per quam triumphus Virginis,
Et Bernardi felicitas
Manent in cæli curia. Amen.

Gloire soit à la Trinité, par laquelle le triomphe de la Vierge, et la félicité de Bernard, demeurent à la cour céleste. Amen.

Cette hymne de la fête de saint Bernard a été composée peu après sa mort. J’en donne ici la version complète, chantée dans la vidéo par Giovanni Vianini (avec les strophes Cum esset et Ille dulcis qui ne figurent pas dans le bréviaire monastique). C’est un admirable poème, tout tissé du Cantique des cantiques, qui renvoie à la fois à la liturgie de l’Assomption et aux 86 Sermons sur le Cantique de saint Bernard. L’hymne montre que la fête de saint Bernard est étroitement liée à l’Assomption. Elle a lieu au sixième jour de l’octave, et c’est effectivement ce jour qu’est mort saint Bernard, qui avait prononcé quatre prodigieuses homélies pour la fête de l’Assomption, et une autre pour le dimanche dans l’octave… que Pie XII a supprimée.

Dmitriev

Kirill Dmitriev, PDG du Fonds d’investissement russe, et devenu l’un des principaux négociateurs de Poutine dans le conflit ukrainien (il était à Anchorage où il a rencontré un ours : bon présage, avait-il dit en publiant la vidéo), a publié sur Instagram la fameuse photo en noir et blanc de Trump et Zelensky devant la carte de l’Ukraine qui trônait hier dans le bureau ovale pour bien montrer ce que les Russes contrôlent, et la même photo façon Simpson… « Quelle photo est la meilleure ? »

Petit rappel

Sur cette vidéo on voit Zelensky en 2014. A cette époque il ne parle que russe et il a joué dans six films en russe dont deux produits en Russie. Le dernier peu avant ce discours. « Nous lisons les mêmes livres », disait-il. En 2023 il s’est vanté d’avoir détruit 11 millions de livres pour la seule raison qu’ils étaient écrits en russe. A l’époque il voulait que tout le monde parle russe, aujourd’hui la langue russe est interdite dans l’espace public…

« Je ne vais pas être populiste, donc je veux vous dire que je ne suis pas un de ces camarades qui disent : bon, si vous le demandez, je vais faire de la politique. Je ne crois pas être digne de cet honneur, je ne crois pas que je sois assez sage pour avoir cette position. Je pense que ce pays mérite un candidat sérieux.

« Un point très important : je veux que nous parlions tous exactement la même langue, celle que nous parlons maintenant. Exactement la même langue, pour nous comprendre les uns les autres.

« Vous comprenez que nous ne pouvons pas être contre le peuple russe : par principe, parce que nous sommes un seul et même peuple. Je me suis consacré depuis longtemps à cela. C’est important. Notre position est que nous sommes ukrainiens, nous vivons ici. Comprenez-vous ? Ceci est notre pays. Nous aimons le peuple russe. La nation russe, plus précisément, sa multinationalité. Comprenez-vous ? Nous les respectons beaucoup. Nous avons des milliers de collègues que nous respectons, il y a de grands acteurs en Russie, dont nous ne sommes pas dignes aujourd’hui. Je crois que nous n’avons pas encore atteint ce niveau. Comment pourrions-nous ne pas les aimer ? Nous ne sommes pas idiots, nous sommes des gens convenables, nous lisons les mêmes livres, comment aurions-nous cette stupidité ? »

*

Le 17 août, lors d’un match de ligue 1 de football féminin dans la région de Kiev, l’arbitre Anastasia Romanyouk a délivré un carton jaune à une joueuse d’Odessa, Irina Maiborodina, pour la seule raison qu’elle avait parlé russe (la langue qu’on parle à Odessa).

« Nous ne parlons pas la langue de la Russie ici. C’est le championnat d’Ukraine », a-t-elle crié de façon à être entendue par tout le stade, et elle a été applaudie.