Quinquagésime

Le trait, par les moines de Ligugé en 1959.

Jubiláte Deo, omnis terra: servíte Dómino in lætítia,
℣. Intráte in conspéctu ejus in exsultatióne: scitóte, quod Dóminus ipse est Deus.
℣. Ipse fecit nos, et non ipsi nos: nos autem pópulus ejus, et oves páscuæ ejus.

Jubilez en Dieu, toute la terre : servez le Seigneur dans la joie.
℣. Entrez en sa présence avec allégresse ; sachez que c’est le Seigneur qui est Dieu.
℣. C’est lui qui nous a faits et nous pas nous-mêmes ; mais nous sommes son peuple et les brebis de son pâturage.

Ce chant, au milieu de la saison de pré-carême, est comme un souffle du matin de Pâques ; on pourrait presque la trouver trop jubilatoire. Mais la Sainte Mère Église sait pourquoi elle nous demande de chanter cet air aujourd’hui : même maintenant, nous devons nous réjouir des grâces qui nous ont été accordées par la Rédemption ; même maintenant, nous devons remercier le Bon Berger de nous avoir fait entrer dans son bercail. Ici encore, comme dans le Graduel, nous reconnaissons qu’Il est Dieu. Seul l’amour divin pouvait pousser à sacrifier sa vie pour le bien des brebis ; ni nous, ni aucune puissance sur terre n’aurions pu faire de nous des enfants de Dieu : Ipse fecit nos.
Dom Dominic Johner

A noter que ce trait de jubilation commence sur la même mélodie que celui de la Septuagésime De profundis clamavi, et utilise ensuite les mêmes formules : ambivalence du plain chant, particulièrement des mélodies stéréotypées des traits.

On note aussi que le missel a Jubilate Deo, alors que le chant a Jubilate Domino. Et qu’ensuite l’un et l’autre ont intrate au lieu de introite dans la Vulgate, et quod au lieu de quoniam : le texte est celui du psautier romain. Pour le début, l’auteur du chant a pu être influencé par saint Augustin, qui dit Jubilate Domino, conformément au texte grec de ce psaume 99.

De la Sainte Vierge le samedi

Duccio, vers 1300. Metropolitan Museum, New York.

Mater Jesu, inquit Evangelísta, conservábat ómnia verba hæc in corde suo. Imitémur et nos, fratres mei, piam Dómini Matrem, ipsi quoque ómnia verba et facta Dómini ac Salvatóris nostri fixo in corde conservándo. Horum Dómini verbórum et actórum meditatióne diúrna et noctúrna importúnos inánium nocentiúmque cogitatiónum repellámus incúrsus : horum crebra collatióne et nos et próximos nostros a fábulis supervácuis et male dulcorátis detractiónum collóquiis castigáre, atque ad divínæ frequéntiam laudis accédere curémus. Discámus ergo sanctæ Vírginis in ómnibus castitátem, quæ non minus ore pudíca, quam córpore, arguménta fídei conservábat in corde.

« La mère de Jésus, dit l’évangéliste, gardait toutes ces paroles en son cœur. » Imitons, nous aussi, la douce Mère du Seigneur, mes frères, en gardant fixés dans notre cœur toutes les paroles et les actes de notre Seigneur et Sauveur. Repoussons les attaques importunes des pensées vaines et nuisibles en méditant jour et nuit ces paroles et ces actes du Seigneur. Par leur fréquent rappel, veillons à nous corriger, nous et nos proches, des bavardages superflus ainsi que des propos aigres-doux de la médisance et à parvenir à une habituelle louange de Dieu. Apprenons donc quelle fut en toute circonstance la chasteté de la sainte Vierge. Non moins pudique de bouche que de corps, elle garde en son cœur ce qui nourrit sa foi.
Saint Bède le Vénérable, leçon des matines.

Le texte est un extrait de l’homélie de saint Bède pour le 1er dimanche après l’Epiphanie. Les deux dernières phrases viennent de son commentaire sur saint Luc, et sont en fait une citation de saint Ambroise.

Le « Cercle de bonté »

Vladimir Poutine a reçu aujourd’hui l’archiprêtre Alexandre Tkatchenko, président du « Cercle de bonté », fonds de soutien aux enfants atteints de maladies graves et rares. Ce fonds a été créé il y a cinq ans sur demande de Vladimir Poutine, qui veille à ce qu’il bénéficie du budget fédéral (15 milliards de roubles dans le budget actuel). L’icône que le prêtre offre à Poutine est celle de l’icône de la Mère de Dieu Guérisseuse. Le patriarche Cyrille a décidé d’offrir cette icône à tous les parents d’enfants gravement malades, et il a fait composer un office spécial, qui est dit le 1er octobre dans toutes les églises. Le prêtre dit que la fondation reçoit de nombreuses lettres de remerciements, car elle guérit de très nombreux enfants grâce souvent à des traitements innovants, et il cite celle d’une fille de Lougansk, orpheline, atteinte d’amyotrophie spinale. « Grâce au fonds, elle a pu se faire soigner et terminer ses études à Moscou, trouver une nouvelle famille, s’inscrire à la faculté de journalisme de l’université Plekhanov et apprendre à conduire. » (Voilà donc encore un pauvre enfant ukrainien qui a été kidnappé par les Russes…)

On trouvera ci-après l’intégralité de l’échange, tel que publié par le site du Kremlin.

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Vous pouvez continuer à fumer…

Le premier ministre slovaque Robert Fico a réagi hier dans une vidéo à l’accord de coalition néerlandais qui stipule que les Pays-Bas feront pression pour simplifier la procédure de l’article 7 de l’UE afin de faciliter le retrait des droits de vote des pays qui « sapent activement l’Europe », tels que la Hongrie et la Slovaquie :

« Vous pouvez continuer à fumer de la marijuana et reconnaître 70 genres. C’est votre affaire. Mais menacer un autre pays de sanctions pour sa souveraineté et sa légitimité, c’est franchir une ligne rouge. »

(En octobre, le Parlement néerlandais avait demandé que des poursuites soient engagées contre la Slovaquie au sujet de l’amendement constitutionnel définissant deux seuls genres, interdisant l’adoption par des couples de même sexe et affirmant la primauté du droit national sur le droit européen dans les domaines liés à l’identité nationale et aux questions culturelles et éthiques. Le mois suivant, la Commission européenne avait ouvert une procédure d’infraction contre la Slovaquie.)

Pénurie de volontaires

Sur le plan politique on peut faire une « coalition des volontaires » qui s’engagent à dépenser toujours plus d’argent de leurs contribuables afin de le jeter dans le trou sans fond de l’Ukraine.

Mais quand il s’agit de trouver des volontaires pour préparer la guerre fantasmatique contre la Russie, on ne trouve plus personne, ou presque.

Ainsi en juin 2023 le ministre allemand de la Défense avait annoncé la création d’une brigade qui irait se positionner en Lituanie en 2027. Mais le projet est abandonné, parce que « le nombre de candidatures de volontaires est insuffisant ».

Des problèmes de sous-effectif ont notamment été signalés par le 122e bataillon d’infanterie mécanisée et le 203e bataillon de chars, qui devaient constituer l’épine dorsale de la force allemande en Lituanie.  À ce jour, seuls 197 militaires se sont portés volontaires pour rejoindre le 203e bataillon de chars, soit moins de la moitié du nombre requis (414). Le 122e bataillon d’infanterie mécanisée n’a réussi à recruter que 181 des 640 soldats requis.

Une enquête menée au sein des forces armées allemandes concernant le recrutement de la « force de frappe principale » de la brigade (artillerie, reconnaissance, équipes de déminage et unités auxiliaires) montre que seuls 209 militaires ont postulé pour 1.971 postes vacants, soit moins de 10%.