La Russie et la Géorgie

Propos de Mikhaïl Galouzine, vice-ministre russe des Affaires étrangères, en marge de la conférence Russie-Ouzbékistan organisée par le Club de discussion Valdaï et l’Institut d’études stratégiques et interrégionales auprès du président ouzbek :

« Nous prendrons autant de mesures que Tbilissi sera prête à prendre pour normaliser nos relations. Nous sommes convaincus que, malgré les difficultés politiques actuelles [il n’y a pas de relations diplomatiques entre les deux pays], nous développerons nos relations bilatérales dans les domaines d’intérêt et de coopération mutuels. Les relations bilatérales entre la Russie et la Géorgie se développent activement dans les domaines de l’économie, des transports et du tourisme. Par conséquent, nous espérons que malgré toutes les difficultés sur le plan politique, la Géorgie souhaite également nouer des relations constructives avec la Russie. »

Le vice-ministre a rappelé la visite de Mikhaïl Chvydkoï, envoyé spécial du président russe pour la coopération culturelle internationale, aux obsèques du patriarche Elie II :

« Nous rendons hommage au défunt Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie. Il était un véritable chef religieux national, promoteur des valeurs traditionnelles, du christianisme orthodoxe et de l’Église orthodoxe unie. Il jouissait d’une grande renommée internationale. M. Chvydkoï a présenté ses condoléances au clergé et au peuple géorgiens. Il s’agit là, bien sûr, d’une manifestation de l’unité culturelle, historique et spirituelle des peuples russe et géorgien. Nous partageons des valeurs fondamentales communes. »

Les icônes dans les tribunaux

La Cour européenne des droits de l’homme examine en ce moment la plainte de l’« Union athée de Grèce » qui conteste la présence d’icônes dans les salles d’audience. Les tribunaux grecs ont rejeté la demande, d’où le recours à la CEDH. Laquelle a donc jugé la requête recevable, ce qui est assez curieux quand on se rappelle qu’elle avait rejeté la plainte de parents athées concernant la présence de crucifix dans les salles de classe de l’école publique en Italie.

Les évêques orthodoxes de Crète viennent de publier un bon texte à ce sujet :

Le Saint Synode provincial de l’Église de Crète, à la suite du débat qui s’est récemment développé concernant la présence d’icônes sacrées et de symboles chrétiens dans la vie publique, juge nécessaire de rappeler que, dans l’Église orthodoxe, l’icône sacrée n’est pas simplement un symbole religieux ou seulement une œuvre d’art, mais qu’elle est liée à la foi même de l’Église, selon laquelle Dieu s’est fait homme et s’est manifesté au monde.

C’est pourquoi l’Église honore les icônes du Christ, de la Vierge Marie et des saints, non pas en tant que matière, mais en signe d’hommage aux personnes représentées, conformément à l’enseignement du 7e Concile œcuménique selon lequel : « l’honneur rendu à l’icône rejaillit sur l’original ». L’icône rappelle que la grâce de Dieu sanctifie tout, la matière et l’ensemble de la création.

En Crète, dans le reste de la Grèce et dans tout le monde orthodoxe, les icônes constituent un élément concret d’expression de la foi, de la vie et de la culture, des réalités qui ont donné un sens à notre peuple. Les symboles sont le langage d’une culture, et dans le cas de l’expérience orthodoxe, ils constituent des principes spirituels incarnés, à travers lesquels les hommes communiquent avec Dieu et découvrent leur histoire et leurs racines.

Devant les icônes, les hommes de toutes les époques prient, laissent derrière eux leur angoisse et leur douleur, espèrent et trouvent du réconfort. L’iconographie byzantine, comme par exemple l’école crétoise d’iconographie et ses créateurs tels que Théophane le Crétois, Domenikos Theotokopoulos (El Greco) et tant d’autres, constituent notre héritage inestimable, mais aussi une partie de la culture européenne.

L’Église orthodoxe respecte pleinement la liberté de conscience de chaque individu et ne cherche pas à imposer la foi, qui est toujours proposée librement.

La présence d’icônes dans l’espace public ne restreint la liberté de personne, elle est l’expression de l’histoire, de la tradition et de l’identité spirituelle de notre peuple.

À une époque de matérialisme et de relativisme spirituel, où beaucoup de gens ont le sentiment de perdre leurs repères et le sens de la vie, les visages du Christ, de la Vierge Marie et des Saints, représentés dans les icônes, rappellent que l’homme ne vit pas sans racines, mais au sein d’une foi vivante, au sein d’une culture qui s’est forgée au fil des siècles et qui continue d’éclairer le chemin de notre vie.

Mercredi saint

Le verset de l’introït et les textes du trait, de l’offertoire et de la communion sont pris du psaume 101.

Introït

In nómine Jesu omne genu flectátur, cœléstium, terréstrium et infernórum: quia Dóminus factus est obœ́diens usque ad mortem, mortem autem crucis : ideo Dóminus Jesus Christus in glória est Dei Patris.
Dómine, exáudi oratiónem meam : et clamor meus ad te véniat.

Qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers ; car le Seigneur s’est fait obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix : c’est pourquoi le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père. (Philippiens 10)
Seigneur, écoutez ma prière, et que mon cri parvienne jusqu’à vous.

Graduel

Ne avértas fáciem tuam a púero tuo, quóniam tríbulor : velóciter exáudi me. ℣. Salvum me fac, Deus, quóniam intravérunt aquæ usque ad ánimam meam : infíxus sum in limo profúndi, et non est substántia.

Ne cachez pas votre face à votre serviteur, parce que je suis dans l’angoisse : vite, exaucez-moi. ℣. Sauvez-moi, mon Dieu, les eaux me montent à la gorge ; je suis enlisé dans la fange du gouffre, et rien de solide où poser le pied. (psaume 68)

Trait

Dómine, exáudi oratiónem meam, et clamor meus ad te véniat. ℣. Ne avértas fáciem tuam a me : in quacúmque die tríbulor, inclína ad me aurem tuam. ℣. In quacúmque die invocávero te, velóciter exáudi me. ℣. Quia defecérunt sicut fumus dies mei : et ossa mea sicut in frixório confríxa sunt. ℣. Percússus sum sicut fænum, et áruit cor meum : quia oblítus sum manducáre panem meum. ℣. Tu exsúrgens, Dómine, miseréberis Sion : quia venit tempus miseréndi ejus.

Seigneur, écoutez ma prière et que mon cri parvienne jusqu’à vous. ℣. Ne me cachez pas votre face au jour de ma détresse ; inclinez vers moi votre oreille. ℣. Au jour où je vous invoque, vite, exaucez-moi. ℣. Car mes jours se consument en fumée ; mes os brûlent comme un brasier. ℣. Comme l’herbe mon cœur se dessèche, j’en oublie de manger mon pain. ℣. Dressez-vous, Seigneur, prenez en pitié Sion ; le temps est venu de lui faire grâce.

Offertoire

Dómine, exáudi oratiónem meam, et clamor meus ad te pervéniat : ne avértas fáciem tuam a me.

Seigneur, écoutez ma prière et que mon cri parvienne jusqu’à vous : Ne me cachez pas votre face.

Communion

Potum meum cum fletu temperábam : quia élevans allisísti me:  et ego sicut fænum árui : tu autem, Dómine, in ætérnum pérmanes : tu exsúrgens miseréberis Sion, quia venit tempus miseréndi ejus.

J’avale mes larmes avec mon pain, car vous m’avez soulevé et jeté au loin. Je me dessèche comme l’herbe, mais vous, Seigneur, vous trônez à jamais. Dressez-vous, Seigneur, prenez en pitié Sion ; le temps est venu de lui faire grâce.

Bartholomée et la Géorgie

Le Service des Renseignements extérieurs de la Fédération de Russie indique que, selon ses informations, le patriarche de Constantinople Bartholomée souhaite placer l’Église orthodoxe géorgienne (EOG) sous son influence, profitant du décès du Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie, Elie II. « Il souhaite promouvoir au poste vacant un représentant de l’EOG sur lequel il pourrait s’appuyer. Bartholomée envisage comme candidats à ce poste le métropolite d’Europe occidentale Abraham (Garmelia) et le métropolite de Potis et de Khob Grigori (Berbichashvili). Dans son entourage immédiat, il les présente comme les exécutants les plus aptes à accomplir sa volonté. »

Comme je l’ai signalé, les obsèques d’Elie II, présidées par Bartholomée, ont été une vraie claque pour lui. Car une délégation d’évêques de l’Eglise orthodoxe ukrainienne avait été invitée, mais il n’y avait aucun représentant de l’Eglise du pouvoir ukrainien fabriquée par Bartholomée et Porochenko en 2018, et considérée par le patriarche de Constantinople comme la seule Eglise orthodoxe en Ukraine.

Cette délégation ukrainienne a ensuite été reçue officiellement par les dirigeants de l’Eglise géorgienne (ainsi que la délégation russe).

Le patriarche par intérim, nommé par le patriarche Elie dès 2017, est le métropolite Shio Mujiri. Il est considéré comme le successeur naturel d’Elie II. Mais il est considéré comme « pro-russe ». C’est pourquoi Bartholomée veut absolument que soit élu un candidat selon ses vœux…

(Le métropolite Shio avait fait parler de lui dans nos gazettes en 2021, quand la marche LGBT de Tbilissi avait été attaquée par des contre-manifestants. Il avait juste dit que pour éviter les violences il serait bon de « proscrire toute insulte à la religion et aux sentiments nationaux »…)

L’apartheid assumé

Les députés israéliens ont définitivement adopté en troisième lecture le projet de loi prévoyant que toute personne « qui cause intentionnellement la mort d’une (autre) dans le but de porter atteinte à un citoyen ou résident israélien, avec l’intention de mettre fin à l’existence de l’État d’Israël, sera condamnée à mort ou à la prison à perpétuité. », et précise que pour les Palestiniens de Cisjordanie la peine capitale est la sanction par défaut si l’homicide est qualifié de « terroriste », ce qui sera automatique puisque tous les Palestiniens sont qualifiés de « terroristes ».

« Israël » est le seul Etat au monde où le code pénal cible explicitement une ethnie.

Depuis décembre, le ministre Ben Gvir et les autres fous furieux de son parti arboraient cet élégant pin’s…

(Au fait, cela fait maintenant bien longtemps qu’on n’a pas vu son alter ego Smotrich, et ils ne sont pas du genre à rester discrets…)