Vendredi saint

Le 5e répons des matines.

℟. Ténebræ factæ sunt, dum crucifixíssent Jesum Judǽi: et circa horam nonam exclamávit Jesus voce magna : Deus meus, ut quid me dereliquísti ? * Et inclináto cápite, emísit spíritum.
℣. Exclámans Jesus voce magna, ait : Pater, in manus tuas comméndo spíritum meum.
℟. Et inclináto cápite, emísit spíritum.

℟. Les ténèbres se firent quand les Juifs eurent crucifié Jésus. Et, vers la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : Mon Dieu, pourquoi M’avez-Vous abandonné ? * Et, ayant incliné la tête, Il rendit l’esprit.
℣. Jésus, criant d’une voix forte, dit : Mon Père, en Vos mains, Je remets Mon esprit.
℟. Et, ayant incliné la tête, Il rendit l’esprit.

Orban encore face à Bruxelles

La Hongrie a reçu une nouvelle lettre de menace de la part de la Commission européenne, exigeant que le carburant ne soit pas vendu moins cher aux Hongrois qu’aux étrangers — alors même que le pays est confronté à une crise énergétique et à des pressions extérieures.

Nous, Hongrois, ne pouvons accepter que, dans une telle situation, la Commission nous attaque au lieu de nous aider. La Hongrie est confrontée à la fois à un blocus pétrolier ukrainien et à une crise énergétique mondiale imminente. Nous ne laisserons pas les familles hongroises payer le prix du chantage ukrainien. C’est pourquoi, aujourd’hui, Viktor Orban a informé le président de la Commission que la Hongrie maintiendrait le système de prix protégés pour les carburants. Ces prix protégés resteront réservés aux familles hongroises, aux entreprises hongroises et aux agriculteurs hongrois.

L’Europe doit rester une union de nations, et non un empire dirigé depuis Bruxelles.

Pour nous, la Hongrie passe avant tout.

La bonne nouvelle pour le parti d’Orban est qu’il s’avère que c’est le chef de l’opposition Peter Magyar qui a dénoncé cette « discrimination » à Bruxelles… Ce qui ne risque pas d’être populaire à dix jours des élections. (Balazs Orban est le « directeur politique du Premier ministre » – sans lien de parenté avec lui.)

La Chine vend du gaz…

Au cours des trois premiers mois de l’année, la Chine a vendu 1,31 million de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL), nettement plus que pendant toute l’année dernière (et les années précédentes). Soit le contenu de 19 cargos. Au seul mois de mars elle a vendu le contenu de 8 à 10 cargos, remarque l’agence Reuters.

Or la Chine est le plus gros client du Qatar. Et le Qatar ne livre plus de GNL depuis le début de la guerre contre l’Iran.

Le gaz que vend la Chine est donc du gaz russe. Il est vendu à des pays, au premier chef la Corée du Sud, qui affirment appliquer les sanctions internationales contre la Russie… Et à cause de la guerre américaine (grâce à la guerre, disent les Russes et les Chinois…), le prix du GNL a augmenté de 85%…

(Le paradoxe est aussi que la hausse du pétrole fait gagner à la Russie sous sanctions plus de 50 milliards de dollars. Les sanctions, ça marche de mieux en mieux… Quant à l’Iran, selon The Economist, ses exportations de pétrole, qui continuent notamment vers la Chine, lui font gagner deux fois plus d’argent qu’avant la guerre…)

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Quant aux importations de GNL russe par l’Union européenne, elles ont atteint 6,8 milliards de mètres-cubes entre janvier et mars, contre 5,7 milliards entre janvier et mars de l’an dernier. Pour le seul mois de mars c’est 2,46 milliards : un record absolu. Et c’est aussi un record absolu d’hypocrisie.

Décalage obscène

Les États-Unis exhortent l’Espagne à enquêter sur l’euthanasie de Noelia, 25 ans. (Le dernier argument, après deux ans de procédure, était qu’on ne pouvait pas reporter son exécution parce qu’un « compromis » avait été signé pour ses organes….)

« Il est impératif que les autorités enquêtent sur cette affaire tragique », a déclaré Riley Barnes, secrétaire d’État adjoint américain aux Droits de l’homme. « Chaque vie est sacrée. On a laissé tomber Noelia. Nous ne pouvons pas nous permettre de la laisser tomber une nouvelle fois. »

Chaque vie est sacrée… On retrouve là les accents pro-vie de la politique de Donald Trump. Mais cela est quelque peu décalé, et devient même obscène, au moment où l’armée américaine tue des milliers d’innocents en Iran, après avoir aidé à tuer des dizaines de milliers d’innocents à Gaza.

L’imam Nunez

Le discours du ministre de l’Intérieur le 12 mars lors de « l’Iftar des ambassadeurs » à la Grande Mosquée de Paris était passé inaperçu, dans le flot de l’actualité qui passe… Un passage vient d’émerger sur les réseaux sociaux. Le ministre se prononce en faveur du voile pour les fillettes (ce en quoi l’imam Nunez est plus islamiste que la grande majorité des théologiens musulmans), et pour une diffusion toujours plus grande de l’islam, de même que le président de la République est lui aussi attaché à « développer » (sic) l’islam en France. (« Mon cher Chems », que tutoie le ministre, est le recteur algérien de la Grande Mosquée.)

« La France ne doit pas perdre en chemin ses enfants et elle ne doit perdre en chemin aucun de ses enfants parce qu’ils se seraient sentis stigmatisés ou blessés. C’est ce qui justifie d’ailleurs ma position sur l’interdiction du port du voile sur l’espace public par les mineurs. Je ne serai pas celui qui ira expliquer à des enfants qu’en portant le voile, elles menacent le vivre ensemble républicain. Je ne le ferai pas parce que je n’y crois pas et parce qu’une telle mesure ne ferait en réalité que détourner l’attention de la vraie menace. C’est une proposition qui, à mon sens, décrédibiliserait le vrai combat donné contre l’islam politique qui, lui, lui, est essentiel. C’est également ce qui justifie et justifiera que je pousse et défende, comme ministre des cultes, toute initiative qui puisse contribuer à mieux faire connaître l’islam. Et tu sais, mon cher Chems, combien le président de la République est attaché à développer et à mieux faire connaître l’islam. »