Douguine

Alexandre Douguine vient de publier ce tweet :

Nous devons restaurer la transcendance dans l’être. C’est l’âge d’or. Il s’agit du Royaume de Dieu.

Puis juste après il a publié cette photo :

Puis il a publié cette longue interview, par la journaliste ukrainienne réfugiée en Russie Diana Pantchenko. Facile à suivre si l’on comprend un peu l’anglais. Elle commence ainsi :

Pourquoi haïssez-vous les Ukrainiens ?

D’abord, pour être honnête, j’ai des raisons légitimes pour cela. Les Ukrainiens sont devenus un Etat terroriste, qui ont tué ma fille. Mais dans le même temps je dois dire que je ne les hais pas. Parce que pour nous, haïr les Ukrainiens signifie nous haïr nous-mêmes, haïr une partie de notre peuple, de notre histoire, de notre culture… Notre relation avec l’Ukraine n’est pas symétrique. Il n’y a pas deux nations qui se combattent, c’est un plus grand tout et une partie de ce tout. Quand une partie s’élève contre le tout, si une main se rebelle contre le reste du corps, et refuse d’écouter l’autre main, ou le cerveau, ou de considérer les autres organes, c’est toujours votre main, vous ne pouvez pas dire : mauvaise main je vais te couper parce que tu n’écoutes pas le cerveau, vous pouvez en être tenté mais vous vous mutileriez vous-même, et vous ne seriez plus vous-même. Nous les Russes ne sommes pas vraiment sur un pied d’égalité avec les Ukrainiens. Les Ukrainiens nous haïssent mais nous ne les haïssons pas, parce qu’ils sont une partie de nous et que nous sommes une partie d’eux, d’une certaine façon. Nous sommes un seul organisme, entremêlé. Comment pouvons-nous dire ce qui appartient à qui ? Et malgré cette terrible guerre entre nous, ce conflit, la folie qui a saisi une partie de notre peuple, une personne russe, même la plus patriote, ne peut pas se sentir bien à propos de la défaite des Ukrainiens. Ce n’est pas conquérir un autre territoire, c’est conquérir une partie de nous qui s’est égarée. (…)

Kiev est notre capitale, le berceau de l’Etat russe. Nous sommes tous kiéviens, de la Rus’, russes. (…) A un moment nous avons transféré la principauté plus à l’est, à Vladimir, puis à Moscou. Mais nous faisons partie de cet Etat kiévien. Et les gens qui vivent sur la rive droite du Dniepr sont les mêmes Russes que nous, ce sont ceux qui sont restés là-bas.

« Adam était assis »

Le dernier dimanche avant le Carême dans la liturgie byzantine (c’était dimanche dernier) a divers noms. Les grecs l’appellent dimanche de la tyrophagie ou dimanche des laitages, parce que c’est le dernier jour où il est permis de manger du fromage et autres aliments à base de lait. Les Russes l’appellent dimanche du pardon, en raison du rite du pardon qui se déroule à la fin des vêpres, ou surtout « dimanche de l’expulsion d’Adam et Ève du Paradis ». Aux vêpres on chante le stichère de la déploration d’Adam chassé du paradis. Le voici par les moniales du monastère Sainte-Elisabeth de Minsk, qui l’ont mis en ligne hier, avec la partition qui comporte l’indication « chant du monastère de Valaam ».

Adam était assis en face du Paradis et se lamentait éploré sur son dépouillement – Hélas, je suis séduit et trompé par le mensonge du mal, je suis éloigné de la gloire – Hélas, j’étais nu dans la simplicité, maintenant je suis dénué de tout – Ô Paradis, jamais plus je ne jouirai de tes délices – jamais plus je ne verrai le Seigneur mon Dieu et mon Créateur – je retournerai à la terre d’où j’ai été pris – Compatissant, Miséricordieux, je T’appelle – Aie pitié de moi, qui suis tombé.

Les sanctions, ça marche

Le nombre de particuliers ayant des comptes de courtage à la Bourse de Moscou (MOEX) a augmenté de 471.000 en février pour atteindre 35,98 millions, avec l’ouverture de 66,33 millions de comptes, a indiqué le service de presse de la bourse.

En février, 3,86 millions de personnes ont effectué des transactions, tandis que les investissements des particuliers en obligations ont atteint un record de 224,7 milliards de roubles (2,5 milliards de dollars), selon la bourse.

Ils gardent leur cathédrale jour et nuit

Hier, les paroissiens de la cathédrale du Saint-Esprit de l’Eglise orthodoxe ukrainienne de Tchernivtsi ont fait une grande procession autour du sanctuaire pour marquer les 15 jours de leur occupation des lieux pour empêcher les sbires du pouvoir de s’en emparer.

Le 16 février, la cathédrale était soi-disant « transférée » à l’Eglise du pouvoir. Mais pendant ce temps-là 4.506 fidèles, à l’intérieur de la cathédrale, manifestaient leur volonté de rester dans l’Eglise orthodoxe ukrainienne. Dehors, des manifestants avec drapeaux ukrainiens et drapeaux de Bandera criaient « Mort aux voleurs ! » Sic.

Le 19 février il apparaissait par des messages sur les réseaux sociaux que la cathédrale allait être attaquée dans la soirée. Alors les paroissiens et le clergé se sont réunis en masse dans la cathédrale. Et depuis lors ils y restent 24 heures sur 24. Jusqu’au carême, qui a commencé lundi, il y avait la célébration de la divine liturgie deux fois par jour, et le psautier est récité non-stop jour et nuit.

Guerre par procuration

Dans son interview hier sur Fox News, où il est apparu avec une croix de cendre sur le front, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a déclaré :

Il est très clair depuis le début que le président Trump considère qu’il s’agit d’un conflit prolongé et dans l’impasse.  Et franchement, c’est une guerre par procuration entre des puissances nucléaires – les États-Unis, qui aident l’Ukraine, et la Russie – et elle doit prendre fin.  Et personne n’a la moindre idée ou le moindre plan pour y mettre fin.  Le plan des Ukrainiens jusqu’à présent et de leurs alliés au Capitole et des personnes à qui vous parlez dans d’autres pays est de continuer à leur donner tout ce dont ils ont besoin aussi longtemps qu’il le faudra.  Ce n’est pas une stratégie.

Réaction de Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin :

Nous sommes d’accord avec cela. C’est effectivement le cas. Nous en avons parlé à plusieurs reprises, en déclarant qu’il s’agit fondamentalement d’un conflit entre la Russie et l’Occident collectif. Et l’Occident collectif, bien sûr, cela fait principalement référence aux États-Unis. Le propos correspond parfaitement aux positions que notre président et notre ministre des Affaires étrangères ont exprimées à plusieurs reprises. Et oui, nous sommes d’accord qu’il est temps de mettre fin à ce conflit et à cette guerre.