La fin de l’Eglise latine

Un autre aspect, relevé par l’abbé Barthe dans un article de Res Novae sur le « sacrement des malades » qui a remplacé l’extrême-onction :

Comme toujours dans la réforme liturgique, où l’aspect de « retour aux sources » des rites s’est conjugué avec la dévaluation de leur signification. Car la mue de ce sacrement a accompagné une dédramatisation générale de la mort, médicalisée, localisée à l’hôpital. « Le nouveau rituel de l’Onction des malades s’inscrit dans le mouvement qui tend à déritualiser, désacraliser même la mort en tant que mutation essentielle », écrivait François-André Isambert. La mort, devenue un tabou dans les sociétés occidentales. « On pourrait dire, pour citer une dernière fois Guillaume Cuchet, que la dédramatisation de la mort chrétienne et le silence sur les fins dernières sont la version catholique de ce nouveau tabou, l’Église ayant rompu avec son ancien discours sur la mort parce que les contemporains n’étaient plus en état de le supporter, ou qu’il ne faisait déjà plus sens pour eux depuis un certain temps. »


En savoir plus sur Le blog d'Yves Daoudal

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

8 réflexions sur “La fin de l’Eglise latine

  1. globalement d’accord avec une réserve

    ce ne sont pas vraiment les fidèles qui ne supportaient plus l’ancien discours sur la mort.

    ce sont plutôt les intellectuels et le clergé qui ont pensé que les fidèles n’en voulaient plus

    J’aime

    • Les « élites » qu’elles soient religieuses ou profanes ont pris la mauvaise habitude de décider de leur propre chef ce qui était bon pour le bas peuple. Et n’oublions pas le corps médical qui a bien participé au camouflage de la souffrance et de la mort et qui depuis longtemps soutient l’avortement et l’euthanasie dans sa grande majorité. Passés 70 ans vous ne pouvez plus être hospitalisé sans courir le risque d’être « rivotrilisé » ou « débranché »

      J’aime

  2. Bonjour, Monsieur Daoudal. J’aurais une curiosité : pourquoi vous ne relayez pas entre autres les superbes apostolats « non una cum » de l’abbé O. Rioult, de Notre Dame des Dons (abbés H. de la Chanonie et D. Dutertre), de l’abbé Michel Marchiset ainsi que du portail Catholiques de France, de vrais trésors dans ce monde apostat et décadent ? J’ai toujours l’impression qu’ils sont bien supérieurs aux apostolats des églises orthodoxes. Merci pour votre attention, que Dieu vous bénisse.

    J’aime

    • Je ne suis pas sédévacantiste. C’est une attitude que je ne comprends même pas. En outre, cela impliquerait le retour à l’Eglise tridentine pure et dure, l’Eglise légaliste, juridiste, rubriciste, jésuististe… Le principal sédévacantiste qui sévit dur le Forum catholique m’avait expliqué un jour que « l’Eglise » avait déterminé que dans les collations de carême on pouvait manger 120 (ou 130 ?) grammes de pain. Mais la collation n’est qu’une tolérance pour celui qui ne peut pas jeûner. Il devrait aller de soi que la collation c’est aussi peu qu’on le peut. Faire tout son carême avec une balance… Je sais qu’il y avait ainsi des mesures pour tout, même pour le travail du dimanche, etc. Et aussi pour la longueur de la jupe, bien sûr. Cela n’est pas ma religion. Et quand on pense qu’au concile de Trente, pendant les sessions il y avait d’un côté de l’autel la Bible et de l’autre la Somme théologique. Les deux mis sur le même plan. Une sorte de divinisation de Thomas d’Aquin. Ce qui correspond en effet à son importance démesurée dans l’Eglise tridentine, mais n’est rien d’autre qu’un blasphème.

      Pardonnez-moi d’être si direct… Surtout si je vous choque. Mais vous m’avez posé une question, j’y réponds franchement.

      J’aime

      • Enfin, cher Daoudal, enfin ! J’ai enfin pigé votre position, après tant d’années dans le brouillard ! Vous ne comprenez même pas le constat sédévacantiste, tout simplement parce que le catholicisme (de Trente, mais aussi d’avant, et d’après, puisque c’est le même), ce n’est pas votre religion ! Vous refusez que « l’Eglise » (les guillemets sont de vous), fasse des lois, des rubriques, les applique et les fasse appliquer. Parce que VOUS savez mieux qu’elle. Vous vous faites votre belle petite religion à la carte, avec un mix de ce qui vous plaît et un rejet de ce qui vous déplaît, alors pour briser votre orgueil (démesuré, lui, contrairement à l’importance de Saint Thomas*), le Bon Dieu vous envoie une puissance d’aveuglement, qui vous rend incapable de comprendre le constat sédévacantiste, (qui est pourtant si simple: si un mec qui se prétend pape fait entrer des idoles à Saint-Pierre et les laisse être adorées, c’est qu’il n’est pas pape. Même mon filleul qui a 11 ans réussi à capter ça; mais bon, lui, il aime l’Eglise).

        *Quant à « diviniser » le Docteur commun, arrêtez votre cinéma. Il y avait la Bible sur l’autel, et à côté la Somme, qui est son explication. Nulle tentative de diviniser quoi que ce soit, tout le monde l’avait compris, mais ça faisait bien flipper les rageux protestants et les esprits forts tels que le vôtre.

        J’aime

      • Merci pour votre réponse, M. Daoudal. Oui, c’est vrai que ce genre de rigorisme est parfois présent dans quelques milieux traditionnels, y compris « una cum », mais cela ne semble pas être la norme chez la majorité des prêtres de la Tradition, bien au contraire. Je les trouve vraiment De l’autre côté, dans l’église moderniste, le laxisme moral et la lassitude intellectuelle semblent être de plus en plus établis. C’est dramatique, cette situation.

        Selon plusieurs sources, l’église issue de Vatican II serait entièrement au service de la Synagogue et de la Franc-maçonnerie (une branche du mondialisme), comme c’est la cas aussi des courants protestants modernes et même de quelques églises orthodoxes. Nous constatons que l’homme qui s’habille en blanc dans la cité du Vatican professe la doctrine moderniste dans son intégralité, il prêche même le paganisme et la déchéance morale sans plus aucune retenue.

        L’origine de ce coup d’état ne remonterait pas, selon vous, au Conclave de 1958, quand le Cardinal Siri (ou « Grégoire XVII ») aurait été élu (fumée blanche devenue noir) et par la suite empêché de se présenter au balcon de Saint-Pierre, donnant la place au félon G. Roncalli (« saint Jean XXIII ») ? En tout cas, nous avons l’impression que l’Église catholique vit sa Passion depuis les années 60.

        J’aime

  3. Deux fois, j’ai reçu le sacrement des malades avant des opérations qui risquaient de me laisser sur la table. Ces deux fois, j’ai été convaincu que le sacrement m’avait sauvé le vie et j’en remercie le Bon Dieu depuis. Alors, crédulité ou foi ? Où est l’extrême de l’onction ? Quand ? Jamais, je n’aurais voulu paraître devant Dieu avec la masse de mes péchés sans son pardon et son aide. Alors, merci mon Dieu,

    J’aime

Répondre à wombatcreativelyb9183482f9 Annuler la réponse.