9e dimanche après la Pentecôte

Allelúia, alléluia. Eripe me de inimícis meis, Deus meus : et ab insurgéntibus in me líbera me. Allelúia.

Sauvez-moi des mains de mes ennemis, ô mon Dieu, délivrez-moi de ceux qui se lèvent contre moi.

Il était question des ennemis de l’âme dans l’Introït. Nous les retrouvons ici, et ils incitent le chanteur à implorer Dieu avec ferveur pour la délivrance et le salut. Le même texte est mis en musique dans l’Offertoire du mercredi après le dimanche de la Passion. Un mélisme orné apparaît sur insurgéntibus dans les deux cas. Celui du verset de l’Alléluia, cependant, ne peut se comparer à l’effet dramatique produit dans l’Offertoire. Dans ce dernier, nous voyons clairement comment les ennemis se rangent en bataille, comment leur nombre ne cesse de croître, comment les choses en arrivent à un point où Dieu seul peut les aider. Le mot est construit plus calmement dans le verset de l’Alléluia. Ses deux premiers membres sont identiques. La conclusion, semblable à une coda, avec ses secondes dans les deux parties, s’efforce d’apaiser toute excitation. Malgré cela, une certaine agitation se fait à nouveau sentir dans le troisième membre, avec sa quarte et la descente vers le la grave.

Dans les manuscrits annotés, les neumes sur Eripe et Deus meus de la première phrase sont donnés en forme large. Le chagrin accable le chanteur. Sa prière jaillit d’un cœur lourd ; c’est du moins ce qu’indiquent les marques rythmiques. Mais la Revue Grégorienne (9, 112) remarque : « À la pensée de Dieu, l’âme oublie sa crainte naissante. Elle est si consciente de la présence divine que, lorsqu’elle chante Deus meus, elle ne pense plus aux ennemis dont elle parlait tout à l’heure. Elle se laisse emporter par la pure contemplation. » Dans toutes ces prières et supplications, il ne faut pas oublier que la requête est formulée par Allelúia. La tournure mélodique d’inimicis meis rappelle le passage efficace de ore leónis de l’Offertoire de la Messe des défunts, efficace car il renforce la gravité de la phrase.

Jusqu’à la répétition du jubilus avec libera, toutes les pauses se terminent sur la tonique. Bien que quelque peu inartistique, cela s’intègre parfaitement à l’atmosphère paisible de la phrase.

La mélodie est d’origine très ancienne. Dès le XIe siècle, elle était adaptée aux paroles de l’Ave Maria dans la Messe votive de la Sainte Vierge au temps de l’Avent.

Dom Dominic Johner


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