Friends of Dorothy…

Le Dorothy est un « café-atelier associatif animé par des chrétiens et ouvert à tous dans un esprit de fraternité », à Paris. Il dit s’inspirer de Dorothy Day. Aux multiples activités qu’il propose, il en a ajouté une : « Friends of Dorothy ». C’est un « cercle de partage chrétien LGBTQIA+ », un dimanche soir par mois. Avec le jargon et l’écriture inclusive qui s’imposent :

« Friends of Dorothy veut être un lieu safe et convivial, accueillant pour tous·tes, dans le respect et l’amour inconditionnel de chacun·e. »

Les animateurs n’expliquent pas le sens de l’expression, inconnue de la plupart des Français. C’était un code aux Etats-Unis chez les invertis pour parler d’un autre sans attirer l’attention : « c’est un ami de Dorothée ». Il y eut bientôt, il y a encore, des « réunions des amis de Dorothée » sur les bateaux de croisière. Les initiales suffisent (restons discrets) : « FOD ». Et c’est l’adresse de la page internet du Dorothy consacrée aux « Friends of Dorothy ».

C’est bien sûr

Mais on peut gager que Dorothy Day, aussi marginale et atypique qu’elle fût (et archi-moderniste sur le plan liturgique) n’aurait pas du tout apprécié qu’on associe son nom à une telle initiative, et encore moins qu’on assimile son prénom au code des invertis américains.


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4 réflexions sur “Friends of Dorothy…

  1. Dorothy Day était aussi pacifiste sans restriction, y compris durant la deuxième guerre mondiale, mais en général on se souvient plutôt de son opposition à la guerre du Vietnam, c’est moins sulfureux. Encore aujourd’hui considérée comme une communiste par des catholiques américains conservateurs pour qui le concept de doctrine sociale de l’Église avec Léon XIII à partir de Rerum Novarum est une remise en cause inacceptable du libéralisme économique, elle a pourtant mis sur pied durant la grande dépression des années 30 des initiatives qui visaient à sortir des travailleurs de la grande ville pour leur faire retrouver la dignité dans le travail de la terre. On est quasiment en terrain vichyste ici. Faut-il se surprendre après que cette « gauchiste » ait écrit quelques pages élogieuses sur la chrétienté québécoise d’avant la Révolution tranquille, louant dans les innombrables oeuvres sociales de l’Église de ce temps-là le genre de socialisme indépendant (non-étatique) qu’elle voulait pour son propre pays? En particulier elle se lia d’amitié avec un prêtre de paroisse qui resta vicaire toute sa vie dans un quartier pauvre de Montréal, l’abbé Henri Saey, lui-même marginalisé pour son radicalisme évangélique, et qui prit sa retraite hâtivement plutôt que d’adhérer aux bouleversements liturgiques. Son ancienne paroisse est aujourd’hui la Mission Saint-Irénée-de-Lyon, avec la FSSP.

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    • Trois petites choses. Dorothy Day fut réellement compagnon de route des communistes pendant des années. Et ses « fermes communautaires » pré-hippies furent quelque peu éphémères. Les prêtres de passage disaient la « messe » sur la table de la cuisine…

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      • Il ne doit pas y avoir beaucoup de communistes qui étaient comme elle en faveur de Humanae Vitae… Et elle avait beau peut-être accepter des arrangements bancals pour la célébration de la messe, on rapporte qu’elle s’agenouillait à la consécration ce qui la singularisait encore parmi ses « compagnons de route ».

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