Saint Nazaire et saint Celse

Bienheureux cardinal Schuster, Liber sacramentorum, tome 8 :

Cette citation vient de deux tropaires de la 8e ode du canon des matines des saints martyrs Nazaire, Gervais, Protais et Celse, au 14 octobre (Gervais et Protais furent martyrs à Milan en même temps que Nazaire et Celse et leurs corps découverts également par saint Ambroise).

Ῥώμη σου ἡ πάλαι τοὺς ἀγῶνας, κηρύττει Ναζάριε πολύαθλε· ἡ Κωνσταντινούπολις, ᾄδει τὰ τεράστια, τὸ ἱερόν σου λείψανον, πίστει κατέχουσα, καὶ Κύριον ὑμνεῖτε βοῶσα, καὶ ὑπερυψοῦτε, εἰς πάντας τοὺς αἰῶνας.

Ὁ θεῖος Ναζάριος πηγάζων, τὰ μύρα τῆς χάριτος προτρέπεται, πάντας τοὺς προστρέχοντας, πίστει ἀπαρύσασθαι, εἰς φωτισμόν, καὶ κάθαρσιν, ἀνακραυγάζοντας· Τόν Κύριον ὑμνεῖτε τὰ ἔργα, καὶ ὑπερυψοῦτε, αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.

L’antique Rome célèbre à haute voix, Nazaire, tes multiples combats ; et la cité de Constantin, possédant tes reliques sacrées, chante tes miracles en disant : Bénissez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

Le divin Nazaire, dont le corps fait sourdre la grâce en flots parfumés, invite les fidèles s’approchant à puiser pour se purifier et recevoir la lumière en chantant : Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur, exaltez-le dans tous les siècles.

7e dimanche après la Pentecôte

La messe de ce dimanche a une antienne d’offertoire qui ne ressemble pas aux offertoires habituels (pris d’un psaume alors qu’ici il s’agit du livre de Daniel) et paraît n’avoir aucun rapport avec les autres textes de cette liturgie dominicale. Sauf avec la « secrète ». Et avec la secrète elle forme un tout. Qui a un rapport étroit avec ce que dit le prêtre à l’autel pendant l’offertoire.

L’antienne d’offertoire et la secrète sont restées intactes dans la néo-liturgie, ce qui est exceptionnel. Mais bien sûr on les a changé de place, et on les a affectées à deux dimanches différents, et comme les prières de l’offertoire ont été supprimées on a perdu la connexion intime entre les trois textes. Voilà comment, même en gardant les textes, on détruit quand même la liturgie traditionnelle.

Voici l’antienne d’offertoire :

Sicut in holocáusto aríetum et taurórum, et sicut in míllibus agnórum pínguium : sic fiat sacrifícium nostrum in conspéctu tuo hódie, ut pláceat tibi : quia non est confúsio confidéntibus in te, Dómine.

Comme un holocauste de béliers et de taureaux, ou des milliers d’agneaux gras, qu’ainsi notre sacrifice paraisse aujourd’hui devant vous et qu’il vous soit agréable, car ceux qui ont confiance en vous ne seront pas confondus, Seigneur.

C’est un extrait de la prière d’Azarias, qui avec ses deux compagnons Anania et Misaël a été jeté dans la fournaise par Nabuchodonosor. Il rappelle qu’il n’y a plus de sacrifices possibles dans le Temple, puisqu’il a été détruit et que les israélites ont été déportés, et il demande à Dieu que le sacrifice que les hommes font d’eux-mêmes soit agréé par Dieu de la même façon.

C’est bien sûr une prophétie du Sacrifice qu’instituera le Christ. Et la prière d’Azarias a été intégrée à… l’offertoire de la messe. Ainsi, pendant que le chœur chante cette antienne, le prêtre dit à voix basse :

In spiritu humilitatis et in animo contrito suscipiamur a te, Domine, et sic fiat sacrifícium nostrum in conspéctu tuo hodie ut placeat tibi, Domine Deus.

L’expression « sic fiat sacrifícium nostrum in conspéctu tuo hodie » a été reprise telle quelle. Mais aussi ce qu’Azarias disait dans le verset précédent et qui n’a pas été repris dans l’antienne : « in animo contrito, et spiritu humilitatis suscipiamur ».

La liturgie a juste supprimé la mention des boucs, des taureaux et des agneaux, puisque le sacrifice de l’autel est celui de l’Agneau divin, et que celui des fidèles est le sacrifice qu’ils font de leur propre personne en offrant également le sacrifice de l’autel.

Et c’est ce que dit ensuite la secrète :

Deus, qui legálium differéntiam hostiárum unius sacrifícii perfectione sanxísti : accipe sacrifícium a devótis tibi fámulis, et pari benedictióne, sicut múnera Abel, sanctífica ; ut, quod sínguli obtulérunt ad majestátis tuæ honórem, cunctis profíciat ad salútem. Per Dóminum.

Dieu, vous avez sanctionné les divers sacrifices offerts sous la loi par la perfection d’un sacrifice unique : recevez ce sacrifice que vous présentent vos dévots serviteurs, et sanctifiez-le au moyen d’une bénédiction pareille à celle qu’obtinrent les dons d’Abel ; afin que ce que chacun de nous a offert en l’honneur de votre majesté, profite à tous pour le salut.

Quant au chant de cet offertoire, qui est une prière très simple et très calme, dom Baron fait remarquer qu’il est construit sur trois thèmes très liés entre eux. Le premier thème est l’intonation ; il est repris une fois dans la même phrase, avant la cadence. Cette cadence devient immédiatement le deuxième thème, au début de la deuxième phrase, et il est aussitôt répété, et la cadence de cette deuxième phrase est le troisième thème, repris au début de la dernière phrase… D’où l’impression de sereine et parfaite unité qui se dégage de cette pièce.

(Cet enregistrement présente divers offertoires : Tollite portas, Sicut in holocausto, Justorum animae, Desiderium, Super flumina.)

Le pape rencontre un Russe

Léon XIV a reçu le métropolite Antoine de de Volokolamsk, président du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou.

Le métropolite a notamment évoqué les persécutions contre l’Eglise orthodoxe ukrainienne.

Au moins le pape ne pourra pas dire qu’il ne savait pas.

Encore un ratage d’Ursule

Le 25e sommet UE-Chine, célébrant le 50e anniversaire des relations, devait durer deux jours et donner lieu à d’importants accords économiques (et à une condamnation au moins minimale de la Russie). Il n’a duré qu’une journée et s’est conclu par un unique texte : un vague engagement à lutter contre le réchauffement climatique…

Il y avait là Ursule, Costa et Kallas, et la délégation chinoise était dirigée par Xi Jinping en personne.

C’est dire la gravité et l’étendue du fiasco.