Elle s’incruste

Salome Zourabichvili et toujours à Tbilissi. Elle a convoqué des journalistes à son « nouveau bureau présidentiel », dans un immeuble du centre de la capitale, sous les drapeaux de l’UE et de la Géorgie : « Je suis la présidente et je resterai la présidente » (elle a oublié d’ajouter : et fière d’être désormais membre d’un lobby américain anti-géorgien et anti-ukrainien).

Puis elle est repartie.

« Le patriarche moscovite Bartholomée »

Sous ce titre, l’Union des journalistes orthodoxes ukrainiens a publié l’article suivant :

Ces derniers jours, plusieurs personnalités ont qualifié le 7 janvier de « Noël moscovite ». Le chef de l’OVA [administration régionale militaire] de Volyn, Nedotep, a déclaré que seuls les « ennemis qui devraient disparaître comme la Russie » célébraient ce jour-là. Le « métropolite » de Volynie, M. Zinkevich [de l’Eglise du pouvoir], a assuré que ceux qui célèbrent ce jour selon le calendrier julien ne sont pas avec l’Ukraine, mais « avec ceux qui la-la-la-la » (allusion à une chanson grossière sur Poutine). Enfin, M. Porochenko a réprimandé la Rada pour le fait que les députés « fêtaient le Noël moscovite » au lieu de travailler.

On peut dire à ces gens que depuis longtemps les églises de Jérusalem, de Serbie, de Macédoine, de Pologne, de Géorgie et le Saint Mont Athos célèbrent Noël le 7 janvier.

Mais l’argument le plus convaincant serait peut-être le service liturgique de Noël « ancien style » du patriarche Bartholomée pour la communauté russe d’Istanbul. Lors de ce service, les paroissiens ont rencontré Sa Divine Sainteté en costumes nationaux russes et en kokochniks. C’est-à-dire qu’il y a là trois « crimes » à la fois :

– un office selon le calendrier moscovite,

– un service pour les Russes,

–  la propagande de la culture du pays agresseur.

Nous suggérons que les « hiérarques » de l’Eglise orthodoxe d’Ukraine et les politiciens patriotes n’appellent plus le patriarche Bartholomée autrement que « prêtre de Moscou ».

L’ironie est évidemment que l’Eglise du pouvoir ukrainien ne doit son existence qu’au « tomos » de Bartholomée et à la volonté de Porochenko, lequel aurait sans doute dû se taire car désormais tout le monde sait que les députés, tous peu ou prou zelenskistes, ont célébré le Noël « moscovite » au lieu de travailler (ce jour n’étant plus férié).

« La-la-la-la » est le dernier grand succès de la chanteuse russe genre Tik-Tok Klava Koka (la première vidéo a été vue sur YouTube près de 7 millions de fois). L’allusion concerne en fait la vidéo de 2021 sur une autre chanson (Je quitte le tchat) dont la vidéo est entièrement composée d’images de Poutine comme si c’était lui qui chantait. Ce n’est pas vraiment grossier mais c’est clairement très irrespectueux (et pourtant toléré dans cette « dictature ») : « Je sais qui tu es, je ne t’enverrai plus de photos interdites, lâche-moi, ne me retiens pas, ne me recherche pas, ne m’aime pas… »

Stabilité…

Le général Aoun, commandant en chef de l’armée libanaise, a été élu président du Liban par le Parlement, après plus de deux ans de vacance.

En 2016 son prédécesseur avait été… le général Aoun, commandant en chef de l’armée libanaise.

Bon, ce n’est pas le même (l’autre a 90 ans), et ils n’ont pas de liens de famille. Mais puisqu’on cherche la stabilité…

Il a été élu grâce au retrait de Sleimane Frangié – qui lui est le petit-fils du chef maronite pro-Assad du même nom et président de 1970 à 1976.

Frangié était le candidat du Hezbollah (et de la France, dit-on), lequel Hezbollah a dit après son retrait qu’il n’avait rien contre Aoun.

Les Bédouins, autres victimes d’Israël

Le journal israélien Haaretz attire l’attention sur les ventes de terrains appartenant historiquement aux Bédouins du Néguev. Ces terrains sont vendus à un prix dérisoire à des colons après que les Bédouins en ont été chassés et que leurs villages ont été rasés. Et on leur refuse le statut de « résidents locaux », des fois qu’ils en profitent pour acheter leurs terrains…

Des parcelles d’une valeur de plus de 80.000 dollars au prix du marché peuvent être achetées à l’Autorité foncière entre 3.500 et 19.000 dollars, sans appel d’offres.

Les principaux bénéficiaires sont les membres de Garin Torani (noyau de la Thora) un groupe religieux sioniste de la colonie d’Eli, au nord de Ramallah.

En 1948 il y avait 92.000 Bédouins dans le Néguev. 11.000 seulement sont restés à l’intérieur des frontières israéliennes. Ils sont 300.000 en tout aujourd’hui, dont la moitié vit dans des villages clandestins, sans eau courante ni électricité.

Les travaux de construction ont récemment repris dans la ville juive « orthodoxe » nouvelle de Dror, sur les terres d’un village bédouin démoli en novembre. Le 29 décembre deux appels d’offre ont été clôturés pour la construction de 620 logements et 36 maisons près de deux anciens villages bédouins.

Pendant ce temps la colonisation de la Cisjordanie se poursuit activement. Le Conseil supérieur de planification s’est réuni hier pour la sixième semaine consécutive et a donné son feu vert à la construction de 448 nouvelles unités de logement.

En 2023, la Commission des droits de l’homme (sic) avait approuvé 12.349 nouvelles unités de logement, un record absolu, suivi de 9.884 unités en 2024. Au rythme actuel (plus de 1.500 par mois) 2025 marquera un nouveau record.