Leur Eglise

N’étant pas adepte des spectacles appelés « eucharisties », ni des diverses mises en scène qui remplacent la liturgie, je découvre seulement maintenant que les nouveaux catéchumènes portent une étole…

Or l’étole est le symbole même de l’ordination sacramentelle. Seuls les évêques, les prêtres et les diacres peuvent la porter, et doivent impérativement la porter lorsqu’ils délivrent un sacrement : elle est le signe du ministère ordonné.

Faire porter une étole à des laïcs, hommes et femmes, qui ne sont même pas baptisés, c’est mettre sur le même plan et confondre (je suppose que c’est même souvent explicite dans les paroisses) le sacerdoce commun et le sacerdoce ministériel : tout le monde, homme et femme, est diacre et prêtre…

On me dira peut-être que ce n’est pas grave puisque la plupart de ces « catéchumènes », après s’être déguisés pendant le carême et avoir plongé dans une baignoire au son d’une musique rock la nuit ou le jour de Pâques, ne retourneront jamais à l’église.

Certes, mais je croyais qu’on était au temps de l’œcuménisme. Or voilà encore quelque chose qui ne peut que scandaliser les orthodoxes.

*

La paroisse qui est le dernier refuge de la messe traditionnelle dans mon coin organise 12 « repas partagés » pendant le carême. Nous étions priés, le premier dimanche de carême, de nous inscrire à la fin de la messe pour organiser les « repas partagés » afin de mieux nous connaître… Je suppose que cela aussi est très répandu. En bref, pendant le temps du jeûne, qui était autrefois du jeûne mais qui l’est toujours dans la liturgie traditionnelle, on doit penser à manger, et en ce temps de pénitence à inviter des gens autour d’un repas… La perte du sens commun est devenue hallucinante.


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9 réflexions sur “Leur Eglise

  1. Depuis la messe « ad Orientem » a été abandonnée, évidemment aussi dans l’ ex-F.O. ( sauf les exceptions rarissimes) toute la liturgie de quelque sacrament qu ‘il s’ agisse tourne en rond. Elle est ouverte aux créativités sans cesse, p.ex. le port de cet étole. Le nombre des « catéchumènes » peut nous réjouir mais l’ administation du baptême assez tôt après la naissance a/doit avoir normalement la priorité .

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      • Quand vous écrivez: « la désorientation des églises latines » parlez-vous des bâtiments où de la position du célébrant? Et dans l’un ou l’autre cas, justifiez votre datation au XVIIe siècle.

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      • Cher Dauphin, votre formulation « Et dans l’un ou l’autre cas, justifiez votre datation au XVIIe siècle » n’est-elle pas un peu impérative, non ? Bon, je vous réponds quand même. Je parle de la construction des sanctuaires. Pour la date, je pense que le grand timonier bienaimé de ce blog pourrait nous en remontrer et il est le bienvenu chez lui pour les précisions.

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  2. Impératif non, mais des affirmations aussi vagues méritent des explications, non? Dans quel pays, par exemple? Avez-vous des exemples avec leurs dates de construction?

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    • Cherchez les réponses vous-même (elles sont innombrables !). C’est une évidence qu’à partir du XVIIe siècle, dans l’Eglise post-tridentine, avec la contre-réforme et les jésuites, les symbolisme a été mis à la poubelle. C’est l’époque où la construction des églises a été confiée à des architectes (et non plus aux maîtres maçons), qui n’avaient aucune notion du symbolisme. Voyez les deux premières églises parisiennes construites à cette époque (l’église « classique »): l’Oratoire du Louvre et l’église Saint-Paul-Saint-Louis : elles ne sont pas orientées (elles sont toutes deux sud-sud-ouest). C’était ainsi partout, en commençant par les grandes villes, bien sûr. En Bretagne les églises du XVIIe siècle sont encore orientées.

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      • Justement, en cherchant des réponses j’arrive à des conclusions opposées aux vôtres. L’orientation était la règle, la non-orientation l’exception, souvent pour des raisons techniques: relief, sous-sol, fondations antérieures, contraintes d’urbanisation dans les villes (oui, dans les villes on trouve plus d’églises non-orientées, comme vous le faites remarquer), orientation au lever de soleil du jour de la fête du patron titulaire, etc…Le concile de Trente et les Jésuites n’ont pas fait perdre le symbolisme, au contraire, puisque St Charles Borromée (1538-1584) chargé de préparer la dernière session 1562-62 avait préconisé l’orientation des églises à l’est équinoxial et les églises néo-gothiques jésuites du premier quart du XVIIe siècle étaient toutes orientées (à quelques degrés près selon la précision de la détermination du lever du soleil fonction du relief cachant l’horizon est). Le style classique, baroque ou rococo n’ont pas eu d’influence sur cette orientation préconisée, majoritairement au lever de soleil aux équinoxes. Les architectes de l’époque n’avaient pas perdu le sens symbolique, c’est un bobard qu’on fait courir les Protestants. Ce sont les Protestants qui ont perdu peu à peu le symbolisme et le sens du sacré et les Catholiques protestantisés leur ont emboîté le pas dès le XIXe siècle (dont des Jésuites modernistes) avec le summum aujourd’hui avec les églises-auditorium et autres horreurs ou souvent le symbolisme religieux est remplacé par un symbolisme luciférien(San Giovanni Rotondo, basiliques modernes des lieux d’apparitions mariales etc.)

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      • A propos de Charles Borromée je suis allé voir de plus près. En 1576 à son 4e concile provincial il disait encore que les églises doivent être construites de façon à ce que « le prêtre célébrant la messe à l’autel majeur regarde l’Orient ». Mais l’année suivante il publiait ses « Instructiones fabricae et supellectilis ecclesiasticae », traité ne parlant que de la construction des églises, et il ne dit pas un mot de l’orientation, ce qui a été remarqué.

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      • J’ai trouvé sur Wikipedia une liste d’églises construites au XVIIIe siècle. Une petite liste, surtout une fois qu’on a enlevé les églises orthodoxes et protestantes, et celles qui sont d’origine médiévale (reconstruites), mais qui permet un sondage significatif. Sur 27 églises, 5 seulement (6 à la rigueur) sont orientées. Donc en gros une sur cinq.

        Basilique Saint-Georges d’Almelo Pays-Bas : nord.
        Eglise sainte Rita de Rio sud-sud-est.
        Eglise de Chariez nord-nord-est.
        Eglise Notre-Dame de Heure (Belgique) sud-ouest.
        Basilique Saint-François de La Paz : sud-ouest.
        Eglise Saint-François-de-Paule de Lisbonne : nord.
        Eglise Sainte-Marie-et-Saint-Materne de Lubomierz : ouest.
        Eglise des jésuites de Mannheim : nord-ouest.
        Cathédrale catholique de Minsk : sud-ouest.
        Eglise Saint-Augustin de Montemaggiore (Corse) : sud-est.
        Cathédrale Saint-Louis de la Nouvelle Orléans : nord-ouest.
        Église Notre-Dame de Gloire d’Outeiro : sud-sud-ouest.
        Église Saint-Amé de Plombières-les-Bains : nord-est.
        Église Notre-Dame de Ramelot : nord-est.
        Église Notre-Dame-de-la-Conception-et-de-la-Bonne-Mort de Rio de Janeiro : nord-ouest.
        Église Notre-Seigneur-de-la-Bonne-fin de Salvador : nord-est.
        Église de la Sainte-Trinité de Serinchamps : nord-est.
        Cathédrale métropolitaine de Sucre : nord-ouest.
        Cathédrale Saint-Louis de Versailles : sud-ouest.
        Eglise Saint-Martin de Somme-Leuze (en fait XVIIe) clairement nord-est alors qu’il y avait toute la place pour est.

        ORIENTÉES
        Eglise saint Joseph de Budapest.
        Eglise Saint-Géry de Cambrai.
        Basilique de Święta Lipka.
        Cathédrale catholique de Ternopil.
        Modeste église Notre-Dame de Lapa des Marchands de Rio de Janeiro.
        Église Saint-Pierre d’Uccle ? (est-nord-est).

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