« Tout simplement » !!!

Le père abbé de Solesmes, le TRP Geoffroy Kemlin, a écrit au pape pour lui faire une proposition de paix liturgique. Elle est très simple :

« Ce serait tout simplement d’insérer dans le Missale Romanum l’ancien Ordo Missae (…) tout en y laissant le nouvel Ordo Missae inchangé. »

Les fidèles de la messe traditionnelle auraient donc un monstre liturgique : l’ordo missae traditionnel, et pour tout le reste ce qui est issu de la révolution liturgique : le nouveau calendrier, le nouveau sanctoral, le nouveau lectionnaire, les nouvelles oraisons. Tout ce qui est pour eux proprement irrecevable.

« Cela permettrait de rétablir l’unité liturgique », insiste benoitement le P. Kemlin, « puisque toute l’Eglise latine utiliserait l’unique Missale Romanum, avec un unique calendrier. » Celui qui notamment a supprimé la Septuagésime et l’octave de la Pentecôte, et a inventé des « dimanches ordinaires » au lieu de ceux des temps de l’année liturgique.

Et il a « la conviction que les fidèles attachés au Vetus Ordo seraient satisfaits d’une telle solution et profiteraient de tous les apports incontestés de la réforme liturgique (nouvelles préfaces et prières eucharistiques, oraisons révisées, sanctoral, cycle des lectures, etc.). »

Les apports « incontestés » ? Ou bien le P. Kemlin vit sur une autre planète, ou bien il ment. Car les « apports » dont il parle ont été et sont contestés de multiple façon et de façon détaillée et argumentée depuis plus de 50 ans maintenant, y compris par des personnalités qui ont participé à la « réforme liturgique ».

Le P. Kemlin ose se référer à dom Guéranger, qui « a d’une certaine manière donné naissance au mouvement liturgique, qui a conduit à la constitution Sacrosanctum Concilium du concile Vatican II, et à la réforme liturgique qui a suivi », laquelle a été « accueillie avec gratitude à Solesmes ».

Etablir une telle continuité est un très gros mensonge. Quiconque a lu les Institutions liturgiques de dom Guéranger sait que le fondateur de Solesmes a condamné d’avance, de façon vigoureuse, la révolution liturgique d’après Vatican II, en condamnant les diverses tentatives qui allaient dans le même sens au cours de l’histoire.

La proposition du père abbé de Solesmes est une mauvaise action. Si elle devait être mise en œuvre par le pape elle ne mettrait pas fin à la « querelle liturgique », elle l’exacerberait.

Ci-après la lettre en question.


En savoir plus sur Le blog d'Yves Daoudal

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

22 réflexions sur “« Tout simplement » !!!

    • Je veux parler des oraisons de la messe, les « collectes », qui ont été ou bien charcutées ou bien entièrement fabriquées de bric et de broc, des oraisons Frankenstein, comme je les ai appelées, qui disent autre chose que celles de la liturgie traditionnelle, voire même le contraire, pour faire plaisir à « l’homme d’aujourd’hui » (qui n’en a rien à faire).

      Cliquer sur La « réforme » liturgique En quoi elle est irrecevable, en haut de la colonne de droite de ce blog, lire à partir de « L’Avent ».

      Ou par ce lien :
      https://drive.google.com/file/d/1CJQOIN8T4VLc_x6T1CkDpZRTK8cKThHC/view

      J’aime

  1. C’est tellement tordu que les modernistes, amis de la confusion, vont accepter immédiatement. Je ne vois pas pourquoi ce qu’ils appellent « vetus ordo » n’aurait pas droit de cité comme d’autres rites catholiques admis depuis des siècles. C’est vrai que les novateurs essayent aussi d’appauvrir ces rites en adoptant des lubies du « novus ordo » histoire de ne pas choquer les fanatiques de la messe romaine protestantisée. On voit cela en Terre Sainte.

    J’aime

  2. Pour avoir été au noviciat à Solesmes avec Dom Kemlin je peux vous assurer qu’il est un véritable moderniste. Il n’a pas quitté le noviciat de Fontgombault pour rien….

    J’aime

  3. Dans votre analyse, vous oubliez plusieurs éléments à prendre en compte et qui sont loin d’être négligeables :

    *dans cette proposition le vetus ordo peut être repris intégralement par tout prêtre de la planète sans aucune condition, ni groupe stable, ni paroisse personnelle… fini l’arbitraire des évêques… et combien de bons prêtres diocésains seront intéressés ? …et pour les messes de mariages ou obsèques… ! si ce n’est pas une avancée considérable pour notre famille « tradis » alors que doit faire le pape ?

    *l’Eglise n’a pas arrêté de canoniser depuis 1962 et le calendrier de 1962 ne prend en compte aucun de ces nombreux saints. Vous trouvez cela normal et durable dans le temps ? Par exemple à Vienne il est hautement symbolique de pouvoir célébrer dans le vetus ordo la fête du Bienheureux Charles d’Autriche, doit-on y renoncer parce que sa béatification est postérieure à 62 et idem pour Padre Pio, Mère Teresa, Caslos Acutis… plus de 50 saints ajoutés au Sanctoral Romain. Cela ne vous gêne pas ? De plus il semble que le Vatican réfléchisse à rétablir les 3 dimanches de la Septuagésime et l’octave de la Pentecôte…

    au lieu de voir la bouteille à moitié vide , ne pourriez-vous pas voir la bouteille à moitié pleine…à moins que dans votre « revendication de l’ancienne liturgie » vous voulez absolument le beurre ET l’argent du beurre. Croyez-vous vraiment que les tradis doivent rester un petit peuple de fidèles avec leur propre calendrier des fêtes et des dimanches qui continueront de souhaiter bonne fête aux Claire le 12 aout alors que la fête est maintenant le 11 aout ? et de solenniser l’Epiphanie souvent une semaine après toute la Chrétienté ?

    Je suis très deçu de votre attitude qui s’est endurcie par rapport à l’époque de votre jeunesse quand vous veniez à Pontcallec suivre une liturgie souvent aménagée ( prière universelle…). avez-vous bien lu le titre de la démarche de don Kemlin en forme de rêve : et si chacun faisait un pas vers l’autre ?

    A force de refuser tous les compromis, les plus « purs » se retrouveront à la FSPX qui défend la « vraie » messe, la « vraie » Eglise et peut-être un jour le « vrai » pape ?

    Vous aurez compris que je suis au contraire de vous enthousiasmé par cette proposition qui est très clairement gagnant-gagnant et qui pourrait mettre un arrêt définitif à cette guerre de position dans laquelle les tradis ne veulent même pas chanter le pater et alimentent le front de la guerre par de nouvelles trouvailles archéologico-liturgiques telles des missiles envoyés au camp adverse. Dans ces conditions on a vraiment envie, comme don Kemlin, de crier très fort : HALTE AU FEU !!

    J’aime

    • Je vois que vous refusez de comprendre ce qu’est le monstre liturgique que souhaite dom Kemlin. Je ne vais pas me répéter. Juste une rectification : à Pontcalec, autrefois, il n’y avait jamais de « liturgie aménagée ». C’était la messe traditionnelle (et ce n’est pas l’embryon de prière universelle qu’il y avait alors qui y changeait quoi que ce soit) : c’était l’ordo traditionnel, le calendrier traditionnel, les oraisons traditionnelles, le lectionnaire traditionnel. Je me suis installé près de Pontcalec il y a plus de 15 ans pour avoir la messe traditionnelle tous les jours. Mais depuis l’Avent 2024 elles ont adopté un monstre liturgique à la dom Kemlin, encore pire puisqu’avec une alternance de VOM et de NOM… Je n’ai pas durci ma position, je suis resté tel quel, c’est Pontcalec qui a changé de position.

      Et une précision : l’Epiphanie, c’est 12 jours après Noël pour TOUTE LA CHRÉTIENTÉ, sauf les ex-latins depuis 1970 dans les seuls pays où le 6 janvier n’est pas férié.

      Aimé par 1 personne

    • Pas besoin d’une usine à gaz ou d’arrangements tordus qui ne vont satisfaire personne. Rendons donc la liberté totale à ce que vous appelez « vetus ordo » et tout ira pour le mieux. Pour le mieux, cela veut dire que le « novus ordo » périra de lui-même par ses ambiguïtés et que que le « vetus ordo » reprendra sa place, avec les quelques ajouts nécessaires de vrais saints, pas des pseudo saints à la popol6.

      Et le temporal en trois années où est l’intérêt, à part le chiffre d’affaires des éditeurs de missels? Il vaut mieux avoir moins de lectures que l’on mémorise mieux d’ année en année plutôt qu’en trois ans. Rien n’empêche ensuite d’ouvrir la Bible chez soi.

      Vous n’avez pas compris que toutes ces manoeuvres des modernistes a pour but de diminuer le sens du sacré et de faire perdre la foi en la Présence Réelle.

      J’aime

  4. une autre précision: la solennité de l’Epiphanie a été célébrée le dimanche 4 janvier 2026 pour tous les pays non fériés et les tradis maintiennent la solennité le dimanche 11 janvier. Vous trouvez cela normal bien sûr ?

    Vous ne parlez pas du tout des avantages de mon point n° 1. Sans doute ne souhaitez-vous pas la liberté de dire le vetus ordo dans toute circonstance ?

    Enfin vous qualifiez de « monstre liturgique » ce que serait l’ordo ancien avec le calendrier nouveau. Je ne vois pas en quoi il est monstrueux de pouvoir célébrer St Maximilen Kolbe le 14 aout ou St Padre Pio le 23 septembre ou Ste Faustine le 5 octobre …pour St Carlos Acutis il faut peut-être se poser la question, selon vous, car il n’a connu que la nouvelle messe (et son « monstrueux » calendrier) !

    C’est pratique de vous abriter, en toute occasion, derrière Benoit XVI dont la pensée était bien que des rapprochements soient faits des 2 cotés. En fait avez-vous seulement envie de faire un seul pas ? Vous attendez d’un futur pape qu’il revienne intégralement à toute la liturgie antérieure pour toute l’Eglise ? Vous êtes à mi chemin entre l’hypocrisie et la naïveté.

    Bon courage dans votre position !!

    J’aime

    • Ce qui est monstrueux est par exemple d’utiliser l’ancien ordo et de lui mettre les horribles oraisons Frankenstein du nouveau, qui sont aussi antitraditionnelles dans leur fabrication que dans leur signification.

      Vous êtes obsédé par le sanctoral, mais la solution est évidemment de pouvoir célébrer les nouveaux saints : l’ancien ordo peut les accepter sans aucun problème. (Mais c’est assez savoureux de laisser entendre que la liturgie traditionnelle n’a pas assez de saints quand la nouvelle en a supprimé des dizaines…)

      Merci pour l’hypocrisie. Mais je ne vous suivrai pas dans les invectives. (C’est la première fois qu’on me traite d’hypocrite. A mon âge, ça me fait tout drôle…)

      Aimé par 1 personne

  5. soit, ce n’est pas l’hypocrisie pour vous mais peut-être alors de la naïveté.

    Mais que dire de ceux qui brandissent Benoit XVI à tour de bras et Summorum Pontificum alors que le Saint Père y écrit : « Evidemment, pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l’usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. L’exclusion totale du nouveau rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté.  » . êtes-vous prêt à reconnaitre la valeur et la sainteté du nouveau rite ? sauf erreur je ne crois pas .

    J’aime

    • « êtes-vous prêt à reconnaitre la valeur et la sainteté du nouveau rite ?  » A mon avis, la valeur du nouveau rite est située entre l’inestimable valeur de la messe traditionnelle et l’insignifiante valeur de la cène protestante, plus proche de cette dernière, d’ailleurs. Toutes ces « réformes » affaiblissent la foi et la morale, c’est évident. Quant à la sainteté du nouveau rite, c’est non.

      Quelle impudence des faux monnayeurs qui exigent que leur fausse monnaie soit acceptée comme la vraie! C’est inimaginable!

      J’aime

    • Il y a manifestement une contradiction entre ce que disait Joseph Ratzinger et ce que dut concéder Benoît XVI quand il édicta Summorum Pontificum, ce qui n’a rien d’étonnant. Mais cela appartient désormais à l’histoire.

      Naturellement je ne reconnais pas « la valeur et la sainteté du nouveau rite ». Je l’ai déjà expliqué en détail dans « La réforme liturgique. En quoi elle est irrecevable » (en haut dans la colonne de droite de mon blog). Et c’est pourquoi la proposition de dom Kemlin est monstrueuse. J’ajoute à ce que je disais hier, pour être plus précis, que ce qui est monstrueux est d’imposer des lectures de la parole de Dieu censurées à la hache (quand il s’agit de péricopes entières qui ne plairaient pas à « l’homme d’aujourd’hui ») ou au scalpel (quand on supprime la moitié, voire même un tiers, d’un verset). Et qu’il est monstrueux de greffer le cœur de la liturgie catholique sur un corps qui ne l’est plus. Et qu’il est monstrueux d’obliger à abandonner le bréviaire sans même avoir à le dire…

      Au fait, l’entreprise de démolition dite « liturgie rénovée » a aussi détruit le temps de la Passion…

      J’aime

      • Je pense que nous atteignons maintenant les limites de notre discussion car je vois pas l’Eglise comme un monstre actuellement à cause de sa liturgie réformée. Je me suis souvent demandé comment Carlos Acutis avait pu écrire de si admirables réflexions sur l’Eucharistie en ayant seulement eu la messe réformée. Et le Bon Dieu qui a donné à L’Eglise l’indéfectibilité permettrait un rite liturgique « monstrueux » répandu à 95% au moins dans toute l’Eglise ? rite réformé qui serait approuvé et célébré exclusivement par 6 papes ( « tout ce que tu lieras sur la terre … ») successifs ( de Paul VI à Léon XIV) pourrait ne pas être catholique et saint ?
        Pour moi, ce n’est pas possible et cela explique surement notre différence d’appréciation de la démarche de don Kemlin.
        dommage !

        J’aime

      • En effet. Cette limite est qu’il n’y a jamais de réponse concrète. Parmi d’autres, j’ai écrit des dizaines de pages d’analyses concrètes des collectes et du lectionnaire, et de la traduction des collectes et du lectionnaire, et de l’année liturgique, et la seule réponse est l’argument d’autorité. Dommage.

        J’aime

  6. Pour moi ce n’est pas une question d’autorité mais de vie spirituelle, au sens profond de « vie de l’âme »: la messe de Paul VI, malgré tous ses défauts (ses monstruosités direz-vous), a la valeur d’une messe, et est donc en cela la « Sainte Messe » (je rejoins donc Benoît XVI, qui n’a rien dû « concéder », mais exprimait sa foi en l’Eglise, lui qui en privé célébrait la messe de Paul VI), c’est là sa valeur , sa sainteté. Les critiques faites à son encontre restent pertinentes. Mais si c’est pour en inférer, comme le font les lefebvristes (dont, je crois, vous n’êtes pas), qu’il vaut mieux ne pas aller à une messe dominicale qu’assister aux messes Paul VI, ou encore qu’il ne faut pas y communier (ce n’est donc pas le corps du Christ qu’on y reçoit), ce n’est pas pertinent.

    Ne ressemblez pas aux lefebvristes qui en ce moment, pour justifier leur sacre à venir, expliquent qu’il y a la crise dans l’Eglise (merci pour l’info!), et qui feignent de ne voir dans les objection aux sacres qu’on peut leur faire que des « arguments d’autorité »: alors qu’il s’agit de la vie de l’Eglise avant tout.

    J’aime

    • Il faut savoir de quelle église vous parlez. Celle qui permet que des prêtres imposent leurs lubies et caprices et ne respectent pas les rubriques ou celle qui tient la messe pour le sacrifice de la croix renouvelé et non sanglant qui opère la Transsubstantation et qui ne peut pas être soumise à des fantaisies. Heureusement, les jeunes prêtres ont un peu plus le sens du sacré que leurs aînés soixante-huitards qui ne croient plus à la Présence Réelle, comme les Protestants. La multitude de sectes protestantes diront qu’ils ont gardé la foi véritable et que l’Eglise catholique est la prostituée de Babylone et l’église conciliaire, en se protestatisant peu à peu va finir par devenir une secte de plus.

      « lui qui en privé célébrait la messe de Paul VI » Je ne vois pas le scoop. Vouliez-vous écrire qu’il la disait en latin? Ou qu’il disait la messe tridentine? (dans ce dernier cas merci de me citer des témoignages)

      J’aime

    • La contradiction est dans ce qui précède : « les prêtres des communautés qui adhèrent à l’usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. » Car Joseph Ratzinger n’a jamais reproché cela à la Fraternité Saint Pierre ni à l’Institut du Christ Roi. Le même Joseph Ratzinger était un ami du Barroux qui exclut…

      J’aime

  7. Mais justement si, il le leur a reproché : en écrivant cela! Car s’il n’avait eu personne en tête, il ne l’aurait pas écrit. Qu’auriez-vous préféré? qu’il les nommât un à un? lui reprocheriez-vous de s’en être tenu à une prescription générale, qui renvoie chacun à sa conscience? et puis au Christ-Roi, on concélèbre à la messe chrismale. Quant au Barroux, je rappelle que lors du pélerinage pour les 10 ans d’Ecclesia Dei, dom Gérard avait proposé l’idée farfelue dont on parle : insérer le Vetus Ordo dans le nouveau missel…

    Et puisque j’ai évoqué les 10 ans d’ED, je recopie la fin du discours de Ratzinger (qu’on trouvera en entier ici : https://www.fssp.org/fr/discours-du-cardinal-ratzinger-pour-les-10-ans-du-motu-proprio-ecclesia-dei/), qui s’adressait à des tradis:

    Bien sûr, des accentuations spirituelles et théologiques différentes subsistent [entre les deux missels], mais elles ne sont plus des manières opposées d’être chrétien, mais la richesse d’une seule foi. Lorsqu’il y a quelques années, le mot-clé d’un nouveau mouvement liturgique a été lancé dans le débat, par lequel la dérive des deux formes liturgiques devait être freinée et leur convergence interne rendue à nouveau visible, certains amis de l’ancienne liturgie ont craint qu’il s’agisse d’une astuce pour pouvoir enfin dire adieu aux anciens livres. De telles craintes devraient cesser. Si l’unité de la foi et l’unicité du mystère apparaissent clairement dans les deux manières de célébrer, cela ne peut être qu’un motif de joie et de gratitude pour tous.

    J’aime

Répondre à Scriba Annuler la réponse.