Faites pénitence…

Ce matin je lisais l’épisode des Actes des apôtres où saint Pierre et saint Jean guérissent l’infirme qui mendie à la porte du Temple. A la foule qui s’émerveille, Pierre dit que c’est Jésus qui a fait ce miracle, Jésus que vous avez tué et qui est ressuscité, et maintenant vous devez faire pénitence.

Au chapitre précédent, Pierre avait tenu le même discours aux juifs réunis pour la Pentecôte : Jésus que vous avez tué et qui est ressuscité. Que devons-nous faire, demandent les juifs. Faites pénitence, répond saint Pierre.

Dans l’évangile selon saint Marc, la première parole du Christ est : « Faites pénitence et croyez en l’évangile. »

Dans l’évangile de saint Matthieu, la première parole de saint Jean Baptiste est : « Faites pénitence, car le Royaume des cieux est proche. »

Or, dans la « Traduction liturgique de la Bible », le mot « pénitence » n’existe pas. On l’a laissé une seule fois, dans un passage… qui est exclu de la liturgie.

Voilà une preuve évidente, parmi d’autres, que la néo-liturgie n’est pas catholique. Et même n’est pas chrétienne, puisqu’elle évacue ce qu’enseignent le Christ et les apôtres.

C’est pourquoi je ne suis pas du tout impressionné par ces « baptêmes » d’adultes dont on nous rebat les oreilles à Pâques. Des « baptêmes » sans pénitence, à l’issue d’un « carême » dont on a gommé tout aspect pénitentiel, et qui sont administrés sans exorcismes… La signification de ces « baptêmes » est tellement floue qu’après la « fête » la majorité de ces « baptisés » disparaissent dans la nature et que chaque année des prêtres se demandent à haute voix comment les retenir…

Peu de catholiques savent sans doute que dans les prières usuelles, quotidiennes, des orthodoxes, il y a les « tropaires du repentir », et que ces tropaires font partie des prières que le prêtre récite avant d’entrer dans le chœur de l’église pour accomplir le rite de préparation des dons eucharistiques. Qui s’éloigne de qui ?

(De même le psaume 50, qui est le psaume de pénitence par excellence, fait partie des prières usuelles des orthodoxes et se dit quatre fois par jour dans la liturgie byzantine, et se disait tous les jours à laudes dans le bréviaire romain. Mais depuis 1911 (première révolution) il ne se disait plus qu’une fois par semaine, et depuis la deuxième révolution il se dit…. une fois par mois…)


En savoir plus sur Le blog d'Yves Daoudal

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

9 réflexions sur “Faites pénitence…

  1. Je peux comprendre votre logique, même si je ne l’approuve pas. EN revanche, ce que je ne comprends pas, (ce n’est pas une question polémique), c’est ce qui vous différencie des lefebvristes. Il me semble que vous épousez toutes leurs thèses. Si le rite Paul VI n’est pas catholique, alors il est urgent d’ordonner des évêques qui assureront, indépendamment de tout bon plaisir épiscopal, le rite catholique traditionnel. Aussi je m’étonne de ce que vous n’ayez pas abordé les sacres du 1er juillet.

    J’aime

    • S’il vous plaît, évitez les « je peux comprendre » et les « je n’approuve pas ». Expliquez-moi en quoi il est parfaitement catholique de supprimer jusqu’au mot même de pénitence. J’ai beau multiplier les exemples de ce genre il n’y a JAMAIS PERSONNE qui m’explique que je me trompe et que la réforme liturgique est une merveille jusque dans tous ses détails parce qu’il faut comprendre ceci et qu’il faut comprendre cela. JAMAIS.

      D’autre part je suis loin d' »épouser toutes les thèses des lefebvristes », et vous devriez vous en rendre compte puisque vous me lisez attentivement. Les lefebvristes sont pour moi le dernier avatar de l’Eglise tridentine dans sa dérive finale, le rationalisme théologique post-thomiste, la débauche de dogmes, la liturgie dans la naphtaline, la papolâtrie paradoxalement contrariée… Je force le trait, c’est pour faire comprendre. Si j’épousais toutes les thèses lefebvristes vous ne verriez pas Moscou, Minsk ou Athènes sur mon blog, et vraiment j’y suis chez moi…

      J’aime

      • Merci, cher Yves, de vous dévoiler ainsi, ou plutôt, puisqu’effectivement il est simple de vous comprendre auprès de vos divers messages, de confirmer votre sincérité.

        Il n’y a bien sûr pas de honte à s’offusquer de ce que peuvent scandaleusement faire et dire certains membres de l’Eglise ni à affirmer que la réforme liturgique n’est pas seulement une merveille ! Mais il convient certainement de demeurer dans la confiance et dans l’obéissance, puisque ce sont les préceptes premiers de notre Eglise. Et puis, regardons notre poutre…

        Il est par ailleurs triste que vous parliez de la dérive finale… de l’Eglise non pas tridentine, mais finalement de l’Eglise Elle-même, car Elle est, en toute certitude, Une, Catholique et Apostolique.

        Ce qui devrait éloigner toute sorte de refuge ailleurs qu’en Elle, y compris là où des schismatiques ont tenté de trouver la Voie, leur voie, et où d’autres tentent actuellement d’affirmer : «  »par nécessité, hors de nous, point de salut ».

        La forme reflète le fond, il est vrai, mais elle ne peut se confondre avec lui ni prendre le pas sur lui.

        Belles et saintes fêtes de Pâques !

        J’aime

      • Je vous comprends, car la pénitence fait partie du vocabulaire traditionnel; je ne vous approuve pas, car pour les traducteurs, conversion implique la pénitence, qui revêt plusieurs sens. Voici un texte que vous connaissez sans doute (de Jean-Paul II)

        1. Parler de RÉCONCILIATION et de PÉNITENCE, pour les hommes et les femmes de notre temps, c’est inviter à retrouver, traduites dans leur langage, les paroles mêmes par lesquelles notre Sauveur et Maître Jésus Christ a voulu inaugurer sa prédication: «Convertissez-vous et croyez à l’Evangile»(1), c’est-à-dire accueillez la joyeuse nouvelle de l’amour, de votre adoption comme fils de Dieu, et donc de la fraternité.

        (…)

        Le terme de pénitence et le concept lui-même sont assez complexes. Si nous la relions à la metánoia à laquelle se réfèrent les Evangiles synoptiques, la pénitence signifie le changement qui s’opère au plus profond du cœur sous l’influence de la Parole de Dieu et dans la perspective du Royaume(9). Mais pénitence veut dire aussi changer la vie en même temps que le cœur, et en ce sens l’action de faire pénitence se complète par celle de produire des fruits qui témoignent de la pénitence(10): c’est toute l’existence qui devient pénitentielle, c’est-à-dire tendue dans une progression continuelle vers le mieux. Cependant, faire pénitence n’est quelque chose d’authentique et d’efficace que si cela se traduit en actes et en gestes de pénitence. A ce point de vue, pénitence signifie, dans le vocabulaire chrétien théologique et spirituel, l’ascèse, autrement dit l’effort concret et quotidien de l’homme, soutenu par la grâce de Dieu, en vue de perdre sa vie pour le Christ, unique moyen de la gagner(11); pour se dépouiller du vieil homme et revêtir l’homme nouveau(12); pour surmonter en soi ce qui est charnel afin que prévale ce qui est spirituel(13); pour s’élever continuellement des réalités d’ici-bas à celles d’en haut, là où se trouve le Christ(14). La pénitence est donc la conversion qui passe du cœur aux œuvres et par conséquent à toute la vie du chrétien.

        En chacune de ces acceptions, la pénitence est étroitement liée à la réconciliation, car se réconcilier avec Dieu, avec soi-même et avec les autres suppose que l’on remporte la victoire sur la rupture radicale qu’est le péché, ce qui se réalise seulement à travers la transformation intérieure ou conversion, qui porte des fruits dans la vie grâce aux actes de pénitence.

        J’aime

      • Puisqu’on a supprimé le mot de pénitence le texte de Jean-Paul II est obsolète et est devenu incompréhensible.

        Si la conversion impliquait la pénitence, on ne trouverait pas les deux mots associés dans plusieurs textes sacrés. Faites pénitence ET convertissez-vous. Et les traducteurs sont bien embêtés…

        Et comme je viens de le rajouter à mon article, c’est depuis 1913 que l’on cherche à gommer progressivement la pénitence dans la liturgie – après avoir en fait supprimé la pénitence de carême depuis très longtemps.

        J’aime

      • Jean-Paul II dit bien que μετάνοια se traduit par pénitence. Dans tous les volumes des Sources chrétiennes des pères grecs, μετάνοια est traduit par pénitence. Il n’y a que dans la Sainte Ecriture à usage « liturgique » que μετάνοια n’est pas traduit par pénitence… Et c’est cette anomalie qu’on est censé trouver normale…

        J’aime

      • Ce n’est pas pour chipoter, mais je ne comprends pas, pour le coup, comment vous lisez le texte de Jean-Paul II. Il commence son texte par dire : parler de pénitence, c’est retrouver l’appel du Christ : »Convertissez-vous ». Donc il établit une équivalence.

        Il poursuit en distinguant plusieurs sens de pénitence. Le premier, c’est le changement d’orientation du coeur (la conversion). A cela s’ajoute plusieurs nuances, qu’il déduit les unes des autres: changement de vie, actes concrets exprimant ce changement, puis ascèse (et il détaille le sens de l’ascèse chrétienne). Il conclut que « la pénitence est donc la conversion passant du coeur aux oeuvres », établissant une nouvelle fois une équivalence « pénitence/conversion ».

        Il est donc légitime de traduire métanoia par conversion. La conversion implique l’ascèse, qui est, communément, la pénitence proprement dite. On peut donc parler de conversion, en comprenant qu’elle inclut l’ascèse. On peut aussi parler de pénitence, en comprenant qu’elle ne se réduit pas à l’ascèse, mais que celle-ci exprime la conversion du coeur.

        Voilà ce que je comprends de Jean-Paul II.

        J’aime

      • S’il est légitime de traduire μετάνοια par « conversion », expliquez-moi pourquoi aucun traducteur des Sources chrétiennes (des universitaires qui connaissent le grec mieux que vous) ne le traduit ainsi. Et expliquez-moi aussi comment on doit traduire ἐπιστροφή…

        Franchement, quand vous avez cucumber dans un texte anglais, vous ne le traduisez pas par citrouille. Et pourtant il y a un rapport entre les deux, plus précis qu’entre μετάνοια et ἐπιστροφή.

        J’aime

  2. Dans toutes ses Apparitions, Notre-Dame demande aussi aux voyants, et à travers eux aux chrétiens, de faire pénitence et c’est essentiel dans les messages qu’elle fait passer.

    Cela est déjà une condamnation des dérives constatées depuis Vatican II.

    Il est de plus en plus évident que l’Église catholique actuelle n’est que le singe de la Véritable Église du Christ, telle que prédite par la Ste Vierge aux voyants…

    Mais il ne faut pas désespérer car la Ste Vierge a promis que « (son) Cœur Immaculé triomphera ». Il faut être patient car pour un chrétien, c’est quand on désespère qu’il faut espérer le plus.

    Donc, comme dit le Christ, c’est celui qui tiendra jusqu’au bout qui sera sauvé…

    J’aime

Laisser un commentaire