Samedi in albis

Le nom complet de ce jour est « in albis deponendis » : le samedi où les nouveaux baptisés doivent « déposer » le vêtement blanc dont ils ont été revêtus la nuit de Pâques. Ils doivent redonner le vêtement, mais garder la pureté de l’âme. En fait, c’est le Christ qu’ils ont revêtu par le baptême, et ils doivent vivre de cette vie baptismale. L’antienne de la communion est le verset de l’épître aux Galates qui le rappelle, et qui remplace aux grandes fêtes, dans la liturgie byzantine, le trisagion : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ, alléluia. »

Le début du deuxième chapitre de la première épître de saint Pierre a été choisi parce qu’il commence par « Deponentes » : vous qui déposez ; mais ce que les néophytes déposent selon l’épître, c’est toute malice, toute ruse et dissimulation, et envie, et toute médisance… précisément parce que c’est le Christ qu’ils ont revêtu.

C’est le texte qui se termine ainsi : « Vous êtes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière : vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu ; vous qui n’aviez pas reçu miséricorde, mais qui maintenant avez reçu miséricorde. »

Dom Pius Parsch y fait allusion dans son commentaire :

Rappelons-nous qu’au moment de notre baptême nous avons reçu deux insignes de notre dignité chrétienne, — que nous pouvons, après saint Pierre, appeler une dignité sacerdotale : l’habit blanc et le cierge allumé. Le prêtre qui nous baptisa nous avertit que nous devions porter ces deux insignes toute notre vie. « Reçois l’habit blanc et porte-le sans tache devant le tribunal de Notre-Seigneur Jésus-Christ, afin que tu aies la vie éternelle ». « Reçois la lampe allumée et conserve sans reproche la grâce de ton baptême. Observe les commandements de Dieu, afin que, quand le Seigneur viendra pour les noces célestes, tu puisses aller à sa rencontre, avec tous les saints, dans la cour céleste et vivre éternellement ». Quand les nouveaux baptisés déposent aujourd’hui, dans la salle du trésor de l’Église, leurs blancs vêtements baptismaux, il y a dans cette action une signification profonde : ils doivent conserver sans tache le blanc vêtement de l’âme, le vêtement de la grâce, pour recevoir un jour, du juge éternel, la robe de la gloire.

Bien sûr ce ne sont plus les paroles du baptême dans le rituel « rénové »… Il n’y a plus ni « tribunal » à redouter ni « commandements de Dieu » à observer ni même de « grâce » du baptême…


En savoir plus sur Le blog d'Yves Daoudal

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

3 réflexions sur “Samedi in albis

  1. Il faudrait arrêter de raconter n’importe quoi. Chacun pourra lire le rituel du baptême, et constater que la grâce du baptême y est bien présente. Et la remise du vêtement blanc, avec le symbolisme. Certes, les mots Tribunal et commandements n’y sont pas. On peut le regretter. On parle de suivre le Christ, de s’attacher à Jésus-Christ, de renoncer à Satan, à ses oeuvres, à tout ce qui conduit au mal. On peut préférer les formules traditionnelles (c’est mon cas), mais pas jeter l’opprobre sur tout ce qui se fait dans l’Eglise latine depuis 50 ans.

    Par ailleurs, je ne comprends toujours pas ce qui vous sépare des lefebvristes. Vous dites qu’ils sont le dernier avatar de l’Eglise tridentine. Mais si l’un d’entre eux vous demandait conseil (je concède que ce n’est pas leur genre!) : que vous leur diriez-vous? de faire ces sacres, ou non? et avec quels arguments?

    J’aime

    • Je ne dis pas n’importe quoi. Le mot grâce ne figure pas dans le texte qui remplace le texte traditionnel pour la remise du cierge. La grâce du baptême est indiquée ailleurs, certes, du moins pour ceux qui suivent encore un texte officiel. Mais j’ai assisté à plusieurs baptêmes où il était seulement question de l’entrée de l’enfant dans l’Eglise…

      En ce qui concerne les lefebvristes, les sacres m’indiffèrent. C’est pourquoi je n’en parle pas. Donc je n’ai aucun conseil à donner. (Je n’ai d’ailleurs généralement pas de conseils à donner, je ne suis pas directeur de conscience…)

      J’aime

Laisser un commentaire