
Que nos gazettes païennes disent n’importe quoi sur la prétendue découverte de 42 pages de saint Paul, c’est normal, vu le degré actuel d’analphabétisme religieux. Mais quand La Croix ne relève pas le niveau (du moins dans son titre), c’est qu’il n’y a vraiment plus rien à sauver dans la presse.
Non, on n’a pas retrouvé 42 pages perdues du Nouveau Testament. Des chercheurs ont réussi à reconstituer 42 pages des épîtres de saint Paul qui manquaient dans le codex H (ou 015). Un manuscrit terriblement mutilé, partiellement conservé au Mont Athos, et dont il y a sept autres morceaux dispersés à Saint-Pétersbourg, Moscou, Kiev, Paris, Turin, mais qui est une des références pour l’établissement du texte. Il date du VIe siècle et c’est un « témoin constant de premier ordre », selon la terminologie de Nestle-Aland, pour huit épîtres de saint Paul et pour l’épître aux Hébreux.
On avait vu que certaines pages portaient des traces de la page opposée qui avait disparu. Des traces souvent presque invisibles. Mais les dernières techniques d’imagerie ont permis de « lire » ces traces, y compris elles qu’on ne voyait pas.
Les spécialistes verront si l’on y trouve d’intéressantes variantes. Mais en tout état de cause cela ne peut être que très marginal. Le codex H n’est que l’un des 33 « témoins constants de premier ordre » pour la première aux Corinthiens, dont voici les versets 19-22 du chapitre 10, retrouvés dans le fragment Coislin 202 conservé à Paris. C’est précisément la page qui précédait la première du manuscrit qui était lisible jusqu’à maintenant (à droite).


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J’espère que ces 42 pages (environ 16 lignes de 17 lettres) contiennent Galates 2, 7-9 où Petros est nettement distingué de Kēphas… Ou la falsification a eu lieu?…
Voir mes «Œuvres choisies»: https://x.com/search?q=from%3ABudelbergerR%20pierre%20c%C3%A9phas&src=typed_query.
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