Saint Bernardin de Sienne

Portrait par Stefano di Giovanni dit « Il Sassetta », peintre de Sienne, 1444 (l’année même de la mort du saint).

Comme souvent sur les portraits de saint Bernardin il y a l’inscription (à gauche) « Manifestavi nomen tuum hominibus » : J’ai manifesté ton nom aux hommes (Jean 17,6). Dans l’évangile c’est Jésus qui évoque le Père. Dans la bouche de saint Bernardin, c’est la prédication du nom de Jésus. Il se trouve que le saint est mort pendant les premières vêpres de l’Ascension, quand on chantait l’antienne de Magnificat « Pater, manifestávi nomen tuum homínibus… »

Notice de Stéphane Mendelssohn dans le Guide artistique de la province de Sienne :

Bernardino degli Albizzeschi est représenté en pied, vu de trois quarts et revêtu de l’habit gris des franciscains, maintenant devant lui la tablette ornée du trigramme du Christ dont il est réputé être l’inventeur. L’auréole de la sainteté est venue remplacer les rayons que l’on devine encore autour de sa tête et qui signalent habituellement la figure d’un bienheureux. Elle a été ajoutée tardivement, probablement par une autre main que celle de Sassetta, après la canonisation de Bernardino qui eut lieu en 1450, de même que d’autres repeints, tel le détail de la colombe murmurant à l’oreille du saint pour lui communiquer l’inspiration divine.

Sous la figure du saint, la présence d’une scène historiée vient, à la manière d’une prédelle, ajouter une dimension narrative, complétant ainsi l’information véhiculée par l’œuvre. Bernardin y apparaît installé dans une chaire de bois d’apparence rustique, brandissant un crucifix qu’il désigne également de l’index, selon une iconographie appelée à devenir traditionnelle. À l’arrière-plan, une rangée de fidèles anonymes simulant une foule groupée écoutent à genoux les paroles du saint. Sur le devant de la scène, dix figures de pénitents nu-pieds sont agenouillées deux à deux. Vêtus d’un habit blanc largement déchiré dans le dos pour y recevoir le fouet, et marqué d’un crâne sur l’épaule, il s’agit de membres de la confrérie de San Giovanni Battista della Morte, fondée en 1425 pour assister les condamnés à mort et porter secours aux prisonniers. Il est probable que l’image peinte du saint fut commandée à l’occasion d’un prêche que Bernardin fit devant les membres de cette confrérie en montrant un crucifix en bois qu’il leur offrit ensuite (il est aujourd’hui conservé par la confrérie de Saint-Sébastien). Selon Laura Martini, « en décembre 1444, la confrérie versa 11 florins à un certain ‘maitre Stefano, peintre’, qui est sans doute Stefano di Giovanni, dit Sassetta ».


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