La fête du cochon interdite à Pont-Scorff

Extrait d’un article de Breizh-Info :

Le mécanisme est désormais bien rodé. Un journaliste « repère » sur les réseaux sociaux un événement qui ne relève pourtant d’aucune actualité, ni d’aucune nuisance publique. Il téléphone à l’organisateur et le pousse à se défendre par anticipation. L’article paraît. Les élus, alertés par la parution, se sentent obligés de réagir. La polémique est ainsi fabriquée à partir de rien : avant l’article, il n’y avait qu’un repas. Après l’article, il y a une « affaire ».

Le lendemain, la suite était écrite d’avance. Yvonnick Le Coupannec, maire de Pont-Scorff, annonce dans les colonnes du même Télégramme que la Fête du cochon n’aura finalement pas lieu sur sa commune – oubliant tout de même de préciser qu’il n’a absolument pas son mot à dire sur une fête à caractère privé, dans un lieu privé, la seule menace éventuelle de trouble à l’ordre public pouvant émaner uniquement d’opposants à cette fête privée « révélée » par une presse militante.

La municipalité, explique-t-il, n’avait pas été informée — ce qui est parfaitement normal s’agissant d’un déjeuner privé entre adultes consentants chez un particulier — et juge l’événement susceptible d’entraver l’ordre public. L’édile invoque la journée de la Résistance du 27 mai, le Conseil national de la Résistance, la devise républicaine, et conclut son intervention par un avertissement général : tout projet « extrémiste », d’un côté comme de l’autre, sera désormais empêché sur le territoire communal.

Reste à comprendre comment la mairie peut interdire un repas qui se tient sur une propriété privée, entre personnes invitées. La question, posée en ces termes, n’a guère de réponse juridique solide. Les libertés individuelles, que l’édile dit pourtant respecter, incluent traditionnellement celle de recevoir qui l’on veut chez soi. Mais la pression médiatique, relayée par le ton martial de l’annonce municipale, a manifestement suffi à faire plier l’organisateur.


En savoir plus sur Le blog d'Yves Daoudal

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire