Saint Apollinaire

Voici la notice de la Légende dorée de Jacques de Voragine, dans la traduction de l’abbé Roze, 1902. Il y a fort peu de chances que saint Apollinaire ait été envoyé par saint Pierre, mais il était de tradition que les premiers évêques des villes importantes d’Occident aient été nommés par le chef des apôtres. La notice est d’une rare sobriété et omet plusieurs développements de la « vie » de saint Apollinaire, à commencer par sa naissance « à Antioche ».

Saint Apollinaire fut disciple de saint Pierre qui l’envoya de Rome à Ravenne où, après avoir guéri la femme du tribun, il la baptisa avec son mari et sa famille. Le juge en fut informé et Apollinaire fut mandé le premier pour comparaître devant lui. On le conduisit au temple de Jupiter pour qu’il sacrifiât. Comme il disait aux prêtres que l’or des idoles et l’argent qu’on y suspendait seraient mieux employés en les donnant aux pauvres qu’à les exposer ainsi devant les démons, il fut saisi aussitôt et battu avec des fouets jusqu’à rester à demi mort : mais il fut recueilli par ses disciples et soigné pendant sept mois dans la maison d’une veuve. De là il vint à Classe pour y guérir un noble qui était muet. Comme il entrait dans la maison, une jeune fille possédée d’un esprit immonde s’écria : « Retire-toi d’ici, serviteur de Dieu, sinon je te ferai jeter hors de la ville les mains et les pieds liés. » Saint Apollinaire la reprit aussitôt et força le démon à s’en aller. Après avoir invoqué le nom du Seigneur sur le muet et l’avoir guéri, plus de cinq cents hommes reçurent le don de la foi. Cependant les païens l’accablèrent à coups de fouet pour l’empêcher de nommer J.-C. : mais le saint étendu par terre criait que c’était le vrai Dieu. Alors ils le firent tenir debout et nu-pieds sur des charbons ardents, mais comme il prêchait encore J.-C. avec la plus grande constance, ils le chassèrent hors de la ville.

Dans le même temps, Rufus, patricien de Ravenne, dont la fille était malade, avait appelé saint Apollinaire pour la guérir : mais celui-ci était à peine entré dans la maison qu’elle mourut. Rufus lui dit : « Il eût été à souhaiter que tu ne fusses pas entré chez moi, car les grands dieux irrités n’ont pas voulu guérir ma fille : mais toi, que lui pourras-tu faire ? » « Ne crains rien, lui répondit Apollinaire ; seulement jure-moi que si ta fille ressuscite, tu ne l’empêcheras pas de s’attacher à son créateur. » Il le promit et saint Apollinaire ayant fait une prière, la fille ressuscita. Elle confessa le nom de J.-C., reçut le baptême avec sa mère et une grande multitude de personnes, et elle vécut dans la virginité. Quand César apprit cela, il écrivit au préfet du prétoire de faire sacrifier Apollinaire, ou de l’envoyer en exil. Apollinaire ayant refusé de sacrifier, le préfet le fit fouetter et ordonna qu’on l’étendît au chevalet pour le torturer. Le saint persistant à confesser J.-C., il fit jeter de l’eau bouillante sur ses plaies et voulut l’envoyer en exil après l’avoir garrotté d’une masse énorme de fer. Les chrétiens, à la vue d’une si grande impiété, s’enflammèrent contre les païens, se jetèrent sur eux et en tuèrent plus de deux cents. Alors le préfet se cacha, jeta Apollinaire au fond d’une prison très profonde, ensuite il le fit mettre sur un vaisseau après l’avoir enchaîné, et le fit partir en exil, avec trois clercs qui suivaient le saint. Il s’éleva une tempête, et il n’y eut de sauvé que lui, les deux clercs et deux soldats qu’il baptisa.

Revenu ensuite à Ravenne, où les païens le prirent et le conduisirent au temple d’Apollon, aussitôt qu’il eut aperçu la statue de l’idole, il la maudit et tout aussitôt, elle tomba. A cette vue, les prêtres le menèrent au juge Taurus. Ce juge, après que le saint eut rendu l’usage de ses yeux à son fils qui était aveugle, se convertit à la foi, et garda Apollinaire pendant quatre ans dans son domaine. Les prêtres des faux dieux l’ayant accusé à Vespasien, celui-ci répondit que quiconque insultait les dieux devait sacrifier ou bien être chassé de la ville : « Il n’est pas juste, ajoutait-il, que nous vengions les dieux ; mais, s’ils s’irritent, ils pourront se venger eux-mêmes de leurs ennemis. » Alors le patrice Démosthène, sur le refus que lui fit saint Apollinaire de sacrifier, le confia à un centurion déjà chrétien. Celui-ci demanda au saint de venir au quartier des lépreux pour y échapper à la fureur des gentils ; mais le peuple l’y poursuivit et le frappa si longtemps qu’il en mourut, après sept jours employés par lui à donner des avis à ses disciples; il fut enseveli ensuite avec les plus grands honneurs au même endroit par les chrétiens, sous l’empire de Vespasien, l’an du Seigneur 70.

La dictature hongroise

Peter Magyar ne perd pas de temps. Après avoir pris le contrôle des médias, après avoir viré le président de la République et le président de la Cour constitutionnelle, il a envoyé hier le parquet au centre de données hébergeant les serveurs du Fidesz, afin de saisir l’intégralité du système de communication et des bases de données du parti de Viktor Orbán, sous prétexte de « lutte contre la corruption ». Le Fidesz est ainsi paralysé. Inutile de préciser que Viktor Orbán n’a jamais rien fait de tel contre ses opposants, et que rien de tel n’avait eu lieu depuis l’époque communiste.

Aujourd’hui le procureur général Gabor Balint Nagy annonce sa démission :

« La raison de ma démission de la fonction de procureur général est uniquement de préserver les intérêts du ministère public : le fonctionnement et l’indépendance du parquet ne doivent, en aucun cas, être compromis par les luttes honteuses et politiquement motivées entourant le procureur général. »

La dictature allemande

Une première historique en Allemagne : un député du Bundestag voit sa candidature à un poste d’administrateur d’arrondissement rejetée pour la seule raison de son appartenance… au parti politique qu’il représente au Parlement.

Martin Sichert, député au Bundestag, figure de l’AfD en Basse-Saxe, est interdit de se présenter à une élection en Basse-Saxe… parce qu’il est membre de l’AfD.

La commission électorale a suivi une recommandation du ministère de l’Intérieur de Basse-Saxe, qui a classé l’AfD comme « extrême droite » et doute par conséquent de la capacité de Sichert à « défendre à tout moment l’ordre fondamental démocratique et libéral tel que défini par la Loi fondamentale de la République fédérale d’Allemagne ».

Cette décision manifestement et violemment contraire à « l’ordre fondamental démocratique et libéral tel que défini par la Loi fondamentale de la République fédérale d’Allemagne » donnera très certainement une nouvelle illustration à l’effet Streisand lors des prochaines élections dans le Land voisin de Saxe-Anhalt où l’AfD est déjà à 42% dans les sondages…

Mykhaylo Drapaty

L’ancien président ukrainien Zelensky a limogé le général Syrsky et l’a remplacé par le général Drapaty.

Syrsky est un… Russe, dont toute la famille habite Iaroslav, sauf un fils qui vit en Australie et qui est un militant pro-russe. Mais comme il était en Ukraine au moment de l’indépendance, il y est resté…

Drapaty est quant à lui né en Ukraine. Il est qualifié de « héros » par certaines de nos gazettes. Parce que le 9 mai 2014 il avait défoncé une pauvre barricade des séparatistes de Marioupol avec son blindé.

Ses exploits de l’époque dans le Donbass lui valent d’être sur la liste des personnes recherchées par la Russie, comme responsable de bombardements ayant fait 154 morts ou blessés parmi les civils dans les régions de Donetsk et de Lougansk.

En novembre 2024 il avait été nommé commandant des forces armées terrestres, poste dont il avait démissionné en juin 2025 après une frappe de missile russe sur un camp d’entraînement (12 morts, 60 blessés) qui avait déjà été attaqué moins de trois mois plus tôt.

Sur cette intéressante photo prise le 18 juin 2021 on voit le colonel Mykhaylo Drapaty genou à terre devant l’ambassadrice du Royaume-Uni, Melinda Simmons, qui lui fait baiser l’épée de la Reine.
 

Une messe au parc

Le jésuite équatorien Wilo Haro Rivas célébrant la messe (ou plutôt faisant semblant, mais le message est le même) dans un parc près de Mexico.

Il a publié cette photo sur son compte Instagram dédié à ses créations de broderie.

Avec cette légende :

Les Exercices spirituels constituent peut-être ce que la Compagnie de Jésus a de mieux à offrir. Parmi les nombreuses formes et manières créatives de les rendre accessibles, l'opportunité de les vivre à travers la broderie intègre la répétition du travail textile, la transformant en prière.
Ces deux dernières semaines, j'ai consacré du temps à m'occuper des « Exercices spirituels brodés » ; pourtant, comme toujours, la vie me surprend en me donnant la grâce de voir comment Dieu brode nos vies d'amour et d'espérance.

Infovaticana termine ainsi son commentaire : « Lorsque la personnalité du jésuite prend la place qui revient à l’autel, la crise cesse d’être uniquement numérique pour devenir une crise profonde d’identité. »