Le fameux opposant Protasevitch…

Roman Protasevitch était considéré jusqu’ici comme l’un des principaux opposants biélorusses. Sa longue fiche Wikipedia en témoigne. le 23 mai 2021, Svetlana Tikhanovskaïa, autoproclamée présidente de Biélorussie en exil à Vilnius, et qui a été encore reçue comme telle au Parlement européen l’autre jour, lança une campagne pour avertir que Protasevitch risquait la peine de mort parce qu’il avait été placé sur la liste des « individus impliqués dans des activités terroristes ».

Ce jour-là, l’avion ramenant Protasevitch d’Athènes à Vilnius était détourné sur Minsk sous prétexte d’une alerte à la bombe, et Protasevitch arrêté. Un certain Viatchorka explique que Protasevitch était devenu un « ennemi personnel de Loukanchenko » : « Il était l’une des personnalités les plus éminentes pour parler des horribles violations des droits de l’homme. Je pense que ce que nous avons vu aujourd’hui, c’était leur revanche, la vengeance personnelle de Loukachenko contre Roman. »

Le 3 mai 2023, Protasevitch est condamné à 8 ans de prison… et gracié par Loukachenko quelques jours plus tard.

Vendredi dernier, Loukachenko a révélé que Protasevitch était un agent des services secrets biélorusses. Il était allé en Grèce rencontrer des officiers de renseignement et raconter ce qui se passait dans l’opposition biélorusse à Vilnius. « Nous avons été accusés de garder en détention une figure de l’opposition. Mais il n’est pas une figure de l’opposition. Nous ne détenons pas de figures de l’opposition. »

Roman Protasevitch a confirmé qu’il en était bien ainsi.

Grande solitude de la « présidente » Svetlana Tikhanovskaïa…

Et le site ukrainien Mirotvorets a aussitôt inscrit Protasevitch sur sa liste d’ennemis de l’Ukraine à éliminer…

La persécution ukrainienne

Le métropolite Arsène, abbé de la laure de Sviatogorsk, en prison préventive depuis un an et demi, a été libéré le 28 octobre, et aussitôt remis en prison pour d’autres motifs, après obtention d’un certificat médical mensonger indiquant qu’il est en bonne santé alors qu’il est gravement malade du cœur.

Hier dimanche, les autorités judiciaires lui ont permis de se rendre dans son monastère pour célébrer la divine liturgie, jusqu’à midi. Mais on est venu le reprendre pour une audience à 10 heures… Laquelle a duré huit heures.

Ce matin se sont déroulées quatre audiences simultanées sur différents aspects du procès. Au cours d’une pause, le métropolite a dû être hospitalisé.

Ces audiences concernent toujours le premier motif de l’arrestation, à savoir cette homélie où le métropolite disait qu’un barrage de l’armée rendait difficile l’accès au monastère. Homélie mise en ligne après la fin du barrage…

On ne connaît pas le motif de la nouvelle arrestation. Sans doute la fameuse « justification de l’invasion » qui sert à tout. En fait il est curieux qu’on ne l’ait pas déjà condamné pour publication de vidéos en russe…

Commémoraison de tous les fidèles défunts

Le magnifique deuxième répons des matines, du quatrième mode, magnifiquement chanté par les moines de Fongombault, qui ont enlevé les deux bémols du Liber usualis, et ont bien fait.

℟. Qui Lázarum resuscitásti a monuménto fœtidum, * Tu eis, Dómine, dona réquiem, et locum indulgéntiæ.
℣. Qui ventúrus es iudicáre vivos et mórtuos, et sǽculum per ignem.
℟. Tu eis, Dómine, dona réquiem, et locum indulgéntiæ.

℟. Vous qui avez délivré du tombeau Lazare déjà fétide, * Vous, Seigneur, donnez-leur le repos et le lieu du pardon.
℣. Vous qui devez venir juger les vivants et les morts, et ce siècle par le feu.
℟. Vous, Seigneur, donnez-leur le repos et le lieu du pardon.

Ijé Khérouvim

Vidéo mise en ligne aujourd’hui par le monastère Sainte-Elisabeth de Minsk.

Nous qui, dans ce mystère, représentons les chérubins et chantons l’hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité, déposons maintenant tous les soucis de cette vie…

pour accueillir le Roi de toutes choses, invisiblement escorté par les ordres des anges. Alléluia, alléluia, alléluia.

21e dimanche après la Pentecôte

La parabole que conte Jésus dans l’évangile de ce dimanche est une illustration de ce qu’il vient de répondre à Pierre qui lui demandait si l’on devait pardonner jusqu’à sept fois. Jésus lui a répondu qu’on ne doit pas pardonner jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois 7 fois. Le nombre 7 multiplié par 10 puis par lui-même ne donne pas un nombre mais une indéfinité : on doit toujours pardonner, sans aucun calcul d’aucune sorte. Comme Dieu pardonne.

Alors Jésus raconte la parabole de cet « homme roi » qui découvre qu’un serviteur lui doit 10.000 talents. Aujourd’hui cela ne nous dit rien. Mais pour Pierre et les autres apôtres, la somme est inimaginable. Du reste aucun serviteur ne peut devoir 10.000 talents : l’équivalent d’au moins 60 millions de deniers, quelque chose comme 25 à 30 tonnes d’argent, cinquante fois plus que les impôts perçus par Hérode. Ces 10.000 talents sont l’équivalent du « 70 fois 7 fois ». Du reste, le mot grec pour dire 10.000 est le mot qui a donné « myriade ». Et déjà en grec, s’il voulait bien dire 10.000, il signifiait souvent « innombrable ». Comme on le voit aussi dans la première épître aux Corinthiens : « Dans l’église, j’aime mieux dire cinq paroles avec mon intelligence, afin d’instruire aussi les autres, que dix mille paroles en langue ». Et la « myriade » d’hommes dont il est question au premier verset du chapitre 12 de l’évangile de saint Luc en grec a été traduit dans la Vulgate par « multis ».

Donc les apôtres ont aussitôt compris que Jésus parlait d’une dette incommensurable, d’autant qu’ils venaient d’entendre les « 70 fois 7 fois » du pardon : il ne parlait pas d’une dette d’argent, mais de celle du Pater : « dimitte nobis debita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris ».

Ce que confirme la suite de la parabole, puisque celui qui se reconnaît débiteur insolvable de « l’homme roi » refuse de remettre sa dette à son compagnon qui lui doit 100 deniers. Soit six cent mille fois moins. Et toutefois ce n’est pas rien : c’est plus de trois mois de salaire d’un ouvrier agricole. Car il faut garder en tête qu’on parle du pardon des offenses. Jésus ne parle pas du pardon des offenses les plus minimes, mais de vraies offenses, qui font vraiment mal.

En bref, si tu n’arrives pas à pardonner une offense qui, convertie en frappe au porte-monnaie, équivaut à trois mois de salaire, comment veux-tu que Dieu te pardonne tes péchés, qui sont incommensurables, parce que tout péché est une blessure infligée à la bonté et à la beauté infinies de Dieu.

Et, in fine, Jésus insiste : il ne s’agit pas de pardonner en paroles, du bout des lèvres, ou en faisant des restrictions mentales, mais « de tout son cœur ». Comme « l’homme roi » avait remis sa dette au serviteur parce qu’il avait été ému par sa supplication. Le grec emploie le verbe formé sur le mot splagkhna, qui veut dire entrailles, et spécifiquement les entrailles de la mère, traduisant l’hébreu rahamim, qui est la plus profonde miséricorde. Quand nous demandons pardon à Dieu, il en est remué dans ses entrailles maternelles. Puisque nous devons être parfaits comme notre Père céleste est parfait, nous aussi devons faire miséricorde à celui qui nous a blessé. Comme une mère, sans compter.

*

• L’introït.

• Le graduel.

• L’Alléluia.

• L’« offertoire de Job ».

• La communion.