Il n’y a plus d’argent

François Villeroy de Galhau, « gouverneur de la Banque de France Â» (sous-fifre de la Banque centrale europĂ©enne), rĂ©pĂšte Ă  propos d’une baisse de la fiscalitĂ© sur les carburants :

« Nous n’avons plus d’argent pour financer des mesures gĂ©nĂ©rales. Â»

Il ne dit toujours pas par quel miracle nous en avons pourtant encore autant Ă  jeter dans le trou ukrainien.

Pour en finir avec les « lectures Â»

On voit ici le chant de l’épĂźtre et le chant de l’évangile, hier Ă  la cathĂ©drale orthodoxe de Minsk. Ces deux textes sont chantĂ©s en slavon d’église, le premier par un diacre, le second par un prĂȘtre. Ce ne sont donc pas des « lectures », et le chant se fait non pas face aux fidĂšles, mais face Ă  l’iconostase, face Ă  l’autel. Ad orientem.

La liturgie, par principe, est chantĂ©e. La liturgie « lue », ça n’existe pas dans la tradition byzantine, comme ça n’existait pas autrefois dans la tradition latine.

Et elle est chantĂ©e dans une langue liturgique. En GrĂšce, l’épĂźtre et l’évangile sont chantĂ©s dans leur texte originel, en grec ancien (mais souvent face au peuple).

C’est pourquoi il n’y a pas d’homĂ©lie aprĂšs le chant de l’évangile. Car l’irruption d’une langue vernaculaire, et d’un propos qui n’est pas dans le rituel liturgique, casserait l’unitĂ© de la liturgie et son dĂ©roulement sacrĂ©. L’homĂ©lie est dite aprĂšs la divine liturgie.

Pour un Grec c’est simplement naturel que la liturgie, donc l’épĂźtre et l’évangile qui en font partie, se chante
 en grec, et pour un Russe qu’elle se chante en slavon, comme ce devrait ĂȘtre normal pour un latin qu’elle se chante, Ă©pĂźtre et Ă©vangile compris
 en latin (et Ă  l’autel).

Mais ce qui est naturel en GrĂšce et en Russie a quasiment disparu de l’Eglise dite latine, mĂȘme dans la grande majoritĂ© des messes dites traditionnelles, le dictateur Bergoglio ayant mĂȘme imposĂ© la lecture de l’horrible « traduction » officielle.

Sainte Monique

L’hymne de l’office des saintes femmes (non vierges non martyres), par des moniales bĂ©nĂ©dictines indĂ©terminĂ©es, enregistrĂ©es Ă  une date indĂ©terminĂ©e, dans un disque 78 tours de la marque française SM, repris dans un coffret de quatre disques 33 tours de la marque amĂ©ricaine Everest.

Fortem viríli péctore
Laudémus omnes féminam,
QuĂŠ sanctitĂĄtis glĂłria
UbĂ­que fulget Ă­nclita.

HĂŠc sancto amĂłre sĂĄucia,
Dum mundi amĂłrem nĂłxium
Horréscit, ad cÊléstia
Iter perégit årduum.

Carnem domans ieiĂșniis,
DulcĂ­que mentem pĂĄbulo
OratiĂłnis nĂștriens,
CĂŠli potĂ­tur gĂĄudiis.

Rex Christe, virtus fĂłrtium,
Qui magna solus éfficis,
Huius precĂĄtu, quÇœsumus,
Audi benĂ­gnus sĂșpplices.

Deo Patri sit glĂłria,
EiĂșsque soli FĂ­lio,
Cum SpĂ­ritu ParĂĄclito,
Nunc, et per omne sÇœculum.
Amen.

La femme forte au cƓur viril
Louons-la tous ;
Elle resplendit partout
De la gloire remarquable de sa sainteté.

Celle-ci, blessée du saint amour,
Tandis qu’elle repousse le dangereux amour du monde,
Monte aux demeures célestes
Par un chemin escarpé.

Domptant sa chair par les jeûnes
Et nourrissant son Ăąme
Par le doux aliment de l’oraison,
Elle obtient les joies du ciel.

Christ Roi, force des Ăąmes courageuses,
Vous qui seul faites de grandes choses,
A sa priĂšre, s’il vous plaĂźt,
Ecoutez avec bonté nos supplications.

A Dieu le PĂšre soit la gloire
Et Ă  son Fils unique,
Avec l’Esprit Paraclet,
Maintenant et dans tous les siĂšcles.
Amen.

4e dimanche aprĂšs PĂąques

La semaine derniĂšre, les rĂ©pons des matines n’étaient plus ceux de PĂąques, mais ils Ă©taient pris de l’Apocalypse, la lecture biblique du moment. A partir de ce dimanche, jusqu’à l’Ascension, ils sont constituĂ©s de versets de psaumes sans rapport direct avec les lectures, mais toujours ponctuĂ©es des allĂ©luias de PĂąques. Le premier est pris du psaume 136, « Sur les rives des fleuves de Babylone ». C’est la rĂ©ponse des HĂ©breux exilĂ©s Ă  ceux qui leur demandent de chanter des cantiques de Sion. Le psaume dit : « Si je t’oublie, JĂ©rusalem ». Le rĂ©pons omet le nom de la ville, ce qui laisse entendre que c’est Dieu que je ne dois pas oublier.

℟. Si oblĂ­tus fĂșero tui, allelĂșia, obliviscĂĄtur mei dĂ©xtera mea: * AdhÇœreat lingua mea fĂĄucibus meis, si non memĂ­nero tui, allelĂșia, allelĂșia.
℣. Super flĂșmina BabylĂłnis illic sĂ©dimus et flĂ©vimus, dum recordarĂ©mur tui, Sion.
℟. AdhÇœreat lingua mea fĂĄucibus meis, si non memĂ­nero tui, allelĂșia, allelĂșia.

℟. Si jamais je t’oublie, allĂ©luia, que ma main droite m’oublie : * Que ma langue s’attache Ă  mon palais, si je ne me souviens plus de toi, allĂ©luia, allĂ©luia.
℣. Auprùs des fleuves de Babylone, nous sommes assis et nous pleurons, en nous souvenant de toi, î Sion.
℟. Que ma langue s’attache Ă  mon palais, si je ne me souviens plus de toi, allĂ©luia, allĂ©luia.

Comme dans tous les rĂ©pons anciens, le texte est pris du psautier romain, avec « obliviscatur » au lieu de « oblivioni detur » dans le psautier liturgique, le psautier dit « gallican », rĂ©visĂ© par saint JĂ©rĂŽme. C’est ce dernier qui traduit correctement le grec, comme d’habitude. Le psautier romain dit « que ma main droite m’oublie ». Le vĂ©ritable texte est : « que ma main droite s’oublie » (elle-mĂȘme), « soit mise en oubli », comme prĂ©cise le psautier liturgique. Saint Hilaire l’avait fait remarquer.

Je pense souvent au fait que la liturgie latine et la liturgie grecque (et slavonne, etc.) avaient exactement le mĂȘme psautier, jusqu’à la rĂ©volution liturgique romaine qui l’a trafiquĂ© et censurĂ©, et cela alors qu’on prĂ©tendait s’engager Ă  fond dans l’ƓcumĂ©nisme


(On constate que sur cette Ă©dition rĂ©cente de l’antiphonaire de Hartker il y a « obliviscatur me » et non « mei » comme dans les livres liturgiques habituels. Je ne sais pas si c’est l’Ă©diteur qui a corrigĂ©, mais de fait le psautier romain a « me » et non « mei ». – Le sens est le mĂȘme, le verbe se construisant soit avec le gĂ©nitif soit avec l’accusatif.)