Le 21e paquet

Les 27 ont fini par se mettre d’accord sur le 21e paquet de sanctions contre la Russie, un mois et demi après la proposition de la Commission… « Un train de sanctions nettement affaibli » par rapport à cette proposition, doit avouer EUobserver. En fait il n’y a rien de marquant ni même de nouveau dans la nouvelle liste de 218 sanctions, en dehors de l’interdiction faite aux banques de l’UE de faire des transactions avec 32 banques russes. Effet boomerang garanti et immédiat…

Comme on n’a rien à se mettre sous la dent, Le Monde s’indigne que Xenia Fedorova ne soit pas sur la nouvelle liste des personnes soumises à des sanctions, et que personne ne l’ait même demandé…

C’est que malgré les hauts cris des uns et des autres, on ne peut rien reprocher à Xenia Fedorova. Ou alors il faudrait expulser nombre d’intervenants médiatiques ukrainiens, qui sont loin d’avoir la retenue et le sérieux de la journaliste russe.

Totalitarisme décomplexé

Aurore Bergé, « ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations », sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, sur RMC :

C’est notre rôle de protéger les enfants. C’est notre rôle de protéger les enfants. Et protéger les enfants c’est quoi ? Moi je le vois sur tous les sujets de la webosphère, sur la haine antisémite, raciste, LGBT, sur les violences entre les femmes et les hommes, les réseaux sociaux contaminent les esprits de nos enfants et de nos adolescents. Ils les contaminent, ils les instrumentalisent, ils les enferment. On nous parle en permanence du régalien. Le régalien, c’est la protection qu’on doit à nos enfants. Ce qui se passe à l’intérieur des maisons ça regarde l’Etat quand on parle de protection des enfants.

Elle ose marteler la « protection des enfants », dans un pays où on les tue dans le ventre de leurs mères et qu’on en proclame le droit dans la Constitution, dans un pays où les foyers d’accueil sont des centres de recrutement pour la prostitution (20.000 mineures, chiffre en augmentation constante), où les animateurs périscolaires sont des prédateurs, où l’enquête sur les agissements de Jeffrey Epstein et de sa bande reste obstinément au point mort, où l’on pourrit les âmes des enfants dans les écoles… Précisément le discours d’Aurore Bergé est clair quand elle dit que les réseaux sociaux contaminent les esprits des enfants quant à la haine… anti-LGBT. Elle veut dire qu’il faut empêcher les enfants d’entendre une autre voix que la propagande officielle sur l’idéologie LGBT, et donc aussi sur l’avortement, et sur l’immigration, etc. Il faut aller dans les familles pour faire respecter l’idéologie antifamille.

« Ce qui se passe à l’intérieur des maisons ça regarde l’Etat. » Pour qu’un ministre puisse tranquillement proférer une profession de foi aussi ouvertement totalitaire à la télévision, et faire passer ce totalitarisme pour une défense du régalien (qui en est l’opposé) c’est que la société est gravement contaminée. Comme on le savait déjà, hélas.

L’allégeance

J’ai publié hier une photo de l’acte d’allégeance du colonel Mykhaylo Drapaty au Royaume-Uni, le 18 juin 2021. Drapaty, genou à terre, baise l’épée de la Reine que lui tend l’ambassadrice du Royaume-Uni, Melinda Simmons. Voici la vidéo. Non seulement ce n’est pas de la « propagande russe mensongère », mais c’est un reportage de la 5, la chaîne appartenant en propre à Petro Porochenko, président de l’Ukraine installé par les Anglo-américains et les nazis d’Azov en 2014, jusqu’en 2019 quand il créa une « Eglise orthodoxe » anti-russe, dont on voit un « évêque » à 0:41 à droite de l’ambassadrice pendant son speech. Les autres images sont celles de l’acte « héroïque » de Drapaty, le 9 mai 2014 à Marioupol. Le seul qui semble être porté au crédit de celui qui est aujourd’hui le commandant en chef des armées ukrainiennes par la grâce du président périmé Zelensky.

Saint Apollinaire

Voici la notice de la Légende dorée de Jacques de Voragine, dans la traduction de l’abbé Roze, 1902. Il y a fort peu de chances que saint Apollinaire ait été envoyé par saint Pierre, mais il était de tradition que les premiers évêques des villes importantes d’Occident aient été nommés par le chef des apôtres. La notice est d’une rare sobriété et omet plusieurs développements de la « vie » de saint Apollinaire, à commencer par sa naissance « à Antioche ».

Saint Apollinaire fut disciple de saint Pierre qui l’envoya de Rome à Ravenne où, après avoir guéri la femme du tribun, il la baptisa avec son mari et sa famille. Le juge en fut informé et Apollinaire fut mandé le premier pour comparaître devant lui. On le conduisit au temple de Jupiter pour qu’il sacrifiât. Comme il disait aux prêtres que l’or des idoles et l’argent qu’on y suspendait seraient mieux employés en les donnant aux pauvres qu’à les exposer ainsi devant les démons, il fut saisi aussitôt et battu avec des fouets jusqu’à rester à demi mort : mais il fut recueilli par ses disciples et soigné pendant sept mois dans la maison d’une veuve. De là il vint à Classe pour y guérir un noble qui était muet. Comme il entrait dans la maison, une jeune fille possédée d’un esprit immonde s’écria : « Retire-toi d’ici, serviteur de Dieu, sinon je te ferai jeter hors de la ville les mains et les pieds liés. » Saint Apollinaire la reprit aussitôt et força le démon à s’en aller. Après avoir invoqué le nom du Seigneur sur le muet et l’avoir guéri, plus de cinq cents hommes reçurent le don de la foi. Cependant les païens l’accablèrent à coups de fouet pour l’empêcher de nommer J.-C. : mais le saint étendu par terre criait que c’était le vrai Dieu. Alors ils le firent tenir debout et nu-pieds sur des charbons ardents, mais comme il prêchait encore J.-C. avec la plus grande constance, ils le chassèrent hors de la ville.

Dans le même temps, Rufus, patricien de Ravenne, dont la fille était malade, avait appelé saint Apollinaire pour la guérir : mais celui-ci était à peine entré dans la maison qu’elle mourut. Rufus lui dit : « Il eût été à souhaiter que tu ne fusses pas entré chez moi, car les grands dieux irrités n’ont pas voulu guérir ma fille : mais toi, que lui pourras-tu faire ? » « Ne crains rien, lui répondit Apollinaire ; seulement jure-moi que si ta fille ressuscite, tu ne l’empêcheras pas de s’attacher à son créateur. » Il le promit et saint Apollinaire ayant fait une prière, la fille ressuscita. Elle confessa le nom de J.-C., reçut le baptême avec sa mère et une grande multitude de personnes, et elle vécut dans la virginité. Quand César apprit cela, il écrivit au préfet du prétoire de faire sacrifier Apollinaire, ou de l’envoyer en exil. Apollinaire ayant refusé de sacrifier, le préfet le fit fouetter et ordonna qu’on l’étendît au chevalet pour le torturer. Le saint persistant à confesser J.-C., il fit jeter de l’eau bouillante sur ses plaies et voulut l’envoyer en exil après l’avoir garrotté d’une masse énorme de fer. Les chrétiens, à la vue d’une si grande impiété, s’enflammèrent contre les païens, se jetèrent sur eux et en tuèrent plus de deux cents. Alors le préfet se cacha, jeta Apollinaire au fond d’une prison très profonde, ensuite il le fit mettre sur un vaisseau après l’avoir enchaîné, et le fit partir en exil, avec trois clercs qui suivaient le saint. Il s’éleva une tempête, et il n’y eut de sauvé que lui, les deux clercs et deux soldats qu’il baptisa.

Revenu ensuite à Ravenne, où les païens le prirent et le conduisirent au temple d’Apollon, aussitôt qu’il eut aperçu la statue de l’idole, il la maudit et tout aussitôt, elle tomba. A cette vue, les prêtres le menèrent au juge Taurus. Ce juge, après que le saint eut rendu l’usage de ses yeux à son fils qui était aveugle, se convertit à la foi, et garda Apollinaire pendant quatre ans dans son domaine. Les prêtres des faux dieux l’ayant accusé à Vespasien, celui-ci répondit que quiconque insultait les dieux devait sacrifier ou bien être chassé de la ville : « Il n’est pas juste, ajoutait-il, que nous vengions les dieux ; mais, s’ils s’irritent, ils pourront se venger eux-mêmes de leurs ennemis. » Alors le patrice Démosthène, sur le refus que lui fit saint Apollinaire de sacrifier, le confia à un centurion déjà chrétien. Celui-ci demanda au saint de venir au quartier des lépreux pour y échapper à la fureur des gentils ; mais le peuple l’y poursuivit et le frappa si longtemps qu’il en mourut, après sept jours employés par lui à donner des avis à ses disciples; il fut enseveli ensuite avec les plus grands honneurs au même endroit par les chrétiens, sous l’empire de Vespasien, l’an du Seigneur 70.

La dictature hongroise

Peter Magyar ne perd pas de temps. Après avoir pris le contrôle des médias, après avoir viré le président de la République et le président de la Cour constitutionnelle, il a envoyé hier le parquet au centre de données hébergeant les serveurs du Fidesz, afin de saisir l’intégralité du système de communication et des bases de données du parti de Viktor Orbán, sous prétexte de « lutte contre la corruption ». Le Fidesz est ainsi paralysé. Inutile de préciser que Viktor Orbán n’a jamais rien fait de tel contre ses opposants, et que rien de tel n’avait eu lieu depuis l’époque communiste.

Aujourd’hui le procureur général Gabor Balint Nagy annonce sa démission :

« La raison de ma démission de la fonction de procureur général est uniquement de préserver les intérêts du ministère public : le fonctionnement et l’indépendance du parquet ne doivent, en aucun cas, être compromis par les luttes honteuses et politiquement motivées entourant le procureur général. »