Le pactole de l’IA à… Anguilla

Anguilla est une île des Caraïbes, « territoire britannique d’outre-mer », 18.000 habitants, doté d’un parlement et d’un gouvernement. Quoique retirée de la liste européenne des paradis fiscaux en 2021, Anguilla vit notamment comme boîte aux lettres de nombreuses et diverses entreprises (et accessoirement de philatélie). Mais une nouvelle source de revenus lui est tombée du ciel, ou plutôt des hasards de la codification : le nom de domaine de l’île est .ai, ce qui correspond aux initiales d’Intelligence artificielle en anglais. Les entreprises liées à l’intelligence artificielle veulent absolument que leur nom de domaine finisse par .ai. En 2023, 175.000 noms furent enregistrés, soit deux fois plus qu’en 2020. Rapport : 9,4 millions d’euros. Et cela continue. En 2024 cet enregistrement a rapporté plus de 33 millions d’euros, soit globalement le tiers du PIB… Et ça continue : le revenu a été estimé à 72 millions d’euros en 2025.

En bref, les habitants d’Anguilla deviennent des rentiers de l’intelligence artificielle.

Leur Europe

Ceci est le trajet du Premier ministre slovaque Robert Fico pour se rendre à Moscou par avion afin de participer à la commémoration du Jour de la Victoire. Il paraît que la « libre circulation des personnes » est un principe intangible de l’UE depuis 30 ans. Mais la russophobie balte impose sa loi. Avec la bénédiction de Bruxelles.

Troublante ressemblance

Ce « vitrail » de Claire Tabouret, qui fait partie des vitraux dont les autorités civiles et religieuses ont décidé d’enlaidir Notre-Dame de Paris, est censé représenter la Pentecôte, avec la Sainte Vierge au milieu des apôtres.

Mais certains voient une troublante ressemblance avec Susan Atkins, la « prêtresse » de la « famille Manson ». Il est difficile de leur donner tort, et cela va même jusqu’au type de vêtement, longue robe lâche avec une ceinture…

S’il en est ainsi, ce sera un blasphème que de poser à Notre-Dame de Paris un vitrail dépeignant la Mère de Dieu sous les traits d’une atroce criminelle qui se disait elle-même « fille de Satan ».

Claire Tabouret est française mais elle vit à Los Angeles, à « èléï », n’est-ce pas. Et pas n’importe où à « èléï » : dans le quartier chic de Los Feliz, celui qui est dominé par les fameuses lettres HOLLYWOOD. Dans ce quartier, dans la nuit du 10 août 1969, Charles Manson, son bras droit Tex Watson et quatre autres membres de sa secte assassinent Leno et Rosemary LaBianca. La police retrouve Leno Labianca étendu sur le sol du salon, la tête recouverte d’un masque doré maculé de sang. Ses mains sont liées dans son dos, une fourchette est plantée dans son torse. Le mot « war » (guerre) est gravé dans sa peau. Il a reçu 12 coups de couteau. Le corps de Rosemary est dans la chambre. Elle aussi est ligotée et a la tête recouverte d’un masque doré. Elle a reçu 41 coups de couteau. Dans la maison, les enquêteurs découvrent des inscriptions tracées avec du sang.

La nuit précédente a eu lieu le carnage du 10.050 Cielo Drive, à Los Angeles, perpétré sous les ordres de Charles Manson par Tex Watson, Susan Atkins, et deux autres femmes. Il y a eu quatre morts, totalisant 102 blessures à l’arme blanche. La dernière à mourir est l’actrice Sharon Tate, enceinte de huit mois. Susan Atkins trempe sa main dans le sang de Sharon Tate et écrit le mot « pig » (porc) sur le mur, pour faire croire à un attentat des Black Panthers.

Les autorités sont tellement persuadées que les deux affaires sont sans rapport que sont nommées deux équipes d’enquêteurs qui ne communiquent pas entre elles. Il faudra attendre les confidences de Susan Atkins à ses co-détenues pour comprendre qu’il s’agit de la même bande. Susan Atkins se vantera d’avoir « goûté le sang » de Sharon Tate.

Voici des œuvres de Claire Tabouret, de Los Angeles, qui sont parmi ses chefs-d’œuvre typiques puisque l’une est la couverture d’un livre à sa gloire et l’autre l’affiche d’une exposition.

De la férie

Dans le martyrologe de ce jour :

A Milan, l’anniversaire de saint Victor martyr. De race mauresque, et chrétien dès son enfance, il servait dans les troupes impériales, et demeurait très fortement attaché au Christ, malgré les efforts de Maximien pour le faire sacrifier aux idoles ; pour ce motif, il fut d’abord cruellement meurtri de coups de bâton mais, par la protection de Dieu, n’en ressentit aucune douleur, puis arrosé de plomb fondu sans en recevoir aucun mal ; il eut enfin la tête tranchée, et acheva ainsi le cours de son glorieux martyre.

Saint Ambroise promut son culte, et une mosaïque le représente au fond de la coupole de la chapelle dite « Saint Victor au ciel d’or » dans la basilique Saint-Ambroise de Milan.

Russophobie aigüe

En mars dernier, le président de la Biennale de Venise, Pietrangelo Buttafuoco, avait décidé que la Russie pourrait y participer. Ce qui avait suscité la condamnation unanime de l’établissement politico-culturel, depuis le gouvernement de Meloni annonçant qu’il enverrait des inspecteurs pour vérifier que ⁠la manifestation ne viole pas les sanctions, jusqu’à la Commission européenne menaçant de supprimer sa subvention de 2 millions d’euros.

Hier, alors que s’ouvraient les journées réservées à la presse, Buttafuoco a déclaré :

« Ce monde né de ‌la Révolution française, des Lumières et de la laïcité s’est transformé en son exact opposé : un laboratoire d’intolérance, où l’on réclame la censure, la fermeture et l’exclusion. La Biennale n’est pas un tribunal ; c’est ‌un jardin de paix. Nous ne pouvons pas fermer, nous ne pouvons pas ⁠boycotter comme réponse automatique. Nous pouvons et devons discuter. »

On pourrait donc croire que ce valeureux défenseur de la liberté rappelait avec fermeté que la Russie allait participer pleinement. Mais ce n’est pas du tout le cas : le pavillon russe n’est ouvert que pendant les jours de pré-ouverture réservés à la presse. Après, il sera fermé, et l’on ne pourra voir que des vidéos projetées sur le mur…

C’est que le « monde né de ‌la Révolution française, des Lumières et de la laïcité » n’a jamais été et n’est pas du tout un monde de liberté, n’en déplaise à M. Buttafuoco… qui en fait la démonstration.

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Cela dit, la Biennale de Venise est depuis longtemps le rendez-vous de toute la chienlit culturelle occidentale, une vitrine de la décadence la plus extrême et du n’importe quoi érigé en chef-d’œuvre. Un exemple parmi tant d’autres : devant le pavillon autrichien, la « performeuse et chorégraphe » Florentina Holzinger se pend la tête en bas dans une cloche, son corps nu remplaçant le battant. À l’intérieur, elle a « créé une vision dystopique de nos systèmes hydriques » : entièrement nue, elle tourne en rond sur un jet-ski « pour dénoncer la catastrophe écologique engendrée par le tourisme de masse » ; un groupe de performeurs (nus) escalade une immense girouette, « symbole de la force de l’action collective »; et un « performeur » (en combinaison)  vit dans une station d’épuration reconstituée, alimentée par les fluides corporels du public ». Sic. Le pavillon décrit comment « le système de recyclage en circuit fermé sert de métaphore crue à une vie vécue dans les rebuts des autres – un reflet viscéral d’un ordre mondial où les populations vulnérables et des nations entières sont reléguées aux poubelles des puissants ».

Il est vrai que si des Russes venaient y montrer de l’art, ça ferait tache…