8e dimanche après la Pentecôte

L’alléluia par les moniales de l’abbaye d’Ozon en 1960.

Allelúia, allelúia. Magnus Dóminus, et laudábilis valde, in civitáte Dei, in monte sancto ejus. Allelúia.

Alléluia, alléluia. Le Seigneur est grand, et digne de toute louange, dans la cité de Dieu, sur sa sainte montagne. Alléluia.

Ces mêmes mots ont été entendus dans le verset du psaume de l’Introït. Ici, cependant, « nimis » est remplacé par « valde », et le mot « nostri » est omis. Plusieurs traductions des Écritures antérieures à saint Jérôme mentionnent ce « valde ». Dans l’introït, la contemplation de l’essence de Dieu élevait le chanteur vers des sommets resplendissants (secundum nomen tuum). De la même manière, la mélodie semble ici tenter de s’envoler vers les régions où Dieu réside (magnus Dominus). Il est rare que le septième mode s’aventure dans de tels envols. On s’attendrait à une conclusion sur la tonique avec « valde ». Au lieu de cela, cependant, le motif qui a ouvert le verset, et que l’on a déjà entendu sur l’Alléluia, est répété. Dans la deuxième phrase du verset, on retrouve une répétition du jubilus de l’Alléluia. Comme aucune conclusion ne suit pour l’instant, « Dei » présente une mélodie assez simple. Le chant syllabique sur « in monte sancto ejus » est lui aussi d’une frappante simplicité.

Dom Dominic Johner

A la Trinité-Saint-Serge

Aujourd’hui c’est la fête de saint Serge de Radonège, et donc une divine liturgie solennelle, avec le patriarche Cyrille, au monastère de Serguiev-Possad. Autre impressionnante démonstration de la sainte Russie. Et qui permet de vérifier que les chœurs de ce monastère sont toujours au sommet.

(On estime qu’hier à Iekaterinbourg il y avait 44.000 fidèles. Il me semble que c’est le double de l’an dernier.)

Saint Camille de Lellis

Sur saint Camille de Lellis on se reportera à la légende du bréviaire, que j’ai reproduite l’année dernière, avec sept liens vers des notes précédentes.

Cette fête instituée en 1762 a réduit celle de sainte Symphorose et de ses sept fils au rang de mémoire.

Le martyre de sainte Symphorose et de ses fils sous Hadrien à Tivoli (alors Tibur) est aujourd’hui considéré comme une des nombreuses inventions de la piété médiévale. Ce n’était pas du tout l’opinion de Paul Allard, dans son Histoire des persécutions pendant les deux premiers siècles, et, vrai spécialiste de ces questions, il ne manque pas d’arguments. Voici la fin du 4e chapitre de ce livre, sans les abondantes notes qu’on trouvera ici.

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L’évêque Michael Router

Le pape a nommé Michael Router évêque de Derry en Irlande (du Nord). Jusqu’ici il était évêque auxiliaire d’Armagh.

Il s’était fait remarquer en disant tout le bien qu’il pensait du rapport final du synode sur la synodalité laissant entendre que des femmes pourraient être ordonnées diacres, et suggérait que les femmes pourraient « assumer des responsabilités » dans  les « célébrations liturgiques » :

« Je suis plein d’espoir à l’idée que les femmes, qui jouent un rôle si essentiel dans la mission de l’Eglise, se voient accorder davantage de poids dans les décisions prises sur toutes les questions au sein de l’Église, et que le ministère officiel de catéchiste offre à de nombreuses femmes l’occasion d’assumer des responsabilités au sein des paroisses, dans la formation à la foi et lors des célébrations liturgiques. »

Il s’était fait remarquer aussi en prenant publiquement la défense de Marianne Edgar Budd, qui lors du « service national de prière » à la cathédrale nationale de Washington après que Donald Trump eut prêté serment, avait prononcé une homélie violemment anti-Trump sur tous les sujets, notamment l’immigration et l’idéologie LGBT, allant jusqu’à dire : « Il y a des enfants gays, lesbiennes et transgenres issus de familles démocrates, républicaines et indépendantes qui craignent pour leur vie. »

Ce sermon de l’« évêque » épiscopalienne avait suscité de nombreuses réactions hostiles chez les républicains, et de la part de Donald Trump lui-même. C’est à cela que Michael Router, évêque auxiliaire d’Armagh, avait tenu à répondre, en faisant l’éloge du sermon en question lors son homélie au sanctuaire Sainte-Brigitte, sur le lieu de naissance de la sainte irlandaise, en sa fête, le 1er février, donc de façon solennelle :

« Il est étonnant de constater à quel point une simple déclaration sincère de croyances chrétiennes peut susciter tant de négativité. C’est un signal d’alarme pour nous tous quant aux défis inhérents à la tentative de vivre notre foi chrétienne dans le monde fracturé d’aujourd’hui »,

Car c’était « un sermon franc et courageux, mais qui était aussi, à bien des égards, un sermon classique sur les principes chrétiens fondamentaux que sont l’amour du prochain, la charité et la générosité envers les plus démunis. » Sic.

Et de comparer Marianne Edgar Budd à sainte Brigitte…