L’Ukraine travaille sur les valeurs de l’Europe

En Ukraine, le ministère « de la Culture et de la Politique d’information » publie une note intitulée « Socialisation de genre », dans laquelle elle condamne les représentations traditionnelles de l’homme et de la femme comme des stéréotypes nuisibles qui doivent être éradiqués.

Car les rôles sociaux liés au genre ne sont qu’un « ensemble de normes, de modèles de comportement attendus » qui sont « attribués » aux hommes et aux femmes.

Ces préjugés se forment dès la petite enfance par le choix des couleurs (rose pour les filles, bleu pour les garçons) et des jouets (poupées pour les filles, petits soldats pour les garçons), ce qui crée une discrimination.

La déconstruction des stéréotypes de genre est évidemment une priorité pour les Ukrainiens ces jours-ci…

Encore un…

Un concert de musique française en Russie, dirigé par un chef français. C’était tout à l’heure à Moscou, salle Zaryadye.

Les Solistes de Moscou sont sous la direction de Clément Nonciaux, qui fut l’un des rares Français à oser aller à Moscou pour le concours Tchaïkovski en 2022, et il remporta le deuxième prix. Depuis lors il a notamment dirigé plusieurs opéras français au « Nouvel Opéra » de Moscou, dont Carmen deux saisons de suite.

Rameau : extraits des Indes galantes. Poulenc : concerto pour orgue (soliste Ivan Tsarev). — Rebel : Le Chaos. Roussel : Sinfonietta. Saint-Saëns : prélude du Déluge. Lully : extraits du Bourgeois gentilhomme.

Il semble qu’il faille donc aller à Moscou pour entendre la musique baroque française jouée normalement (et de façon vivante), et non selon les faux dogmes baroqueux. C’est particulièrement goûteux pour Lully.

Stubb dans le texte

Dans une interview au Washington Post, le président finlandais Alexander Stubb déclare :

« Je crois que l’ADN de la Russie est toujours l’expansion et l’impérialisme. Et je pense que ce qui conduit Poutine est Russkiy Mir – la grande Russie – qui signifie fondamentalement une seule Russie, une seule langue, une seule religion et un seul dirigeant. »

Manifestement le pauvre Stubb confond la Russie avec le troisième Reich dont la Finlande était un des plus solides alliés. « Ein Volk, ein Reich, ein Führer », ce n’est pas du russe… Avant Hitler c’était « Ein Reich, ein Volk, ein Gott », mais ce n’était toujours pas du russe.

Ou plutôt, sans doute, le pauvre Stubb se sert-il du plus piteux argument qui soit, la reductio ad Hitlerum : Poutine c’est Hitler, il a un slogan similaire.

Il ne sait donc pas que dans la Fédération de Russie il y a sept républiques à majorité ou forte population musulmane et une république bouddhiste, il ne sait pas qu’il y a 47 groupes ethniques officiellement reconnus en plus des Russes, 37 langues d’Etats et 17 langues à statut officiel.

Il ne sait pas non plus que Russkiy Mir veut dire « le monde russe », et non la grande Russie. Car précisément l’expression « le monde russe » exprime cette diversité, qui est très présente dans la vie culturelle russe.

Et oui, il y a un seul président russe, comme il y a un seul président finlandais…

Un procès de la liberté de religion

Le Salon beige répercute un article de Religactu, un site que je ne connaissais pas, sur le procès en cours de la « Famille missionnaire de Notre-Dame », que je ne connais que de nom.

Religactu pointe une « évolution préoccupante du droit pénal appliqué au fait religieux ». Car ici on ne parle ni d’abus sexuels, ni de violences physiques, ni de détournements de fonds. On parle du ressenti d’anciens membres de la communauté. Le ressenti d’un mode de vie exigeant, d’une discipline stricte, d’une séparation radicale avec le monde extérieur…

Bref de ce qui jusqu’ici était le mode de vie normal des monastères.

Religactu commente :

Toute communauté religieuse structurée propose des normes, des interdits, des pratiques contraignantes et une hiérarchie spirituelle. Si ces éléments deviennent, en eux-mêmes, des preuves d’emprise, alors la liberté religieuse n’est plus qu’une liberté conditionnelle, accordée seulement aux croyances jugées « raisonnables » ou « modérées » par les autorités civiles. (…)

En filigrane, c’est une transformation profonde du rapport entre l’État et les religions qui se dessine. La liberté de religion n’est plus conçue comme le droit de croire, de pratiquer et de s’organiser selon ses convictions, mais comme une liberté sous surveillance, subordonnée à une norme implicite de « bonne religion », compatible avec les valeurs dominantes, le confort psychologique et les attentes sociales contemporaines.

Cela me fait penser à l’affaire des bénédictines de Montmartre. Là il y a eu de vrais abus psychologiques, manifestement, et des maltraitances physiques. Mais il n’y a pas eu de procès pénal. Dans un article qui faisait la liste de ce qu’on reprochait à l’ancienne prieure générale, je lisais qu’elle ouvrait le courrier des moniales. Et cela se trouve en effet dans le rapport de la Ciasep, dont les membres sont censés avoir des « compétences canoniques et théologiques ». Ces gens-là ne savent donc rien de la vie monastique. Une fois qu’il a prononcé ses vœux le moine ne dispose plus de lui-même, il doit se désapproprier de lui-même, ce qui passe notamment par une obéissance absolue au père abbé, lequel a notamment le devoir d’ouvrir le courrier (même si en temps normal il ne le lit pas). Que la commission sur les abus spirituels accuse la prieure d’ouvrir le courrier montre que même des « spécialistes » sont atteints par cette dérive que dénonce Religactu.

Et de vrais spécialistes, ou plutôt simplement des gens de bon sens, n’auraient pas gardé dans leur dossier cette plainte d’une religieuse : « J’ai souffert d’être séparée de ma famille »…