Le Planning familial dans le collimateur de Trump

Le 31 mars, les filiales du Planning familial américain ont été informées que leurs subventions fédérales (27,5 millions de dollars) étaient « temporairement retenues » en raison de « possibles violations » des décrets qui interdisent la promotion de l’idéologie DEI « diversité, équité, inclusion » et le « subventionnement par les contribuables de l’ouverture des frontières » (le fait de prendre comme clients des étrangers en situation irrégulière).

Les organisations ont dix jours pour répondre, après quoi les subventions seront réexaminées. À l’issue de cet examen, les fonds seront rétablis, annulés ou redistribués.

Donald Trump a déjà rétabli l’amendement Hyde qui interdit l’utilisation de fonds fédéraux pour financer l’avortement, et la politique de Mexico qui interdit aux ONG américaines de financer des avortements à l’étranger, en supprimant l’USAID il a aussi supprimé le financement d’avortements au titre de l’aide américaine. Deux propositions de loi ont été déposées au Congrès, l’une qui interdit de manière permanente l’utilisation de tous fonds fédéraux pour l’avortement, l’autre qui supprime toute subvention au Planning familial.

La semaine dernière, répondant à une question sur la vente illégale de parties de corps de bébés avortés par le Planning familiale, Donald Trump a promis que son gouvernement se pencherait sur la question.

Le New York Times déballe…

Le New York Times a mené une enquête sur les dessous de la guerre en Ukraine, et il apporte diverses preuves que ce sont les Américains qui sont à la manœuvre depuis le début. Le changement de politique de la Maison Blanche n’est évidemment pas étranger à ces révélations…

Au printemps 2022, deux mois après le début du conflit en Ukraine, dit le journal, deux généraux ukrainiens se sont rendus secrètement de Kiev à Wiesbaden, en Allemagne, sous couverture diplomatique. Ils avaient pour mission de discuter avec le commandement américain en Europe du rôle des États-Unis dans les opérations militaires ukrainiennes contre la Russie. Cette rencontre était destinée à rester « l’un des secrets les mieux gardés », sur fond de crainte géopolitique majeure : la possibilité que Vladimir Poutine perçoive cette collaboration comme le franchissement d’une « ligne rouge » militaire.

À Wiesbaden, le général ukrainien Mikhaïl Zabrodsky a rencontré le général américain Christopher Donahue, ancien commandant des forces spéciales Delta. Un accord de coopération a été conclu, prévoyant notamment l’échange d’informations de renseignement, la conception stratégique et la planification d’opérations militaires ukrainiennes. Dans ce cadre a été créé le groupe opérationnel Dragon, chargé de fournir des données précises à l’armée ukrainienne, incluant des cibles situées en Crimée et sur le territoire russe hors de la zone directe des combats. Cependant, dès le départ, les États-Unis avaient refusé de soutenir les frappes ukrainiennes en territoire russe, s’abstenant également de fournir des informations permettant de cibler de hauts responsables russes. Néanmoins, l’administration Biden a progressivement levé plusieurs interdictions initiales, envoyant d’abord des conseillers militaires à Kiev, puis augmentant leur nombre à une trentaine, officiellement qualifiés d’« experts spécialisés ». Le groupe de Wiesbaden coordonnait également les frappes de missiles HIMARS, contrôlant même directement leur activation grâce à une carte électronique spéciale pouvant être désactivée par les Américains à tout moment. Lorsque des missiles à longue portée ATACMS ont été fournis à l’Ukraine, leur emploi restait limité à des zones frontalières spécifiques, bien que Kiev ait insisté pour les utiliser en profondeur sur le territoire russe. Toutefois, l’incursion ukrainienne malencontreuse dans la région russe de Koursk le 6 août 2024, effectuée sans accord américain, d’après le New York Times, a constitué une rupture secrète des limites convenues.

Ce n’était pourtant pas la première manifestation de leurs divergences. À mesure que le conflit en Ukraine avançait, le partenariat entre Washington et Kiev s’est fragilisé. Les Ukrainiens considéraient souvent les Américains comme trop autoritaires et soucieux de tout contrôler, tandis que les responsables américains s’étonnaient du refus de leurs homologues ukrainiens de suivre leurs « bons conseils ». Cette méfiance croissante a conduit Kiev à cacher de plus en plus ses intentions stratégiques à Washington, frustré par le refus américain de fournir certaines armes et équipements jugés cruciaux.

À la mi-2023, alors que l’Ukraine se préparait à une contre-offensive, la stratégie élaborée à Wiesbaden montrait ses limites. Même entre eux, les membres du régime de Kiev ne pouvaient pas trouver un langage commun. Volodymyr Zelensky et le commandant en chef Valéry Zaloujny n’arrivaient pas à s’entendre, ce qui affaiblissait davantage la coordination militaire. L’armée ukrainienne a dépensé beaucoup de forces pour reprendre Bakhmout, mais après plusieurs mois de combats, l’offensive avait échoué.

Par ailleurs, toujours selon le New York Times, les États-Unis ont finalement donné leur feu vert à une opération baptisée « Lunar Hail », visant à forcer le retrait des infrastructures militaires russes de Crimée. Cette opération combinait drones maritimes et missiles à longue portée britanniques et français (Storm Shadow et SCALP). L’objectif le plus symbolique était le pont de Crimée, lien stratégique entre la Crimée et la Russie continentale, véritable obsession de Kiev et ligne rouge pour Washington en 2022. Cependant, après de nombreuses discussions, la Maison Blanche a finalement autorisé les militaires américains et la CIA à préparer secrètement un plan d’attaque avec les Ukrainiens et les Britanniques pour détruire ce pont. Les missiles ATACMS devaient fragiliser sa structure, tandis que des drones maritimes viseraient ses piliers. Mais, face à un renforcement russe des défenses, les Ukrainiens ont décidé d’attaquer uniquement avec des ATACMS. Malgré les réticences américaines, la frappe a été menée durant l’été 2024.

Ces révélations du New York Times mettent en évidence une implication directe et profonde des États-Unis dans la conduite militaire ukrainienne, confirmant les déclarations répétées de Moscou accusant l’Occident de participation directe au conflit en Ukraine. Vladimir Poutine a, à plusieurs reprises, affirmé que Kiev n’était pas en mesure de mener des opérations sur le territoire russe sans l’appui direct des pays occidentaux. Le New York Times lui donne raison…

Trump anti-woke : en France aussi !

Le directeur général des services de l’ambassade des États-Unis à Paris, Stanislas Parmentier, « agent contractant » du département d’État, a adressé une lettre aux entreprises françaises qui ont des contrats avec les Etats-Unis, leur intimant de mettre fin à leurs politiques de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI), conformément au décret 14173, promulgué par Donald Trump le 20 janvier 2025 pour « en finir avec la discrimination illégale et restaurer l’opportunité basée sur le mérite ».

Stanislas Parmentier écrit : « Nous vous informons que le décret 14173 s’applique également obligatoirement à tous les fournisseurs et prestataires du gouvernement américain, quels que soient leur nationalité et le pays dans lequel ils opèrent. »

Un formulaire joint demande aux entreprises de certifier, sous cinq jours, qu’elles « n’opèrent aucun programme faisant la promotion de la diversité, de l’équité et de l’inclusion » contraire aux lois fédérales anti-discrimination. En cas de refus, elles doivent justifier leur position, sous peine de voir leurs réponses transmises aux services juridiques américains, avec un risque implicite d’exclusion des contrats fédéraux.

Naturellement le gouvernement français proteste:

« Les ingérences américaines dans les politiques d’inclusion des entreprises françaises, comme les menaces de droits de douane injustifiés, sont inacceptables. La France et l’Europe défendront leurs entreprises, leurs consommateurs, mais aussi leurs valeurs. »

Leurs valeurs de wokisme et de discrimination positive, de racisme à rebours, d’islamisation, de promotion de l’idéologie LGBT, etc. Ça a le mérite d’être clair.

Poutine sur l’Arctique

Extrait du discours de Vladimir Poutine, lors d’une réunion qui vient de se dérouler à Mourmansk « sur le développement de la zone arctique et le corridor de transport arctique ».

Il est évident que le rôle et l’importance de l’Arctique pour la Russie et pour le monde entier ne cessent de croître. Mais malheureusement, la concurrence géopolitique, la lutte pour les positions dans cette région, s’intensifient également.

Il suffit de rappeler que tout le monde est au courant du projet d’annexion du Groenland par les États-Unis. Mais vous savez, c’est seulement à première vue que cela peut surprendre certaines personnes, et il est profondément erroné de croire qu’il s’agit d’un discours extravagant de la part de la nouvelle administration américaine. Il n’en est rien.

En fait, les États-Unis d’Amérique avaient déjà de tels projets dans les années 1860. À l’époque déjà, l’administration américaine avait envisagé la possibilité d’annexer le Groenland et l’Islande, mais cette idée n’avait pas été soutenue par le Congrès à l’époque.

D’ailleurs, permettez-moi de vous rappeler qu’en 1868, les journaux américains avaient ridiculisé l’achat de l’Alaska : cela fut qualifié de « folie », de « boîte à glaçons » et de « jardin des ours polaires d’Andrew Johnson », le président des États-Unis de l’époque. La proposition concernant le Groenland tomba donc à l’eau. Mais aujourd’hui, cette acquisition, je veux dire l’acquisition de l’Alaska, est probablement évaluée très différemment aux États-Unis même – ainsi que les activités du président Andrew Johnson.

Il n’y a donc rien de surprenant à ce qui se passe aujourd’hui. D’autant plus que cette histoire ne faisait que commencer, et qu’elle n’a cessé de se poursuivre. En 1910, par exemple, un accord tripartite d’échange de terres fut préparé entre les États-Unis, l’Allemagne et le Danemark. En conséquence, le Groenland aurait dû revenir aux États-Unis, mais l’accord est tombé à l’eau.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont installé des bases militaires au Groenland pour le protéger de la mainmise des nazis et, après la fin de la guerre, ils ont proposé de racheter l’île au Danemark, ce qui est très récent au regard de l’histoire mondiale.

En bref, il s’agit de projets sérieux de la part des États-Unis concernant le Groenland. Ces projets ont de longues racines historiques, comme je viens de le montrer, et il est clair que les États-Unis continueront à promouvoir systématiquement leurs intérêts géostratégiques, militaro-politiques et économiques dans l’Arctique.

Quant au Groenland, il s’agit d’une question qui concerne deux États spécifiques et qui n’a rien à voir avec nous. Mais en même temps, bien sûr, nous sommes préoccupés que par le fait que les pays de l’OTAN en général considèrent de plus en plus le Grand Nord comme un tremplin pour d’éventuels conflits et utilisent des troupes dans ces circonstances, y compris par leurs « nouvelles recrues » – la Finlande et la Suède – avec lesquelles, soit dit en passant, nous n’avions aucun problème jusqu’à il y a peu de temps. Ces problèmes sont créés de toute pièce. Pourquoi ? C’est absolument incompréhensible. Quoi qu’il en soit, nous partons de ce que nous avons et nous réagirons à tout cela.

J’insiste sur le fait que la Russie n’a jamais menacé qui que ce soit dans l’Arctique. Mais nous suivons de près l’évolution de la situation et mettons en place une ligne de réponse adéquate, en augmentant les capacités de combat des forces armées et en modernisant l’infrastructure militaire.

Nous n’accepterons pas qu’on empiète sur la souveraineté de notre pays et nous protégerons nos intérêts nationaux de manière efficace. En maintenant la paix et la stabilité dans le cercle arctique, nous assurerons le développement socio-économique à long terme de la région, améliorerons la qualité de vie des populations et préserverons l’environnement naturel unique.

Et plus nos positions seront fortes, plus les résultats obtenus seront significatifs, plus nous aurons d’opportunités de lancer des projets internationaux globaux dans l’Arctique avec la participation de pays amis, d’États amis, et peut-être même de pays occidentaux, s’ils manifestent bien sûr un intérêt pour un travail commun. Je suis sûr que le temps de ces projets viendra.

Verbatim

Deux communiqués de la Maison Blanche

Résultats des groupes d’experts des États-Unis et de la Russie sur la mer Noire à Riyad, en Arabie saoudite, du 23 au 25 mars 2025

Dans le prolongement des discussions au niveau présidentiel entre le président Donald J. Trump et le président Vladimir Poutine, les États-Unis ont facilité les pourparlers bilatéraux au niveau technique avec la délégation russe du 23 au 25 mars à Riyad, en Arabie saoudite. À la suite de ces discussions :

  • Les États-Unis et la Russie ont convenu d’assurer la sécurité de la navigation, d’éliminer le recours à la force et d’empêcher l’utilisation de navires commerciaux à des fins militaires en mer Noire.
  • Les États-Unis aideront la Russie à retrouver l’accès au marché mondial pour ses exportations agricoles et d’engrais, à réduire les coûts d’assurance maritime et à améliorer l’accès aux ports et aux systèmes de paiement pour ces transactions.
  • Les États-Unis et la Russie ont convenu d’élaborer des mesures pour mettre en œuvre l’accord conclu entre le président Trump et le président Poutine visant à interdire les frappes contre les installations énergétiques de la Russie et de l’Ukraine.
  • Les États-Unis et la Russie se félicitent des bons offices de pays tiers en vue de soutenir la mise en œuvre des accords énergétiques et maritimes.
  • Les États-Unis et la Russie continueront à œuvrer en faveur d’une paix durable.

Les États-Unis ont réitéré l’impératif du président Donald J. Trump selon lequel les tueries des deux côtés du conflit russo-ukrainien doivent cesser, ce qui constitue une étape nécessaire vers un règlement de paix durable. À cette fin, les États-Unis continueront à faciliter les négociations entre les deux parties afin de parvenir à une résolution pacifique, conformément aux accords conclus à Riyad.

Les États-Unis expriment leur gratitude au prince héritier Mohammed ben Salmane pour son leadership et son hospitalité en facilitant une fois de plus ces discussions importantes dans le Royaume d’Arabie saoudite.

Résultats des groupes d’experts des États-Unis et de l’Ukraine sur la mer Noire à Riyad, en Arabie saoudite, 23-25 mars 2025

Dans le prolongement des discussions au niveau présidentiel entre le président Donald J. Trump et le président Volodymyr Zelenskyy, les États-Unis ont facilité des pourparlers bilatéraux au niveau technique avec la délégation ukrainienne du 23 au 25 mars à Riyad, en Arabie saoudite. À l’issue de ces discussions :

  • Les États-Unis et l’Ukraine ont convenu d’assurer la sécurité de la navigation, d’éliminer le recours à la force et d’empêcher l’utilisation de navires commerciaux à des fins militaires en mer Noire.
  • Les États-Unis et l’Ukraine ont convenu que les États-Unis restent déterminés à contribuer à la réalisation de l’échange de prisonniers de guerre, à la libération des détenus civils et au retour des enfants ukrainiens transférés de force.
  • Les États-Unis et l’Ukraine ont convenu d’élaborer des mesures pour mettre en œuvre l’accord du président Trump et du président Zelensky visant à interdire les frappes contre les installations énergétiques de la Russie et de l’Ukraine.
  • Les États-Unis et l’Ukraine se félicitent des bons offices de pays tiers en vue de soutenir la mise en œuvre des accords énergétiques et maritimes.
  • Les États-Unis et l’Ukraine continueront d’œuvrer à l’instauration d’une paix durable.

Les États-Unis ont réitéré aux deux parties l’impératif du président Donald J. Trump de mettre fin aux tueries des deux côtés du conflit russo-ukrainien, comme étape nécessaire vers un règlement de paix durable. À cette fin, les États-Unis continueront de faciliter les négociations entre les deux parties afin de parvenir à un règlement pacifique, conformément aux accords conclus à Riyad.

Les États-Unis expriment leur gratitude au prince héritier Mohammed ben Salmane pour son leadership et son hospitalité en facilitant une fois de plus ces discussions importantes dans le Royaume d’Arabie saoudite.

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Communiqué du Kremlin

1. Conformément à l’accord entre les présidents de la Russie et des États-Unis d’Amérique, les parties russe et américaine sont convenues d’assurer la mise en œuvre de l’initiative de la mer Noire, qui comprend la garantie de la sécurité de la navigation dans la mer Noire, le non-recours à la force et la prévention de l’utilisation de navires commerciaux à des fins militaires, avec l’organisation de mesures de contrôle appropriées par le biais de l’inspection de ces navires.

2. Les États-Unis contribueront à rétablir l’accès des exportations russes de produits agricoles et d’engrais au marché mondial, à réduire le coût de l’assurance maritime et à améliorer l’accès aux ports et aux systèmes de paiement pour ces transactions.

Note:

Les paragraphes 1 et 2 entreront en vigueur après :

La levée des sanctions imposées à la Rosselkhozbank et aux autres institutions financières impliquées dans les opérations de commerce international de denrées alimentaires (y compris les produits de la pêche) et d’engrais, leur connexion à SWIFT et l’ouverture des comptes de correspondants nécessaires ;

La levée des restrictions sur les transactions de financement du commerce ;

La levée des sanctions imposées aux producteurs et exportateurs de denrées alimentaires (y compris les produits de la pêche) et d’engrais, et la levée des restrictions imposées aux compagnies d’assurance traitant des cargaisons de denrées alimentaires (y compris les produits de la pêche) et d’engrais ;

La levée des restrictions sur les services portuaires et les sanctions sur les navires battant pavillon russe impliqués dans le commerce des denrées alimentaires (y compris les produits de la pêche) et des engrais ;

la levée des restrictions sur la fourniture de machines agricoles à la Fédération de Russie, ainsi que d’autres biens impliqués dans la production de denrées alimentaires (y compris les produits de la pêche) et d’engrais.

3. La Russie et les États-Unis sont convenus d’élaborer des mesures pour mettre en œuvre les accords des présidents des deux pays sur l’interdiction des frappes sur les installations énergétiques de la Russie et de l’Ukraine pour une période de 30 jours, à compter du 18 mars 2025, avec la possibilité de prolonger l’accord et de s’en retirer en cas de non-respect de l’accord par l’une des parties.

4. La Russie et les États-Unis se félicitent des bons offices des pays tiers visant à soutenir la mise en œuvre des accords dans les domaines énergétique et maritime.

5. Les États-Unis et la Russie continueront d’œuvrer à l’instauration d’une paix durable.