La médaille de l’avortueuse en chef

Jobidon cherche tous les coups les plus tordus qu’il peut faire avant de quitter la Maison Blanche, y compris ce que traditionnellement les présidents sortants ne se permettent pas.

Mercredi, il a discrètement (sans invités) remis à Cecile Richards la « médaille présidentielle de la Liberté », qui est la plus haute distinction américaine :

Aujourd’hui, j’ai eu l’honneur de remettre à Cecile Richards la Médaille présidentielle de la Liberté.
Avec un courage absolu, elle ne craint pas de nous faire avancer pour être l’Amérique que nous disons être – une nation de liberté.
Grâce à son action en faveur de la dignité des travailleurs, de la défense et de l’avancement des droits et de l’égalité des femmes en matière de procréation et de la mobilisation des Américains pour qu’ils exercent leur droit de vote, elle s’est forgé un héritage inspirant.

Cecile Richards a été présidente du Planning familial américain entre 2006 et 2018.

Réaction d’Emily Erin Davis, vice-présidente de la communication de Susan B. Anthony Pro-Life America :

« Sous la direction de Cecile Richards, Planned Parenthood a mis fin à plus de 3,8 millions de vies à naître et a été pris en flagrant délit de prélèvement de parties de corps de bébés pour la vente. Où est la ‘liberté’ pour les bébés et les mères ? Il est temps de mettre un terme à la course de Planned Parenthood financée par les contribuables. »

Réaction de Brian Burch, président de CatholicVote :

« Cet hommage marque un chapitre sombre de la fin de l’une des présidences les plus sombres de l’histoire américaine en matière de protection des mères et des enfants à naître. Planned Parenthood a utilisé des milliards de dollars du contribuable pour profiter de l’extermination tragique de millions d’enfants, tout en exploitant la santé et le bien-être d’innombrables femmes. L’avortement est l’antithèse de la liberté, qu’aucune personne de compassion ou de conscience ne devrait s’abaisser à honorer, et encore moins le président des États-Unis. »

L’an dernier a été diagnostiqué chez Cecile Richards un cancer du cerveau. Lila Rose, présidente de Live Action :

« Que le fait qu’elle soit confrontée si intensément à sa propre mortalité l’aide à ouvrir les yeux sur le caractère précieux de chaque vie que Planned Parenthood a détruite. »

Résistance slovaque

Mieux vaut tard que jamais : Gènéthique nous apprend que le 5 octobre dernier le Parlement slovaque a adopté une résolution « critiquant les efforts du Parlement européen pour inclure le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ». (Il s’agit de la résolution adoptée par le Parlement européen le 11 avril.)

Le Parlement slovaque rappelle sa déclaration de 2002 sur la « souveraineté en matière culturelle et éthique », soulignant que ces domaines doivent rester sous la juridiction nationale.

L’Amérique pro-mort

Si l’amendement visant à inscrire le « droit » à l’avortement a été rejeté (de peu) en Floride et au Dakota du sud, dans sept Etats un amendement comparable a été adopté, il est vrai dans des Etats où l’avortement est déjà un droit. On remarque que dans plusieurs Etats l’amendement aurait été rejeté si comme en Floride il fallait au moins 60% des voix pour changer la Constitution. Au Missouri l’amendement est passé avec 51,6%. Celui-ci est intitulé « droit fondamental à la liberté reproductive », ce qui implique le droit au « soin d’avortement », expression désormais généralisée. L’avortement est officiellement défini comme un soin de santé. Avortement sans limite, ou limité à la « viabilité du fœtus » mais possible ensuite jusqu’à la naissance sur avis médical…

Au Nebraska il y avait deux propositions : inscrire dans la Constitution le droit à l’avortement sans limite, ou le droit à l’avortement tel qu’il est déjà dans la loi : jusqu’à 12 semaines. Cet amendement, qui a été adopté, avait pour intitulé : « Droit à la vie »…

On remarquera qu’au milieu des banalités débitée par Kamala Harris lors de l’allocution où elle a reconnu sa défaite, il y avait :

« Je continuerai à me battre pour un avenir où les femmes américaines auront la liberté de prendre leurs propres décisions concernant leur corps, sans que leur gouvernement ne leur dise quoi faire. »

Tel est l’essentiel de son message, comme c’était l’un des principaux axes de sa campagne.

Cet acharnement est véritablement diabolique.

La Floride et l’avortement

Parmi les autres votes hier aux Etats-Unis, il y avait en Floride le scrutin sur un amendement constitutionnel intitulé « Amendement pour limiter l’interférence du gouvernement avec l’avortement », qui établissait un droit constitutionnel à l’avortement « avant la viabilité » du fœtus, et après selon les conseils du « fournisseur de soins de santé de la patiente ».

Le planning familial, le syndicat SEIU et le réseau Soros avaient déboursé plus de 40 millions de dollars pour la campagne.

La manœuvre a échoué, notamment grâce à la contre-campagne du gouverneur DeSantis qui a appuyé les mouvements pro-vie. Mais de peu, en fait, puisque l’amendement a été approuvé par 57% des votants, alors qu’il faut 60% pour un amendement constitutionnel.