Géorgie anti-LGBT : et de trois

Le Parlement géorgien a adopté par 84 voix contre zéro (l’opposition a boycotté le scrutin), en troisième et dernière lecture, le paquet législatif anti-LGBT (c’est trois voix de plus que pour le vote en deuxième lecture).

L’ineffable Peter Stano, porte-parole de Borrell, n’a pas encore réagi. La dernière fois, il avait appelé la Géorgie à abandonner ce texte et déclaré que le processus d’adhésion du pays à l’UE était interrompu. Le Premier ministre géorgien avait répliqué que pour lui « l’Europe représente les valeurs traditionnelles, les valeurs chrétiennes, et si quelqu’un veut présenter l’Europe différemment, c’est catégoriquement inacceptable pour nous ».

Le texte adopté interdit les mariages autres que l’union d’un homme et d’une femme, l’adoption par des couples de même sexe ou des personnes qui s’identifient à un genre différent de leur sexe biologique, les procédures de « changement de sexe », les contenus à thème LGBT dans le secteur de l’éducation et dans les médias, l’organisation de réunions ou de manifestations dans le but de populariser le mariage homosexuel ou l’inceste. Et le 17 mai est déclaré Journée de la sainteté de la famille et du respect des parents.

Le texte va être transmis à la présidente, qui refusera de le signer. Mais le parti qui l’a fait voter a assez de députés pour passer outre ce veto, comme pour la loi sur l’influence étrangère.

A ce propos, lors d’un point de presse, le Premier ministre Irakli Kobakhidze a souligné que la situation en Ukraine est précisément le résultat des influences étrangères : « Les dirigeants ukrainiens ont été portés au pouvoir de l’extérieur, une première fois, puis une deuxième fois. Lorsque vous portez au pouvoir quelqu’un à partir de l’extérieur, vous devez assumer la responsabilité de la bonne évolution du pays. Mais quels sont les résultats ? Que s’est-il passé en Ukraine ? Les dirigeants ont été installés de l’extérieur et le pays est en ruines, avec des dizaines de milliers de morts. En 2003, les dirigeants géorgiens ont également été installés de l’extérieur avec l’aide d’organisations non gouvernementales, ce qui a entraîné un racket total des entreprises, des meurtres de personnes dans les rues, les prisons, etc. »

Addendum 18 septembre

C’est Borrell en personne qui a réagi:

Le Parlement géorgien a adopté des lois sur les « valeurs familiales et la protection des mineurs » qui porteront atteinte aux droits fondamentaux de la population et renforceront la discrimination et la stigmatisation. J’appelle la Géorgie à retirer cette législation, qui ne fera que faire dérailler le pays de son chemin vers l’UE.

« Valeurs fondamentales »

En juin dernier, David Campanale, qui a été pendant plus de 30 ans journaliste à la BBC et a remporté plusieurs prix, et qui s’était porté candidat aux législatives britanniques pour les libéraux démocrates, a été rejeté par le parti, qui a désigné un autre candidat.

David Campanale a porté plainte pour discrimination fondée sur les croyances chrétiennes (violation des lois sur l’égalité), ce qui est une première dans le monde politique britannique.

Le parti libéral démocrate vient de publier un texte de 34 pages qui détaille sa défense dans le procès. La phrase clef contre Campanale est que ses « convictions religieuses exprimées contre l’avortement, le mariage homosexuel et le changement de sexe légal sont en contradiction avec les valeurs fondamentales » du parti.

David Campanale ne cache pas ses convictions chrétiennes, mais affirme qu’il n’a pas publiquement pris position sur ces sujets-là dans le cadre de son activité politique. Ce qu’on lui reproche, dit-il, ce sont les positions de l’Alliance populaire chrétienne dont il a été membre.

On peut penser que si l’avortement, le soi-disant mariage homosexuel et le soi-disant changement de sexe sont des « valeurs fondamentales » du parti, on ne voit pas vraiment ce qu’un chrétien qui y est opposé fait dans ce parti.

Mais c’est que cette radicalisation est nouvelle. Sir Ed Davey, le président des libéraux démocrates, affirmait encore en 2020 que les sujets comme l’avortement ou l’euthanasie sont des « questions de conscience » et que les députés du parti sont libres de voter selon leur conscience sur ces sujets.

Et celui qui a été choisi à la place de David Campanale, Luke Taylor, déclare : « Le parti des anciens libéraux-démocrates de premier plan ayant des convictions chrétiennes, tels que Shirley Williams et Charles Kennedy, c’est terminé. »

On retrouve ici ce que les dirigeants russes ou hongrois appellent la dictature libérale de l’Occident : les partis prônant la liberté économique et la liberté de penser ce que l’on veut sur les autres sujets sont devenus des partis totalitaires dont les « valeurs fondamentales » sont anti-humaines. Le pire exemple, parce qu’il est au pouvoir, étant le Parti libéral du Canada.

L’avortement en Russie

Lu sur le site du patriarcat de Moscou :

Le 5 septembre 2024, en la résidence patriarcale et synodale du monastère Saint-Daniel de Moscou, Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a rencontré l’archiprêtre Mikhaïl Potokine, président par intérim du Département synodal des œuvres caritatives ecclésiastiques et du service social, et le prêtre Théodore Loukianov, président de la Commission patriarcale pour la famille, la protection de la maternité et de l’enfance, V.R. Legoyda, président du Département synodal pour les relations avec l’Église, la société et les médias, vice-président de la Commission de démographie de la Chambre publique de la Fédération de Russie, N.I. Moskvitina, animatrice de la chaîne de télévision Spas, présidente de la fondation caritative « Femmes pour la vie ».

Selon les participants à la réunion, plus de 71 régions de la Fédération de Russie ont soutenu l’initiative de Sa Sainteté le Patriarche visant à restreindre les avortements ; 502 cliniques privées en Russie ont refusé de pratiquer des avortements, ce qui représente 18 % de toutes les cliniques qui ont une licence pour pratiquer des avortements.

Sur la demande de la Commission patriarcale pour les questions familiales, le Centre de sociologie de l’Académie des sciences de Russie a mené une étude sociologique qui a révélé que 77% des citoyens russes reconnaissent qu’un enfant avant sa naissance est déjà un être humain. 48% des citoyens considèrent également qu’il est nécessaire que ce ne soient pas les cliniques privées, mais l’État qui s’occupent des questions liées à l’interruption de grossesse. Selon l’étude, 77% des personnes interrogées pensent que l’État devrait imposer des restrictions à l’avortement, et 45% sont en faveur de la réduction du nombre d’organisations pratiquant des avortements. Une loi interdisant l’incitation des femmes à l’avortement a été adoptée dans 10 régions de la Fédération de Russie, et ce chiffre devrait doubler d’ici la fin de l’année.

Au cours de la conversation, d’autres questions d’activité visant à réduire le nombre d’avortements ont été abordées, dont notamment la création d’un Centre de coordination pour la démographie et les valeurs familiales au sein du Département synodal des œuvres caritatives ecclésiastiques et du service social, qui unirait tous les projets de l’Église dans cette direction.

En Floride

En 2023, le parlement de Floride avait voté une loi interdisant les médicaments et opérations de « changement de genre » pour les mineurs.

En juin dernier, un juge a bloqué la loi, déclarant qu’elle est « anticonstitutionnelle » puisqu’elle interdit un traitement « approprié » pour les mineurs « souffrant d’un trouble de genre ».

Le gouverneur Ron DeSantis avait annoncé qu’il ferait appel : « C’est mal de mutiler des mineurs. C’est mal de changer le sexe d’une personne de 16 ans. On n’a pas le droit de se faire tatouer, mais on peut se faire couper les parties intimes ? Lâchez-nous un peu ! »

La cour d’appel du 11e circuit vient d’infirmer le jugement, reconnaissant les « préoccupations légitimes » du législateur de Floride, et permettant l’application de la loi pendant que se poursuit devant la même cour la procédure sur sa « constitutionnalité ».