De la férie

Le martyrologe de ce jour commence ainsi :

Près de Corinthe, l’anniversaire de saint Sosthène, l’un des disciples du bienheureux Apôtre Paul, qui en fait mention dans l’épitre aux Corinthiens. Sosthène, chef de la synagogue de Corinthe, s’étant converti au Christ, fut frappé avec violence en présence du proconsul Gallion, et consacra par un glorieux début les prémices de sa foi. (Fídei suæ primórdia præcláro inítio consecrávit.)

Actes des apôtres 18,11-17 :

Il [saint Paul] demeura là [à Corinthe] un an et six mois, enseignant chez eux la parole de Dieu. Or Gallion étant proconsul d’Achaïe, les Juifs, d’un commun accord, s’élevèrent contre Paul et l’amenèrent au tribunal, en disant : Celui-ci persuade aux hommes de rendre à Dieu un culte contraire à la loi. Comme Paul commençait à ouvrir la bouche, Gallion dit aux Juifs : S’il s’agissait de quelque injustice ou de quelque acte criminel, ô Juifs, je vous écouterais comme il convient ; mais s’il est question de mots, de noms et de votre loi, vous y aviserez vous-mêmes, car je ne veux pas être juge de ces choses. Puis il les renvoya du tribunal. Alors tous, se saisissant de Sosthène, chef de la synagogue, le battaient devant le tribunal ; et Gallion ne s’en mettait nullement en peine.

Sosthène est nommé comme co-auteur de la première épître aux Corinthiens :

Paul, appelé à être apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, et Sosthène notre frère, à l’Eglise de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus, appelés saints, et à tous ceux qui invoquent le nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, en quelque lieu qu’ils soient et que nous soyons nous-mêmes.

De la férie

Le martyrologe de ce jour se termine par la brève mention de saint Séverin, « moine et solitaire » à Paris.

Ce Séverin se fit ermite près de la Seine, et il eut de nombreux disciples dont saint Cloud. Il mourut vers 540 et à l’emplacement de son ermitage, sur sa tombe, on édifia une chapelle, puis une église, celle qui porte son nom.

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Dans mon diocèse c’est la fête de saint Goustan. Voir ici. Et le cantique de Hoédic.

Sainte Catherine

Doxastikon des vêpres, par Thanasis Daskalothanasis, protopsalte de l’église de la Dormition de Ilioupoli (Athènes), et professeur de musique byzantine.

Χαρμονικῶς τῇ πανηγύρει, τῆς θεοσόφου Μάρτυρος Αἰκατερίνης, συνδράμωμεν ὦ φιλομάρτυρες, καὶ ταύτην τοῖς ἐπαίνοις, ὡς ἄνθεσι καταστέψωμεν· Χαίροις βοῶντες αὐτῇ, ἡ τῶν φληνάφων Ῥητόρων, τὴν θρασυστομίαν ἐλέγξασα, ὡς ἀπαιδευσίας ἀνάπλεων, καὶ τούτους πρὸς πίστιν θείαν χειραγωγήσασα· Χαίροις ἡ τὸ σῶμα πολυπλόκοις βασάνοις ἐκδοῦσα, δι’ ἀγάπην τοῦ Ποιητοῦ σου, καὶ μὴ καταβληθεῖσα, ὡς ἄκμων ἀνάλωτος· Χαίροις ἡ ταῖς ἄνω μοναῖς, ἀντάξια τῶν πόνων εἰσοικισθεῖσα, καὶ δόξης αἰωνίου κατατρυφήσασα, ἧς ἐφιέμενοι οἱ ὑμνῳδοί σου, τῆς ἐλπίδος μὴ ἐκπέσοιμεν.

A la fête de Catherine la sage-en-Dieu, amis des martyrs, accourons joyeusement, de nos éloges comme de fleurs la couronnant et lui disant : Réjouis-toi, qui réfutas l’insolent bavardage des rhéteurs et les menas de l’ignorance vers la divine foi ; réjouis-toi qui, par amour du Créateur, livras ton corps aux multiples tourments et résistas comme une enclume sans te laisser broyer ; réjouis-toi, qui méritas par tes peines les demeures d’en-haut pour y jouir de la gloire éternelle, cet objet de nos désirs : puisse l’espoir de tes chantres ne pas être déçu !

27e et dernier dimanche après la Pentecôte

Je ne puis, mes frères, m’empêcher de déplorer notre malheur, lorsque je pense à ce jour terrible. Au lieu que nous devrions être dans la joie quand on nous en parle, nous sommes au contraire saisis de frayeur et abattus de tristesse. Mais peut-être qu’il n’y a que moi qui me trouve dans cette disposition, et que pendant que je suis frappé de crainte vous n’avez que de la joie. Car pour moi, je vous avoue que lorsque je me retrace l’image de ce jugement futur, je suis pénétré de crainte, et que la douleur dont je suis percé me fait fondre en larmes.

Comme je n’ose espérer aucune part à ce bonheur que Jésus-Christ vient de promettre à ses apôtres, il me semble que je me vois dépeint dans ce qui est dit ensuite de ces vierges insensées et de ce méchant serviteur qui ne fit pas profiter le talent qu’il avait reçu de son maître. Ces exemples m’épouvantent et m’arrachent les larmes des yeux, lorsqu’ils me représentent dans quelle confusion nous serons alors, de quelle gloire nous serons privés, de quel bonheur nous serons exclus, non pour un temps qui ait ses bornes et ses limites, mais pour une éternité, et tout cela parce que nous n’aurons pas voulu endurer ici un peu de travail.

Si le joug que Jésus-Christ nous impose était pesant, et si sa loi était pénible, quoiqu’on dût encore s’y soumettre, les lâches néanmoins et les négligents pourraient- alors se couvrir de quelque excuse apparente. Ils représenteraient la difficulté des préceptes, la longueur des travaux et la pesanteur de ce joug qu’on leur aurait imposé. Mais maintenant tous ces prétextes même nous sont ôtés. Nous n’avons point de travaux ni de peines dont nous nous puissions couvrir. C’est là sans doute, mes frères, ce qui nous sera plus insupportable que l’enfer même, lorsque nous reconnaîtrons que, pour avoir voulu nous épargner un travail si léger, nous nous serons attirés une éternité de peines. Le temps de cette vie est court. Le travail n’est rien, et nous nous laissons aller au relâchement et à la mollesse. C’est sur la terre que vous combattez, et c’est dans le ciel que sera votre couronne. Ce sont les hommes qui vous affligent et qui vous outragent, et ce sera Dieu qui vous consolera et qui vous couronnera de sa gloire. Vous n’avez à courir qu’un moment, et au bout de votre carrière il vous offre un prix et un repos qui ne finira Jamais. Vous combattez dans un corps corruptible, et vous serez récompensé dans un corps incorruptible.

Mais nous devons considérer, mes frères, avec grande attention, que quelque répugnance que nous ayons à souffrir pour Jésus-Christ, nous souffrirons néanmoins beaucoup sur la terre. Refusez tant que vous voudrez de mourir pour celui qui est mort pour vous, vous n’en deviendrez pas pour cela immortels. Et quelque passionnés que vous soyez pour vos richesses, elles vous quitteront un jour malgré vous, et vous ne les emporterez pas en sortant du monde. Jésus-Christ ne vous demande que des choses que vous seriez contraints de quitter bientôt, et la mort au moins vous arrachera ce que vous aurez refusé de donner à Jésus-Christ. Je vous exhorte à prévenir cette nécessité par un renoncement volontaire, et de faire de’ bon gré ce que vous ferez enfin malgré vous.

Dieu ne vous demande qu’une chose, qu’en faisant ce que vous ferez pour l’amour de lui, vous le fassiez de bon cœur, et non par contrainte. Peut-on rien trouver de plus aisé et de plus facile ? Souffrez pour moi, nous dit-il, ce qu’il vous faudrait nécessairement souffrir. Ayez seulement cette intention, et cela me suffira. Vous voulez donner votre argent à un homme pour le faire profiter, donnez-le-moi à moi-même. Il profitera davantage et sera plus assuré. Vous voulez porter les armes pour un prince de la terre, faites la guerre sous mes étendards, et je vous récompenserai d’une gloire que tous les princes ensemble n’ont pas le pouvoir de vous donner.

Lorsque vous voulez vendre quelque chose, vous le donnez à celui qui vous en offre davantage, et vous rejetez le Fils de Dieu lorsqu’il vous offre sans comparaison plus que tout le monde ne peut vous donner. D’où vient cette aversion que vous avez pour lui ? D’où vient cette guerre que vous lui faites ? Comment vous excuserez-vous un jour de n’avoir pas préféré Dieu à un homme pour les mêmes raisons pour lesquelles vous avez coutume de préférer un homme à un homme ?

Pourquoi, vous dit-il, voulez-vous mettre en dépôt votre trésor dans la terre ? Que ne m’en rendez-vous le dépositaire ? Le maître de la terre ne vous paraît-il pas plus propre pour assurer votre bien, que la terre ? La terre ne vous peut rendre que ce que vous lui avez prêté. Elle en perd même, et elle en gâte souvent quelque chose. Mais Jésus-Christ ne vous ôte rien de tout ce que vous lui avez confié. Il a pour vous une bonté infinie. Si vous voulez lui donner votre argent à usure, il est toujours prêt à l’accepter. Si vous voulez semer, vous dit-il, je vous donnerai un champ où vous recueillerez au centuple ; et si vous voulez bâtir, je vous donnerai un fonds où vous bâtirez pour l’éternité. Pourquoi voulez-vous traiter avec des hommes qui sont si pauvres, qui ne vous rendront point votre argent ou qui ne vous le rendront qu’en partie. Traitez plutôt avec Dieu, qui s’engage à vous donner beaucoup pour peu que vous lui aurez prêté.

Saint Jean Chrysostome, homélie 76 sur saint Matthieu, traduction Jeannin, 1865.