Saint Stanislas

Le tombeau de saint Stanislas, au centre de la cathédrale de Cracovie.

Le souvenir du ministère de saint Stanislas sur le siège de Cracovie, qui dura à peine sept ans, et en particulier le souvenir de sa mort, accompagna sans cesse, au cours des siècles, l’histoire de la nation et de l’Église qui est en Pologne. Et dans cette mémoire collective, le saint Évêque de Cracovie resta présent comme le Patron de l’Ordre moral et de l’ordre social dans notre patrie.

En tant qu’évêque et pasteur, il annonça à nos ancêtres la foi en Dieu, il greffa en eux, à travers le saint Baptême, la Confirmation, la Pénitence et l’Eucharistie, la puissance salvifique de la Passion et de la Résurrection de Jésus Christ. Il enseigna l’ordre moral dans la famille fondée sur le mariage sacramentel. Il enseigna l’ordre moral au sein de l’État, rappelant même au roi que dans son action, il devait garder à l’esprit la loi immuable de Dieu. Il défendit la liberté, qui est le droit fondamental de chaque homme et qu’aucun pouvoir, sans violer l’ordre établi par Dieu lui-même, ne peut ôter à personne sans raison. A l’aube de notre histoire, Dieu, Père des peuples et des nations, nous manifesta à travers ce saint Patron que l’ordre moral, le respect de la loi de Dieu et des justes droits de chaque homme, est la condition fondamentale de l’existence et du développement de chaque société.

L’histoire fit également de Stanislas le Patron de l’unité nationale. Lorsqu’en 1253 arriva pour les Polonais l’heure de la canonisation du premier fils de leur terre, la Pologne vivait l’expérience douloureuse de la division en duchés régionaux. Et ce fut précisément cette canonisation qui éveilla chez les Princes de la dynastie des Piast, qui était au pouvoir, le besoin de se réunir à Cracovie, afin de partager, auprès de la tombe de saint Stanislas et sur le lieu de son martyre, la joie commune pour l’élévation de l’un de leurs compatriotes à la gloire des autels dans l’Église universelle. Tous virent en lui leur patron et leur intercesseur auprès de Dieu. Ils lui associèrent les espérances d’un avenir meilleur pour leur patrie. De la pieuse tradition qui rapporte que le corps de Stanislas, assassiné et découpé en morceau, se serait à nouveau recomposé, naissait l’espérance que la Pologne des Piast réussirait à surmonter la division dynastique et serait redevenue un État à l’unité durable. Dans la perspective de cette espérance, dès la canonisation, le saint Évêque de Cracovie fut élu comme le Patron principal de la Pologne et le Père de la Patrie.

Ses reliques, déposées dans la cathédrale de Wawel, étaient l’objet de la vénération religieuse de la part de toute la nation. Cette vénération acquit une nouvelle signification au cours de la période des divisions, lorsque venant de l’autre côté des frontières, en particulier de la Silésie, des Polonais arrivaient ici, désirant venir auprès de ces reliques qui rappelaient le passé chrétien de la Pologne indépendante. Son martyre devint le témoignage de la maturité spirituelle de nos ancêtres et acquit une éloquence particulière dans l’histoire de la nation. Sa figure était le symbole de l’unité qui désormais était édifiée non sur la base du territoire d’un État indépendant, mais sur celle des valeurs éternelles et de la tradition spirituelle, qui constituaient le fondement de l’identité nationale.

Jean-Paul II

De la férie

Antienne de Benedictus :

Eúntes in mundum, * docéte omnes gentes, baptizántes eos in nómine Patris, et Fílii, et Spíritus Sancti, allelúia.

Allez par le monde * et enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, alléluia.

Antienne de Magnificat :

Mercenárius autem, * cujus non sunt oves própriæ, videt lupum veniéntem, et dimíttit oves, et fugit, et lupus rapit, et dispérgit oves, allelúia.

Mais le mercenaire, * celui dont les brebis ne sont pas le bien propre, voyant le loup venir, laisse là les brebis et s’enfuit ; et le loup ravit et disperse les brebis, alléluia.

*

Dans la liturgie byzantine, dimanche dernier était celui des myrophores. On continue de les célébrer toute la semaine, et avec elles Joseph d’Arimathie, comme dans cette hymne des vêpres de ce soir, reprise d’un chant des vêpres de dimanche.

ᾘτήσατο Ἰωσὴφ τὸ Σῶμα τοῦ Ἰησοῦ, καὶ ἀπέθετο ἐν τῷ καινῷ αὐτοῦ μνημείῳ· ἔδει γὰρ αὐτὸν ἐκ τάφου, ὡς ἐκ παστάδος προελθεῖν, ὁ συντρίψας κράτος θανάτου, καὶ ἀνοίξας πύλας Παραδείσου ἀνθρώποις, δόξα σοι.

Joseph réclama ton corps immaculé * et dans un sépulcre neuf le déposa : * comme d’une chambre nuptiale tu devais sortir du tombeau ; * ô Christ qui as brisé l’empire de la mort * pour ouvrir aux hommes les portes du Paradis, * gloire à toi, Seigneur Jésus.

Saint Pie V

Né à Bosco, Michel Ghisleri, entré dans l’Ordre à quatorze ans, fut successivement professeur à Bologne, inquisiteur de la foi en Lombardie, commissaire général de l’Inquisition ; évêque de Nébi et de Sutri, cardinal de Sainte Marie sur Minerve, enfin Pape sous le nom de Pie V. Son court pontificat fut l’un des plus féconds du XVIe siècle. A l’intérieur de l’Église, il rendit efficaces les décrets du Concile de Trente, publia le missel et le bréviaire romains, travailla avec fermeté à la réforme des mœurs. A l’extérieur il soutint la lutte contre les protestants, et organisa la campagne qui devait se terminer à Lépante par l’écrasement définitif de la puissance ottomane qui menaçait l’Europe. Il a institué la fête de Notre-Dame de la Victoire, qui devint la fête du Rosaire. Pie V mourut en 1572.

Notice du missel dominicain édité en 1925.

L’antienne d’introït fait allusion à la bataille de Lépante, en citant un verset de l’Ecclésiastique évoquant la victoire de David contre Goliath :

Invocávit Dóminum omnipoténtem, et dedit in déxtera ejus tóllere hóminem fortem in bello, et exaltáre cornu gentis suae. Allelúia, allelúia.

Il invoqua le Seigneur tout-puissant, et le Seigneur donna à sa droite la force de renverser l’homme fort à la guerre, et d’exalter la puissance de son peuple. Alléluia, alléluia.

Liturgie… catholique…

Ce matin à la cathédrale de Kazan, à 23’38, le tropaire de Pâques en grec, en latin, et en slavon…

Le nombre inhabituel de choristes vient du fait que c’est la divine liturgie du dernier jour du Festival panrusse des chœurs des établissements d’enseignement religieux.

A 55’21, somptueux hymne des chérubins.

A 1h16’42 : « Nous te chantons, nous te bénissons, nous te rendons grâce, Seigneur, et nous te prions, ô notre Dieu. »

Suivi du mégalynaire de Pâques :

« L’ange cria à la Pleine de grâce : Pure Vierge, réjouis-toi, je le répète, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité le troisième jour et il a ressuscité les morts, peuples, exultez. Illumine, illumine, Jérusalem nouvelle, car la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Exulte maintenant et réjouis-toi, Sion. Et toi, toute pure, Mère de Dieu, réjouis-toi en la résurrection de ton Fils. »

2e dimanche après Pâques

Vous avez entendu, mes très chers frères, dans la lecture du saint Évangile, un enseignement qui vous concerne ; vous y avez appris aussi à quelle épreuve nous sommes mis, (nous, vos pasteurs). Celui qui est bon, non par une grâce accidentelle, mais par l’essence de sa nature, vous dit : « Moi je suis le bon pasteur. » Et nous donnant le modèle de cette même bonté à imiter, il ajoute : « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. » Il a fait ce qu’il a enseigné ; il nous a donné l’exemple de ce qu’il a commandé. Le bon pasteur a donné sa vie pour ses brebis, afin de convertir, dans notre sacrement, son corps et son sang, et d’en rassasier tous ceux qu’il avait rachetés.

La voie que nous devons suivre, au mépris de la mort, nous a été montrée ; l’exemple auquel nous devons nous conformer a été mis sous nos yeux. Notre premier devoir est d’employer charitablement nos biens extérieurs en faveur des brebis du Christ ; mais il nous faut encore, s’il est nécessaire, donner notre vie pour elles. De ce premier degré de sacrifice, qui est le moindre, on arrive jusqu’au dernier, qui est plus grand. Comme la vie l’emporte beaucoup en excellence sur les biens terrestres qui nous sont extérieurs, celui qui ne donne pas ses biens pour ses brebis, donnera-t-il jamais pour elles sa propre vie ?

Il en est qui, aimant davantage les biens de la terre que leurs brebis, ne méritent plus le nom de pasteurs ; de ceux-là l’Évangile ajoute aussitôt : « Mais le mercenaire, et celui qui n’est point pasteur, celui dont les brebis ne sont pas le bien propre, voyant le loup venir, laisse là les brebis et s’enfuit. » On n’appelle point pasteur, mais mercenaire, celui qui fait paître les brebis du Seigneur dans l’espoir de récompenses temporelles, et non par le motif d’un amour sincère. C’est un mercenaire qui tient la place de pasteur, mais ne cherche pas le bien des âmes, celui qui désire avec avidité les commodités de la vie présente, se complaît en l’honneur attaché à sa charge, se nourrit de gains temporels, et se réjouit des égards que les hommes ont pour lui.

Saint Grégoire le Grand, homélie 14 sur l’Evangile, leçon des matines. En pensant au conclave…

L’antienne de communion

Ego sum pastor bonus, allelúia : et cognósco oves meas, et cognóscunt me meæ, allelúia, allelúia.

Je suis le bon pasteur, alléluia ; et je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, alléluia, alléluia.