De la férie

Antienne de Benedictus (arrangement de Tobie 13,13-14).

Omnes natiónes vénient a longe, portántes múnera sua, allelúia.

Toutes les nations viendront de loin, apportant leurs présents, alléluia.

Antienne de Magnificat (Isaïe 60,6)

Bréviaire de Saint-Vaast d’Arras, XIIIe siècle.

Omnes de Saba vénient, aurum et thus deferéntes, allelúia, allelúia.

Tous viendront de Saba, apportant l’or et l’encens, alléluia, alléluia.

De la férie

Les deux répons des matines sont les mêmes toute la semaine. (Dans mon bréviaire monastique d’avant 1955 il y en a 9…) J’ai cité le premier hier, voici le second :

℟. In colúmbæ spécie Spíritus Sanctus visus est, Patérna vox audíta est : * Hic est Fílius meus diléctus, in quo mihi bene complácui.
℣. Cæli apérti sunt super eum, et vox Patris intónuit.
℟. Hic est Fílius meus diléctus, in quo mihi bene complácui.
℣. Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
℟. Hic est Fílius meus diléctus, in quo mihi bene complácui.

℟. Sous l’apparence d’une colombe, l’Esprit-Saint est apparu, et la voix du Père a été entendue : * Voici mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toutes mes complaisances.
℣. Les cieux se sont ouverts au-dessus de lui, et la voix du Père a retenti.
℟. Voici mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toutes mes complaisances.
℣. Gloire au Père, au Fils, * et au Saint-Esprit
℟. Voici mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toutes mes complaisances.

De la férie

L’octave de l’Epiphanie a été supprimée dès 1955 (le ver de la révolution liturgique était dans le fruit), d’autant plus malencontreusement que ces jours étaient sans fêtes de saints précisément pour pouvoir célébrer l’octave. De ce fait tous ces jours sont devenus des « féries ordinaires ». Toutefois, allez savoir pourquoi, on a gardé quelques traces de l’Epiphanie (dont la messe… jusqu’au samedi suivant). Et c’est pourquoi sans doute en 1960 on en a fait un « temps de l’Epiphanie » qui fait partie du « temps de Noël »…

Ainsi le premier répons des matines est-il toujours celui-ci :

℟. Tria sunt múnera pretiósa, quæ obtulérunt Magi Dómino in die ista, et habent in se divína mystéria : * In auro, ut ostendátur Regis poténtia: in thure, Sacerdótem magnum consídera: et in myrrha, Domínicam sepultúram.
℣. Salútis nostræ auctórem Magi veneráti sunt in cunábulis, et de thesáuris suis mýsticas ei múnerum spécies obtulérunt.
℟. In auro, ut ostendátur Regis poténtia: in thure, Sacerdótem magnum consídera : et in myrrha, Domínicam sepultúram.

℟. Au nombre de trois sont les dons précieux que les Mages ont offerts au Seigneur en ce jour, et en chacun se trouve un divin symbolisme : * L’or doit manifester la puissance du Roi, l’encens fait considérer le Grand-Prêtre, et la myrrhe la sépulture du Seigneur.
℣. Les Mages ont adoré l’Auteur de notre salut dans son berceau et lui ont offert les mystiques symboles de leurs présents.
℟. L’or doit manifester la puissance du Roi, l’encens fait considérer le Grand-Prêtre, et la myrrhe la sépulture du Seigneur.

De la férie

Le martyrologe romain de ce jour commence par une phrase lapidaire :

Relátio púeri Jesu de Ægýpto.

Le retour de l’enfant Jésus d’Egypte.

Aucune précision n’est donnée, aucune explication de la date non plus, alors que rien dans la liturgie (du moins dans les livres actuels) ne permet de fixer cet événement au 7 janvier. Sans doute est-ce simplement parce que c’est le lendemain de l’Epiphanie et que la fuite en Egypte est directement liée à la visite des mages.

Nulle part d’ailleurs dans le déroulement du temps de Noël il n’est question du retour d’Egypte, sauf de façon incidente lors de la fête des Saints Innocents, où c’est le début de l’évangile :

Voici qu’un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph et lui dit : « Lève toi, prends l’enfant et sa mère, fuis en Egypte et restes-y jusqu’à ce que je t’avertisse ; car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Et lui se leva, prit l’enfant et sa mère de nuit et se retira en Egypte. Et il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, afin que s’accomplît ce qu’avait dit le Seigneur par le prophète : J’ai appelé mon fils d’Egypte.

Le retour d’Egypte est narré après le massacre des enfants de Bethléem :

Mais Hérode étant mort, voici qu’un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, en Egypte, et dit : « Lève-toi, prends l’enfant et sa mère, et va dans le pays d’Israël ; car ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant sont morts. » Joseph, s’étant levé, prit l’enfant et sa mère, et vint dans le pays d’Israël. Mais ayant appris qu’Archélaüs régnait en Judée, à la place d’Hérode son père, il craignit d’y aller ; et, averti en songe, il se retira dans la province de Galilée. Et il vint habiter dans une ville appelée Nazareth, afin que s’accomplît ce qui avait été dit par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.

« J’ai appelé mon fils d’Egypte. » La prophétie est d’Osée (11,1). Au sens littéral il s’agit du peuple hébreu que Dieu fait sortir d’Egypte. Mais le peuple élu est une figure du Christ, d’autant plus du Christ enfant que le texte d’Osée dit juste avant : « Israël est un enfant et je l’aime. »

Cette prophétie est devenue l’antienne de Magnificat du vendredi de la première semaine de l’Avent, avec l’ajout qui précise sa portée christique :

Ex Ægýpto vocávi Fílium meum : véniet, ut salvet pópulum suum.

De l’Égypte j’ai appelé mon Fils ; il viendra pour sauver son peuple.

Vitrail de Chartres.