Vigile de la Pentecôte

L’Esprit enseigne tout,
brillant dans l’indicible lumière,
et il te montrera
toutes les réalités intelligibles,
autant que tu peux les voir,
autant qu’accessibles à l’homme,
à la mesure de la pureté
de ton âme,
et tu deviendras semblable à Dieu
en imitant exactement ses œuvres,
en fait de tempérance, de courage
et d’amour pour les hommes,
ainsi qu’en supportant les épreuves
et en aimant tes ennemis.

Voilà qui fera de toi, mon enfant,
imitateur du Maître,
et manifestera en toi
la véritable image de ton Créateur,
icône en toutes choses
de la perfection même de Dieu.
Alors le Créateur
enverra l’Esprit divin,
qui soufflera, qui habitera,
qui fixera son séjour
substantiellement en toi,
qui t’illuminera, te fera briller
et te recréera tout entier,
qui, de corruptible,
te rendra incorruptible,
et remettra à neuf
la maison décrépite,
celle de ton âme ; et avec elle,
il rendra incorruptible,
entièrement incorruptible,
ton corps tout entier,
et il te fera dieu par grâce,
semblable à ton Modèle :
ô merveille !

Devenant comme une piscine
divine et toute lumineuse,
il embrasse tous ceux
qui en sont dignes
et qu’il trouve en dedans.
Il remodèle entièrement
tous ceux qu’il reçoit
en dedans de lui-même,
il les remet à neuf,
il les rénove de façon extraordinaire.

Étant immortel,
il confère l’immortalité ;
étant lumière sans couchant,
il transforme en lumière
tous ceux en qui
il établit sa demeure ;
étant vie,
il procure à tous la vie ;
étant consubstantiel au Christ,
identique en nature et en gloire,
ne faisant qu’un avec lui,
il les rend absolument
semblables au Christ.

Hâtons-nous donc
de recevoir l’Esprit
qui vient de Dieu, l’Esprit divin,
afin de devenir héritiers
du Royaume céleste
pour les siècles.
Courons donc avec ardeur,
courons tous,
afin d’être jugés dignes
de nous trouver au-dedans
du Royaume des cieux
et de régner avec le Christ,
le Maître de tout,
à qui revient toute gloire,
avec le Père et l’Esprit,
pour les siècles des siècles. Amen.

Syméon le Nouveau Théologien, hymne 44.

Saint Norbert

L’ordre des chanoines réguliers de Prémontré, ou norbertins, a été fondé par saint Norbert au début du XIIe siècle dans le diocèse de Laon. Il y avait un rite prémontré avant la destruction liturgique du XXe siècle, et un plain chant spécifique. L’un et l’autre étant en fait au départ des variantes locales du rite romain. Je suppose que l’antienne Tota pluchra es ci-dessous est un exemple du chant prémontré, puisqu’elle est un peu différente de l’édition de Solesmes et qu’elle est interprétée par les Prémontrés de l’abbaye Saint-Michel de Silverado en Californie.

Tota pulchra es, amica mea,
et macula non est in te.
Favus distillans labia tua,
mel et lac sub lingua tua,
odor unguentorum tuorum super omnia aromata.
Jam enim hiems transiit,
imber abiit et recessit,
flores apparuerunt vineae.

Tu es toute belle, mon aimée,
et il n’est point de tache en toi.
Rayon de miel perlant que tes lèvres,
miel et lait sont sous ta langue,
l’effluve de tes parfums surpasse tous les aromates ;
car désormais l’hiver est passé,
la pluie a cessé et s’en est allée ;
les fleurs de la vigne ont apparu.

(Cantique des cantiques, extraits des chapitres 4 et 2.)

Saint Boniface

Le grand apôtre et l’organisateur de l’Allemagne, originaire d’Angleterre, fut d’abord un moine bénédictin. Sa première tentative de mission (716) resta sans succès. Avant son second voyage de mission, il se rendit à Rome (718) ; il y reçut du pape un bref de mission ; il convertit alors, dans un travail de trois ans, sous la direction de l’évêque Willibrord, le pays des Frisons. Le 3 novembre 722, il fut consacré évêque par le pape Grégoire II. En 724, il reprit son œuvre missionnaire avec un zèle renouvelé ; il se tourna vers le peuple des Hessois. Sur une hauteur, près du village de Geismar, il abattit l’antique chêne du tonnerre que le peuple considérait comme un sanctuaire national et pour lequel il avait une grande vénération. Avec le bois du chêne abattu, il bâtit une chapelle dédiée à saint Pierre. Cet acte hardi scella la victoire du christianisme dans cette région. Il rencontra de grandes difficultés de la part du clergé local et des prêtres vivant à la cour. Calme et modeste, il continua de travailler seul, et confiant en Dieu seul, qu’il implorait dans des prières incessantes et qu’il faisait implorer par les religieux et les religieuses d’Angleterre. Sa confiance ne fut pas déçue. Le nombre des conversions s’accrut d’une manière étonnante. En 731, Grégoire III lui envoya le pallium, qui est le signe de la dignité archiépiscopale. Boniface couronna alors son œuvre par l’organisation de l’Allemagne. Il établit de dignes évêques, délimita les diocèses, prit soin de la vie religieuse du clergé et du peuple. Il tint, entre 742 et 747, de grands synodes nationaux. En 744, il fonda le monastère de Fulda qui devint le centre religieux de l’Allemagne moyenne. En 745, il choisit Mayence comme siège archiépiscopal, A ce siège furent soumis 13 diocèses. Ce fut l’achèvement de l’organisation ecclésiastique de l’Allemagne. Saint Boniface acheva sa vie si active, comme il l’avait commencée, dans l’œuvre missionnaire. Ayant appris, en 754, qu’une partie des Frisons avait apostasié, il fit ses adieux à son clergé ; dans le pressentiment de sa mort, il emporta son suaire. A 74 ans, il entreprit avec une ardeur juvénile l’œuvre de la restauration. Il ne devait pas l’achever. Près de la localité d’Ockum, au moment où il voulait administrer la Confirmation à des nouveaux baptisés, il fut surpris par une bande de païens sauvages et tué.

Dom Pius Parsch

Saint Boniface abat le chêne de Thor à Geismar (Hesse), lithographie (vers 1900) d’après une fresque de Heinrich Maria von Hess (1834-44).

Saint François Caracciolo

Statue de saint François Caracciolo érigée en 2002 par la municipalité de Villa Santa Maria, près de la maison où il est né (dans la province de Chieti).

Connu pour son culte de l’eucharistie, il brandit de la main droite une hostie rayonnante, tient à la main gauche un morceau de pain, et sur son étole est inscrit : « Panis angelicus fit panis hominum ». Le pain des anges devient le pain des hommes.

A ses pieds (il porte des sandales de franciscain) une mitre, illustrant son vœu de refuser tout honneur ecclésiastique.

Sur le socle, des bas-reliefs représentant le jeune Caracciolo à la chasse avec ses amis, le banquet du seigneur de Villa Santa Maria (son père), la préparation du repas, la charité du saint (on y voit le saint apporter de la nourriture à un couple de personnes âgées, une femme assise près de lui et un voyageur fatigué qui s’appuie sur son bâton).

La liturgie à Minsk

Le chœur masculin du monastère Sainte-Elisabeth de Minsk (des laïcs qui travaillent au monastère) met en ligne une vidéo avec cinq chants liturgiques de divers styles et en diverses circonstances, sous-titrés en anglais pour une plus large diffusion. J’ajoute la traduction française.

Polyéléos (matines)

Louez le Nom du Seigneur, / louez-le, serviteurs du Seigneur. Alléluia.
Qui vous tenez dans la maison du Seigneur, / dans les parvis de la maison de notre Dieu. Alléluia.
Louez le Seigneur car le Seigneur est bon ; / chantez à son Nom car il est favorable. Alléluia.
Je sais que le Seigneur est grand / et que notre Seigneur est au-dessus de tous les dieux. Alléluia.
Que de Sion l’on bénisse le Seigneur, / qui habite à Jérusalem. Alléluia.
Rendez grâce au Seigneur, car il est bon. Alléluia.
Car sa miséricorde est éternelle. Alléluia.
Celui qui a fait les grands luminaires. Alléluia.
Car sa miséricorde est éternelle. Alléluia.
Le soleil pour présider au jour. Alléluia.
Car sa miséricorde est éternelle. Alléluia.
La lune et les étoiles pour présider à la nuit. Alléluia.
Car sa miséricorde est éternelle. Alléluia.
Celui qui donne la nourriture à toute chair. Alléluia.
Car sa miséricorde est éternelle. Alléluia.
Rendez grâce au Seigneur, car il est bon. Alléluia.
Car sa miséricorde est éternelle. Alléluia.

Trisagion

Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous.
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit,
maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Lucernaire des vêpres

Lumière joyeuse de la sainte gloire du Père immortel,
céleste, saint, bienheureux, ô Jésus Christ.
Parvenus au coucher du soleil,
contemplant la lumière vespérale,
chantons le Père et le Fils et le Saint-Esprit, Dieu.
Tu es digne dans tous les temps
d’être célébré par les voix saintes, ô Fils de Dieu,
Auteur de vie, aussi le monde te glorifie.

Mégalynaire (après la consécration)

Il est digne, en vérité, de te célébrer, ô Mère de Dieu (ou Déipare), toujours bienheureuse et toute-immaculée, et mère de notre Dieu. Toi, plus vénérable que les Chérubins, et incomparablement plus glorieuse que les Séraphins, qui sans corruption enfantas Dieu le Verbe, toi, véritablement Mère de Dieu, nous te magnifions.

Hymne des chérubins

Nous qui représentons mystiquement les chérubins,
et qui chantons l’hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité,
déposons maintenant les soucis du monde.
Pour recevoir le roi de toute chose,
invisiblement escorté par les ordres angéliques.
Alleluia, alleluia, alleluia !