Sainte Catherine

Icône de l’iconostase du monastère Sainte-Catherine du Sinaï, 1612.

Les stichères du lucernaire, trouvés sur un site intitulé Κρητική Αγιολογία (hagiologie crétoise) qui ne donne jamais d’indication sur les interprètes.

Ὅτι παρὰ τῷ Κυρίῳ τὸ ἔλεος, καὶ πολλὴ παρ’ αὐτῷ, λύτρωσις καὶ αὐτὸς λυτρώσεται τὸν Ἰσραὴλ ἐκ πασῶν τῶν ἀνομιῶν αὐτοῦ. (Psaume 129 : Car la miséricorde est dans le Seigneur, et une abondante rédemption est en lui, et c’est lui qui rachètera Israël de toutes ses iniquités.)

Σήμερον τέρπεται πόλις ἡ Ἀλεξάνδρεια, τὰ σπάργανά σου Μάρτυς, ἐν τῷ θείῳ ναῷ σου, κατέχουσα προφρόνως· διὸ καὶ ἡμεῖς, εὐσεβῶς ἑορτάζομεν, Αἰκατερῖνα τήν μνήμην σου τὴν σεπτήν, ὑπερεύχου τῶν τιμώντων σε.

En ce jour se réjouit la ville d’Alexandrie qui fut le berceau de ton enfance et possède ton temple divin ; c’est pourquoi nous aussi, nous fêtons avec foi, Catherine, ta mémoire sacrée ; intercède pour les fidèles qui te vénèrent.

Αἰνεῖτε τὸν Κύριον πάντα τὰ ἔθνη, ἐπαινέσατε αὐτόν, πάντες οἱ λαοί. (Psaume 116 : Nations, Louez le Seigneur, toutes les nations, peuples, louez-le tous.)

Αἰκατερίνης τὴν μνήμην νῦν ἑορτάσωμεν· αὐτὴ γὰρ ὄντως πάσας, τοῦ ἐχθροῦ τὰς δυνάμεις, ἐν λόγῳ τε καὶ ἔργῳ, καθεῖλε στερρῶς, καὶ Ῥητόρων τὴν ἔνστασιν· Ἀλλὰ δεήσεσι ταύτης ῥῦσαι ἡμᾶς, ὁ Θεὸς ἐκ τῶν αἱρέσεων.

Fidèles, célébrons la mémoire de Catherine en ce jour ; par sa parole et son action elle fut capable de détruire en effet la puissance de l’ennemi et l’opposition des rhéteurs. Par ses prières, ô notre Dieu, délivre-nous des hérésies.

Ὅτι ἐκραταιώθη τὸ ἔλεος αὐτοῦ ἐφ’ ἡμᾶς, καὶ ἡ ἀλήθεια τοῦ Κυρίου μένει εἰς τὸν αἰῶνα. (Psaume 116 : Car sa miséricorde est affermie sur nous, et la vérité du Seigneur demeure dans l’éternité.)

Χαίροις πανένδοξε Μάρτυς Αἰκατερῖνα σεμνή· ἐν τῷ Σινᾷ γὰρ ὄρει, ἐν ᾧ εἶδε τὴν βάτον, Μωσῆς μὴ φλεγομένην, ἐν τούτῳ Χριστός, τὸ θεάρεστον σκῆνός σου, νῦν μεταθείς σε φυλάττει ἕως καιροῦ, τῆς δευτέρας παρουσίας αὐτοῦ.

Catherine, réjouis-toi, martyre illustre et vénérée, car sur le mont Sinaï, là où Moïse a vu le buisson inconsumé, le Christ a fait porter l’enveloppe de ton corps et te garde jusqu’au temps de sa seconde venue.

A lire avant de communier…

Le curé de la paroisse Saint-Louis de la Roche-sur-Yon a placardé dans son église cette « information au sujet de la communion eucharistique », pour tenter de faire comprendre ce qu’est la communion, suite à des « incidents » et à des « malentendus ».

Ce brave curé ne se rend pas compte que son interminable bafouille est l’illustration même de ce qu’il cherche à combattre.

La « réforme » liturgique avait pour but d’amoindrir le sens du saint sacrifice et par le fait même d’estomper la présence réelle. Comme si les textes ne suffisaient pas, on a mis en place diverses inventions qui aggravaient la chose. La communion est ainsi devenue tellement complexe qu’il faut des explications spécifiques pour toutes les possibilités… Notamment, ce qui occupe beaucoup de place dans la bafouille, pour ce qui concerne ceux qui vont communier pour ne pas communier et ce que doivent faire les laïcs qui usurpent la fonction du prêtre en donnant la communion mais ne donnent pas la communion à ceux qui viennent communier pour ne pas communier. Et ces choses-là sont tellement compliquées qu’il faut ajouter deux notes à l’interminable bafouille.

Je suis prêt à parier qu’il n’y a pas dix fidèles à avoir lu ce pensum entièrement. Et sans doute moins encore. Pour deux raisons. La première est que ceux qui croient encore par habitude ou par héroïsme à la présence réelle n’en ont pas besoin. Et que les autres (la grande majorité) n’en ont rien à faire.

J’imagine seulement l’ahurissement d’un orthodoxe voyant cela…

Saint Jean de la Croix

Telle est la vérité que Dieu a voulu nous donner à entendre quand il ordonna à Moïse de gravir le sommet de la montagne où il devait lui parler. Non seulement il lui commanda d’y monter seul et de laisser en bas les enfants d’Israël, mais il défendit même que les bêtes de somme fussent dans les pâturages voisins de la montagne (Ex. XXXIV, 3). Il montre par là que l’âme qui doit parvenir à cette montagne de la perfection pour communiquer avec Dieu, non seulement doit se détacher de toutes les choses créées et les laisser en bas, mais doit aussi se détacher de toutes ses tendances figurées par les bêtes de somme et ne pas les laisser dans les pâturages qui sont en vue de la montagne, c’est-à-dire dans la jouissance d’autres choses qui ne sont pas Dieu. C’est en lui que tous les désirs sont remplis: c’est l’état de perfection.

Ainsi donc, la voie et le moyen nécessaire pour monter consistent dans un soin habituel que l’on porte à mortifier les tendances. On arrivera d’autant plus vite au sommet que l’on s’empressera davantage à ce détachement. Tant qu’on ne l’a pas obtenu, on ne parviendra pas au sommet, quelles que soient d’ailleurs les vertus que l’on pratique; et on ne les pratique pas parfaitement si l’âme n’est pas dans la nudité, le dépouillement et le détachement de toutes les tendances.

Nous en avons une image très vive dans la Genèse. Nous y lisons que le patriarche Jacob voulut aller sur le mont Béthel pour y élever un autel à Dieu et lui offrir un sacrifice. Mais il imposa tout d’abord trois conditions aux gens de sa suite : la première, de rejeter loin d’eux tous les dieux étrangers ; la seconde, de se purifier ; la troisième, de changer de vêtements (Gen. XXXV 2). Ces trois conditions nous donnent à comprendre ce que l’âme qui veut gravir cette montagne de la perfection doit accomplir pour y faire d’elle-même un autel où elle offrira à Dieu un sacrifice d’amour pur, de louange et d’adoration profonde. Avant de monter, elle doit avoir accompli parfaitement les conditions analogues à celles que nous avons rapportées ; la première consiste à rejeter tous les dieux étrangers, c’est-à-dire toutes ses affections étrangères et toutes ses attaches ; la seconde consiste à se purifier par la nuit obscure des sens des restes provenant de ses tendances : elle doit les mortifier et se repentir sincèrement ; enfin la troisième condition nécessaire pour arriver à cette montagne élevée qui consiste dans le changement de vêtements.  Ces vêtements, une fois les deux premières conditions accomplies, Dieu même les remplace par des vêtements nouveaux. Il dote l’âme d’une nouvelle faculté de connaître et d’aimer Dieu en lui-même ; mais tout d’abord il a dégagé sa volonté de tous ses anciens vouloirs et de tous les attraits du vieil homme, il a donc établi l’âme dans de nouvelles connaissances et un abîme de délices ; il a relégué bien loin toutes ses autres connaissances et les souvenirs du passé ; il a fait cesser tout ce qui restait du vieil homme, c’est-à-dire ses aptitudes naturelles, et a revêtu toutes ses facultés d’une nouvelle aptitude complètement surnaturelle, de telle sorte que ses opérations, d’humaines qu’elles étaient, sont devenues divines.

Voilà ce que l’on obtient dans l’état d’union. L’âme n’y est plus qu’un autel où Dieu reçoit l’adoration, la louange et l’amour, et où il habite seul. Voilà pourquoi il avait prescrit que l’autel sur lequel devaient lui être offerts les sacrifices fût vide à l’intérieur (Ex. XXVII, 8). Il voulait faire comprendre à l’âme qu’il la veut dégagée de toutes les choses créées, pour être digne de servir d’autel à Sa Majesté.

La montée du Carmel, I, 5.

24e et dernier dimanche après la Pentecôte

Les chants de la messe de ce jour sont les mêmes que ceux du 23e dimanche. Mais à l’office les antiennes de Benedictus et de Magnificat sont propres.

Celle du Benedictus reprend la première phrase de l’évangile, prophétie qui demeure mystérieuse… à moins qu’on y soit.

Cum vidéritis abominatiónem desolatiónis quæ dicta est a Daniéle prophéta, stantem in loco sancto : qui legit, intéllegat.

Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie dans le lieu saint, que celui qui lit comprenne.

Celle du Magnificat reprend la dernière phrase de l’évangile, dernier évangile de l’année liturgique, annonçant la fin du monde.

Amen dico vobis quia non præteríbit generátio hæc, donec ómnia fiant : cælum et terra transíbunt, verba autem mea non transíbunt, dicit Dóminus.

En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera point que toutes ces choses n’arrivent. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point, dit le Seigneur.

Sainte Cécile

L’antienne de Magnificat des premières vêpres (avant 1960), par le groupe Schola Antiqua de Juan Carlos Asensio au monastère Santa Maria del Parral à Ségovie en novembre 2000, avec le début du cantique. Le chant est celui de l’antiphonaire monastique de Solesmes de 1934, et non celui du Liber usualis.

Est secrétum, Valeriáne quod tibi volo dícere : ángelum Dei hábeo amatórem, qui nímio zelo custódit corpus meum.

C’est un secret, Valérien, que je veux te dire : j’ai pour amant un ange de Dieu, qui avec une extrême jalousie garde mon corps.