De la férie

En 1960 a été supprimée la fête de saint Pierre aux liens. Il est resté la mémoire des saints Machabées, alors que la fête de saint Pierre aux liens avait été fixée au 1er août parce que cette église possède les reliques des sept frères et qu’elle a été consacrée un 1er août.

C’est aussi le 1er août que le calendrier byzantin fait « mémoire des sept frères Machabées, de leur mère Solomonie et de leur maître, le vieillard Eléazar ».

Avant 1960, la dernière leçon des matines de saint Pierre aux liens commémorait les Machabées par ce texte de saint Grégoire de Nazianze :

Quel était le nom des Machabées ? On les désigne, en effet, sous une appellation générique, ceux dont la fête est célébrée en ce jour, au milieu d’une nombreuse assistance. Beaucoup de chrétiens ne leur rendent pas les hommages qu’il faudrait, sous prétexte qu’ils n’ont pas combattu après la venue du Christ. Ils sont pourtant dignes d’être honorés de tous, ces héros qui ont montré tant de courage et une telle constance, pour défendre les lois et les institutions religieuses de leur patrie. Si, en effet, ils sont allés jusqu’au martyre, avant la passion du Christ, qu’auraient-ils fait s’ils avaient souffert la persécution après cette passion, après que la mort d’un Dieu acceptée pour notre salut eût été proposée à leur imitation ? Eux qui ont été si vaillants dans le combat, sans avoir cet exemple sous les yeux, ne seraient-ils pas descendus dans l’arène avec plus de courage encore ? Mais que dis-je ? D’après un sentiment mystique et caché, qu’avec tous les amis de Dieu je crois très probable, aucun de ceux qui ont subi le martyre avant la venue du Sauveur n’aurait pu y atteindre, sans la foi au Christ.

Icône de Souzdal, XVe siècle, en partie refaite les deux siècles suivants.

Saint Ignace de Loyola

Martyrologe :

A Rome, l’anniversaire de saint Ignace, prêtre et confesseur, fondateur de la Compagnie de Jésus. Homme illustre par sa sainteté et ses miracles, il fut animé d’un zèle ardent pour propager dans le monde la Religion Catholique. Le souverain pontife Pie XI l’a établi patron céleste de tous les Exercices spirituels.

Plus bas, dans le martyrologe de ce jour, il y a aussi :

A Ravenne, le trépas de saint Germain, évêque d’Auxerre. Très illustre par sa naissance, sa Foi, sa science et la gloire de ses miracles, il délivra entièrement la Grande-Bretagne de l’hérésie des pélagiens.

Germain, évêque d’Auxerre, est allé deux fois en Angleterre. La première fois avec saint Loup, évêque de Troyes, commémoré avant-hier 29 juillet. Et sur le trajet ils rencontrent une petite fille qui sera sainte Geneviève. Il la retrouvera lors de son deuxième voyage, avec saint Sévère, évêque de Trèves.

Il est mort à Ravenne parce qu’il avait négocié la paix entre les Armoricains révoltés et les Allains de la Loire lancés contre eux par Aetius : le roi des Allains acceptait à condition que le traité soit ratifié par Aetius, généralissime des armées romaines et consul, qui résidait à Ravenne comme l’empereur romain d’Occident.

Les Eglises orthodoxes en France chantent saint Germain avec ce tropaire, se souvenant qu’il était duc (commandant) de la Marche Armorique avant de devenir évêque :

Saint évêque Germain, notre protecteur, honneur et consolation de l’Église des Gaules, tu as quitté la gloire et les richesses, pour suivre avec humilité le Christ notre Dieu. Tu as combattu les hérésies et fait triompher la vraie foi. Ô Père des Auxerrois, refuge des malheureux, prie le Christ de nous affermir dans Sa miséricorde !

La rencontre de sainte Geneviève et de Saint Germain, avec saint Loup, par Pierre Puvis de Chavannes, 1877, Panthéon.

De la férie

On fait mémoire des saints Abdon et Sennen.

« Les Actes des deux martyrs ont subi de telles interpolations de faits légendaires qu’ils n’inspirent pas confiance », disait le bienheureux cardinal Schuster, qui ajoutait aussitôt : « Cependant les antiques monuments du cimetière de Pontien y suppléent ; là, en effet, dans la crypte sépulcrale d’Abdon et Sennen, nous voyons encore représentés ces martyrs dans leurs habits persans, recevant les couronnes du Sauveur. » De part et d’autres deux autres martyrs : saint Milix (ou Milex) et saint Vincent.

En outre, soulignait le même cardinal Schuster, le calendrier philocalien (ou Chronographe de 354) évoque la mise au tombeau, ce jour, des saints Abdon et Sennen, dans le cimetière de Pontien, au lieu dit « ad ursum pileatum » (à l’ours coiffé).

« Au VIIe siècle, leurs reliques furent transportées du souterrain dans une basilique supérieure. Cependant l’hypogée où était le tombeau primitif demeura toujours en grande vénération ; on y creusa même un baptistère où l’on voit peinte la croix gemmée sortant des eaux. Plus tard, Grégoire IV (826) transféra les corps des saints Abdon et Sennen dans le titulus Marci [la basilique Saint-Marc]. »

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L’arrivée de reliques des saints Abdon et Sennen à Arles-sur-Tech, par Prosper Mérimée.

Sainte Marthe

L’an dernier j’avais reproduit quelques images de sainte Marthe. En voici quelques autres.

XVIIIe siècle. Musée des Arts et traditions populaires.

Début du XVIe siècle en Souabe, musée de Cluny. Marthe porte comme d’habitude le seau d’eau bénite avec laquelle elle va dompter la Tarasque, mais de façon unique elle couvre des pénitents de son manteau protecteur. La statue avait sans doute été commandée par une confrérie.

Statue du maître de Chaource, XVIe siècle, église Sainte-Madeleine de Troyes.

XVe siècle, cuisines de l’Hôtel Dieu de Beaune.

L’enterrement de sainte Marthe, par Sano di Pietro (XVe siècle). Plus précisément c’est le rêve de saint Front, tel que le rapporte la Légende dorée :

Le lendemain [de la mort de Marthe], qui était dimanche, vers trois heures, saint Front était occupé à célébrer la messe à Périgueux. Après l’épître, il s’endormit sur son siège, et le Seigneur lui apparut, et lui dit : « Mon cher Front, si tu veux tenir la promesse que tu as faite jadis à mon hôtesse Marthe, lève-toi et suis-moi ! » Et aussitôt saint Front, conduit par le Christ, se vit transporté à Tarascon, où il assista aux obsèques de la sainte, et aida à placer son corps dans le sépulcre. Cependant, à Périgueux, le diacre qui allait lire l’Évangile réveilla l’évêque pour lui demander sa bénédiction. Et saint Front, soudain réveillé, répondit : « Mes frères, pourquoi m’avez-vous réveillé ? Notre-Seigneur Jésus m’avait conduit aux obsèques de son hôtesse sainte Marthe ; et, comme je me préparais à l’ensevelir, j’ai laissé dans la sacristie mon anneau et mes deux gants. Et vous m’avez réveillé si vite que je n’ai pas eu le temps de les reprendre. Hâtez-vous donc d’envoyer des messagers qui me les rapportent ! » Aussitôt des messagers partirent pour Tarascon. Ils trouvèrent dans la sacristie l’anneau et les gants de saint Front ; et ils laissèrent dans la sacristie l’un de ces gants, en témoignage du miracle.