Minable

Le Conseil de Paris a voté à l’unanimité pour qu’une avenue de la capitale porte le nom d’Alexeï Navalny.

Le Conseil de Paris a dérogé à la règle qui prévoit un délai de cinq ans entre le décès d’une personnalité et l’attribution de son nom à un espace public, en raison de « l’importance des engagements d’Alexeï Navalny, pour la figure de résistance qu’il incarnait face à la dictature de Vladimir Poutine ».

Et donc on a choisi une avenue près de l’ambassade de Russie, pour embêter les Russes. Et toc. Enfin, c’est à… 300 mètres de l’ambassade, et depuis l’ambassade on ne voit pas cette avenue. Mais c’est l’intention qui compte.

Surtout, il s’agit de la moitié de l’actuelle avenue de Pologne, la partie impaire… A savoir une voie de 100 mètres, entre deux squares, où personne n’habite…

Si j’étais un fan de Navalny je ne serais pas très content…

La persécution estonienne

Puisque l’Eglise orthodoxe estonienne historique refuse de se fondre dans l’ersatz fabriqué avec le patriarcat de Constantinople, le gouvernement, tout en préparant la loi qui va interdire l’Eglise, lui a imposé de changer de nom. Elle a donc supprimé la référence au patriarcat de Moscou pour s’appeler simplement Eglise orthodoxe d’Estonie. Refus du gouvernement : cette appellation est celle de l’Eglise du patriarcat de Constantinople. Soit. On va s’appeler Église orthodoxe chrétienne d’Estonie.

Mais non. Le tribunal a refusé d’enregistrer ce nom. Motif ? Le nouveau nom induit en erreur quant à l’objectif et à l’étendue des activités, car il crée une fausse impression qu’il s’agit d’une Église regroupant tous les fidèles orthodoxes d’Estonie…

C’est d’une incroyable mauvaise foi : c’est l’Eglise du patriarcat de Constantinople qui fait croire qu’elle regroupe tous les orthodoxes, après avoir usurpé le nom de l’Eglise traditionnelle…

L’Eglise fait appel : « À notre avis, le nouveau nom reflète correctement l’objectif et l’étendue des activités de notre Église – en tant qu’Église chrétienne orthodoxe opérant en Estonie. Ce nom se distingue clairement des autres associations religieuses, et le refus de son enregistrement constitue une manifestation évidente de restriction de la liberté de religion. »

Reuters à propos de Vance

Dépêche de l’agence Reuters, de l’envoyée de l’agence censée rendre compte de l’intervention de JD Vance, vice-président des Etats-Unis, à la conférence de Munich sur la sécurité en Europe.

En regardant Vance : « Incrédules, inquiets, sceptiques »

Sabine Siebold à Munich

J’ai regardé le discours de Vance dans l’une des salles d’écoute, elle était pleine à craquer et les gens ont regardé dans un silence stupéfait.

Quelques rires incrédules ici quand il a reçu ses premiers applaudissements épars.

Une personne a commencé à applaudir mais s’est immédiatement arrêtée.

Ici, les visages sont incrédules, inquiets, sceptiques.

*

Voici quelques-uns des propos de Vance qui ont tant déplu à Reuters (pris sur le fil de l’agence) :

« La menace qui m’inquiète le plus vis-à-vis de l’Europe n’est pas la Russie, ni la Chine, ni aucun autre agent extérieur. Ce qui m’inquiète, c’est la menace intérieure. Le recul de l’Europe par rapport à certaines de ses valeurs les plus fondamentales, des valeurs partagées avec les États-Unis d’Amérique. »

« J’ai été frappé par le fait qu’un ancien commissaire européen se soit récemment exprimé à la télévision et ait semblé ravi que le gouvernement roumain vienne d’annuler l’ensemble d’une élection. »

« En Grande-Bretagne et dans toute l’Europe, la liberté d’expression, je le crains, est en recul. Ce qui est peut-être le plus inquiétant, et  je me tourne vers nos très chers amis, le Royaume-Uni, où le recul des droits de conscience a mis en péril les libertés fondamentales des Britanniques, religieuses en particulier. »

Et de citer le cas d’Adam Smith Conner, qui a été condamné en octobre pour avoir prié devant un avortoir : « Il priait silencieusement depuis trois minutes, sans gêner personne, sans entrer en contact avec personne, il priait juste silencieusement. »

« Je pense que vos démocraties sont nettement moins fragiles que ce que beaucoup de gens craignent apparemment. Et je crois vraiment que permettre à nos concitoyens d’exprimer leur opinion les rendra encore plus fortes. Il n’y a pas de sécurité si vous avez peur des voix, des opinions et de la conscience qui guident votre propre peuple… Si vous avez peur de vos propres électeurs, l’Amérique ne peut rien pour vous. »

« De tous les défis urgents auxquels les nations représentées ici sont confrontées, je crois qu’il n’y a rien de plus urgent que la migration de masse. »

Sur l’attentat à la voiture bélier hier à Munich :

« Mais pourquoi cela s’est-il produit, en premier lieu ? C’est une histoire terrible, mais que nous avons entendue bien trop souvent en Europe et malheureusement, bien trop souvent aux États-Unis également. Un demandeur d’asile, souvent un jeune homme d’une vingtaine d’années, déjà connu de la police, fonce dans la foule avec sa voiture et brise une communauté. Combien de fois devrons-nous subir ces revers épouvantables avant de changer de cap et de donner une nouvelle direction à notre civilisation commune ? Aucun électeur de ce continent ne s’est rendu aux urnes pour ouvrir les vannes à des millions d’immigrants non contrôlés. Mais vous savez pour quoi ils ont voté ? En Angleterre, ils ont voté pour le Brexit, et qu’on soit d’accord ou pas, ils ont voté pour. Et de plus en plus, partout en Europe, ils votent pour des dirigeants politiques qui promettent de mettre fin à une immigration incontrôlée. »

Routine eurogrotesque

Plus personne ne les écoute, mais ils continuent : le Parlement européen a pondu une nouvelle résolution par laquelle il « reconnaît Salomé Zourabichvili comme présidente légitime de la Géorgie » et appelle « à des sanctions de l’UE contre les principaux politiciens géorgiens ».

Ce qui est triste est que ce texte a été adopté par 400 députés, contre 63 et 81 abstentions.

Délire onusien

Selon un « rapport d’experts de l’ONU », le gouvernement biélorusse a commis des « violations généralisées » des droits de l’homme, dont certaines « constituent des crimes contre l’humanité », à savoir « l’emprisonnement et la persécution pour des motifs politiques ».

Voilà qui est nouveau. Si l’emprisonnement pour motif politique est un crime contre l’humanité, la liste des coupables va être très longue, à commencer par l’Ukraine, qui emprisonne des évêques coupables de ne pas faire partie de l’Eglise du régime…

Ah, mais aussi : « Les forces de sécurité ont fait preuve d’une brutalité marquée » à l’égard des personnes LGBT+, tant dans les gestes que les mots. C’est-à-dire que la police a dispersé des manifestations non déclarées d’invertis. Voilà qui est grave, en effet.

L’AFP n’oublie pas de rappeler que la Biélorussie « est un proche allié de la Russie », et donc, en filigrane, que le rapport fait partie de la campagne russophobe…