Le journaliste russe Léonide Ragozine a été déclaré « persona non grata » et expulsé de Lettonie, où il vivait depuis 2014 (il avait quitté la Russie, où il était correspondant de la BBC, après l’annexion de la Crimée).
Ce qu’on lui reproche ? Avoir dit dans un podcast que la Russie s’était vue contrainte de répondre à l’Occident par la « force brutale » : « [La Russie] se considère toujours comme un perdant, subissant une pression constante de la part de l’Occident qui empiète sur sa sphère d’influence et ses intérêts stratégiques. Cela l’oblige à réagir face à des actions hybrides, clandestines, en quelque sorte invisibles, qui modifient la donne au sein de l’ex-Union soviétique. »
Il est interdit d’exprimer une telle opinion en Lettonie. C’est considéré comme de la propagande russe.
Comme on ne peut rien contre Ragozine sur le plan judiciaire, puisque ses propos n’enfreignent aucune loi, on le déclare persona non grata et on l’expulse. Comme Xenia Fedorova chez nous. Avec le même argument : « Ses opinions sont en flagrante contradiction avec les intérêts de l’Etat letton. »
On en parle parce que Ragdozine était connu, mais ce sont plusieurs dizaines de journalistes, commentateurs et personnalités culturelles qui ont été expulsés de Lettonie depuis le début de la guerre en Ukraine.

