Le « Conseil de l’Église évangélique en Allemagne » publie un nouveau mémorandum sur la paix intitulé : « Un monde en désordre – Une paix juste en perspective ». Sous-titre : « L’éthique protestante de la paix face à de nouveaux défis ».
Le dernier mémorandum sur le sujet était celui de 2007. Il reprenait le dogme pacifiste du protestantisme allemand selon lequel si l’action militaire peut être justifiée dans certaines circonstances extrêmes elle demeure toujours immorale.
Mais la guerre en Ukraine et le fantasme de la menace de Poutine ont eu raison du moralisme « évangélique » : « En tant qu’éthique politique universelle, le pacifisme fondé sur le renoncement catégorique à la violence ne peut être légitimé sur le plan éthique. »
De ce fait, « la violence pour préserver le droit » est autorisée en dernier recours, et le synode protestant de 2019 a eu tort d’occulter « la nécessité d’une éthique de la force préservant le droit ».
Le mémorandum associe désormais la « primauté de la capacité à maintenir la paix » à la « nécessité de la capacité de défense » et considère la « capacité à faire la guerre » comme une disposition explicative de la « capacité de défense ».
En clair, on peut donner des armes à l’Ukraine et il faut s’armer contre Poutine. Parce que ça craint, ils l’ont dit à la télé.