Quand les pacifistes changent leur fusil d’épaule

Le « Conseil de l’Église évangélique en Allemagne » publie un nouveau mémorandum sur la paix intitulé : « Un monde en désordre – Une paix juste en perspective ». Sous-titre : « L’éthique protestante de la paix face à de nouveaux défis ».

Le dernier mémorandum sur le sujet était celui de 2007. Il reprenait le dogme pacifiste du protestantisme allemand selon lequel si l’action militaire peut être justifiée dans certaines circonstances extrêmes elle demeure toujours immorale.

Mais la guerre en Ukraine et le fantasme de la menace de Poutine ont eu raison du moralisme « évangélique » : « En tant qu’éthique politique universelle, le pacifisme fondé sur le renoncement catégorique à la violence ne peut être légitimé sur le plan éthique. »

De ce fait, « la violence pour préserver le droit » est autorisée en dernier recours, et le synode protestant de 2019 a eu tort d’occulter « la nécessité d’une éthique de la force préservant le droit ».

Le mémorandum associe désormais la « primauté de la capacité à maintenir la paix » à la « nécessité de la capacité de défense » et considère la « capacité à faire la guerre » comme une disposition explicative de la « capacité de défense ».

En clair, on peut donner des armes à l’Ukraine et il faut s’armer contre Poutine. Parce que ça craint, ils l’ont dit à la télé.

Leur désinformation

Au moment où l’on cherche à museler les sources d’information alternatives, où l’on interdit les sources d’information de « l’ennemi », où l’on nous martèle qu’il faut faire confiance aux informations officielles, la mésaventure de la BBC fait désordre…

Le directeur général de la BBC, Tim Davie, et la directrice de l’information, Deborah Turness, démissionnent, parce que leurs équipes ont été prises en flagrant délit de bidouillage. Les fake news, c’est habituel à la BBC comme dans les autres officines de propagande officielle. Mais là, comme c’était aux dépens de Donald Trump, ça ne passe pas.

Dans un magazine diffusé une semaine avant l’élection présidentielle américaine, la BBC avait fait dire à Trump, dans une vidéo, qu’il va marcher vers le Capitole avec ses partisans pour se « battre comme des diables ». Mais il s’agit d’un montage de deux vidéos distinctes.

Le président de la BBC, Samir Shah (né en Inde) a dû aller s’expliquer devant la commission ad hoc du Parlement. D’autre part le ministre de la Culture a reconnu : « Il ne s’agit pas seulement de l’émission Panorama, même si c’est extrêmement grave, mais d’une série d’allégations très graves, dont la plus grave est qu’il existe un parti pris systémique dans la manière dont des sujets difficiles sont traités par la BBC. »

C’est la même chose pour France Télévision. Mais cela n’aura aucune conséquence pour la suite de la désinformation des deux côtés de la Manche…

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La propagande ukrainienne a répandu dans le monde entier une vidéo où l’on voit un sapeur-minier russe, Evgueny Telepnev, confier que ses hommes posent des mines partout, même dans des livres ou des jouets d’enfants.

Horreur.

Sauf que dans la vidéo complète on voit que c’est exactement le contraire :

— Bien sûr ils mettent des mines dans tout et n’importe quoi. Nous n’avons jamais posé de mines dans des livres ou des jouets.

— Et eux ils l’ont fait ?

— Oui, ils ont posé des mines dans des livres, ils ont posé des mines dans des jouets. Les gars disent qu’ils en ont trouvé dans la région de Kherson, quand ils se sont retirés de l’autre côté du fleuve. C’était juste quand je suis arrivé.

Résumé

Donald Trump hier, lors de sa rencontre avec Viktor Orban, sur l’Ukraine :

« De fait, Biden a provoqué cette guerre de toutes les manières possibles, pouvez-vous le croire ? Personne ne peut le croire, mais c’est le cas… Et maintenant, regardez ce que tout cela a donné. Regardez simplement l’Ukraine. Le pays a perdu beaucoup de territoire et beaucoup de gens sont morts. »

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Puis, parlant de l’Union européenne :

« Je pense qu’ils devraient respecter la Hongrie et respecter très fortement son dirigeant, parce qu’il a eu raison sur l’immigration. Voyez ce qui se passe en Europe avec l’immigration. Il y a des gens qui affluent partout et cela lui fait du mal. Le taux de criminalité a explosé, et beaucoup de choses graves se produisent. En Hongrie le taux de criminalité est très bas. Ils ne sont pas d’accord avec lui, mais dans leur for intérieur je pense qu’ils sont probablement d’accord. Il a eu raison sur l’immigration, ils ont eu tort. »

« Ils inondent l’Europe de gens du monde entier, et l’Europe est en train de changer. Je le dis sans cesse aux dirigeants : vous feriez mieux d’arrêter cela, ou l’Europe n’existera plus. Ce qu’ils font est extrêmement dangereux. Puis-je avoir votre avis là-dessus ? »

Viktor Orban :

« Pour information, en Hongrie, le nombre d’immigrés clandestins est de zéro. Parce que nous avons un système clair comme de l’eau de roche des entrées et des sorties. Si une personne souhaite entrer en Hongrie, elle doit d’abord en faire la demande. Une fois la demande accordée elle peut entrer sur le territoire de la Hongrie. Nul ne peut fouler le sol hongrois sans en avoir l’autorisation des autorités hongroises. Telle est la réglementation, simple et efficace. Quelles sont les conséquences ? Nous sommes sous sanctions financières de l’Union européenne, parce que nous bloquons l’immigration clandestine en Hongrie et dans l’Union européenne aussi. Donc nous devons payer chaque jour un million, en punition du blocage des migrants. Tel est le monde absurde dans lequel nous vivons en ce moment en Europe. »

La dictature « antiraciste » s’aggrave

La mise en examen de Jean-Eudes Gannat pour ce tweet anodin marque une accélération à la britannique dans la répression du politiquement correct.

Jean-Eudes Gannat a été mis en garde à vue hier. Il y est resté pendant plus de 24 heures, a été mis en examen pour « incitation à la haine raciale », et déféré en vue d’une comparution immédiate. Sic.

« Un cap a été franchi dans la censure. Le Parquet d’Angers compromet gravement le peu de confiance qu’on est encore en droit d’attendre de l’institution judiciaire », commente son avocat.

Addendum

Jean-Eudes Gannat a été libéré après 36 heures dans les locaux de la police et de la justice. Il sera bien jugé pour « incitation à la haine raciale », le 6 mai 2026.

La Tchéquie change

Le gagnant des élections tchèques Andrei Babis a conclu un accord de coalition entre son parti ANO et, je cite Le Monde parce que c’est savoureux, « la formation prorusse et nationaliste Liberté et démocratie directe (SPD) et les masculinistes antiécologistes du Parti des motoristes en vue de former un nouveau gouvernement profondément eurosceptique dans ce pays d’Europe centrale ». « Andrei Babis et ses alliés d’extrême droite », disait le titre.

Les observateurs constatent que les négociations ont été très rapides, signe que l’accord devrait être solide. Babis devrait devenir Premier ministre au début du mois prochain.

Premier signe du changement : le nouveau président du Parlement, Tomio Okamura (président de Liberté et démocratie directe) a fait enlever le drapeau ukrainien de la façade du Parlement, hier, dès son premier jour, et a publié la vidéo sur les réseaux sociaux, avec son commentaire : « La Tchéquie d’abord. »