Routine

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont approuvé hier soir le 19e paquet de sanctions contre la Russie, entré en application ce matin à 8 heures.

Résumé par Euractiv :

Le 19e paquet vise les revenus énergétiques de Moscou avec une interdiction progressive des importations de gaz naturel liquéfié (GNL), sévit contre sa flotte fantôme de pétroliers et ses transactions en cryptomonnaies, et inscrit sur une liste noire de nouvelles banques et entités en Russie, en Chine et en Asie centrale. Il élargit également les interdictions d’exportation de biens et de technologies à double usage (civil et militaire), restreint les services tels que l’intelligence artificielle et le tourisme, et limite les déplacements des diplomates russes dans l’UE.

On peut supposer sans crainte de se tromper que ça ne suffira toujours pas à mettre la Russie à genoux. Qu’à cela ne tienne. Kaja Kallas a déjà annoncé la préparation du 20e paquet…

Deux îles prennent un nom de saint

Par décret du Premier ministre russe Mikhail Michoustine, deux îles de l’archipel des Kouriles, qui n’avaient pas encore de nom, prennent celui de deux grands missionnaires de l’Eglise orthodoxe russe : « saint Innocent de Moscou (ou d’Irkoutsk), apôtre de la Sibérie et de l’Amérique », et « saint Nicolas l’illuminateur du Japon ».

Cette décision s’inscrit dans la volonté d’honorer les figures marquantes de l’histoire religieuse et culturelle russe.

Ces deux évêques, liés à l’Extrême-Orient russe, ont tous deux visité l’île de Sakhaline en 1861. Cette grand île à l’ouest des Kouriles forme avec elles le diocèse de Ioujno-Sakhalinsk et Kouriles.

Poutine dans l’UE…

La rencontre annoncée de Poutine et Trump à Budapest fait hurler évidemment les eurocrates et tous les russophobes compulsifs européens. Parce que ce sera une nouvelle preuve que leurs sanctions ne fonctionnent pas, et parce que ce sera une énorme claque pour eux si Poutine et Trump se rencontrent dans une capitale de l’UE pour parler de l’Ukraine sans aucun représentant de l’UE…

On parle de cette rencontre tant à Washington qu’à Moscou sans même évoquer un seul instant le fait que théoriquement Poutine ne peut pas venir en avion dans un pays de l’UE : l’espace aérien de l’UE est fermé à tous les aéronefs russes depuis 2022.

Le ministre polonais Sikorski a déclaré que dans le cas où Poutine survolerait la Pologne, si un tribunal le demandait, les autorités polonaises devraient obliger l’avion à atterrir pour arrêter Poutine et le transférer à La Haye.

« Je ne peux même pas imaginer qu’il traverse notre espace aérien, dit le ministre lituanien. Il n’y a pas de place en Europe pour les criminels de guerre. Le seul endroit où Poutine a sa place en Europe, c’est à La Haye, devant le Tribunal. »

Mais on sait désormais par où va passer Poutine. En marge d’une réunion des ministres des Affaires étrangères à Luxembourg, hier, le ministre bulgare Georg Georgiev a déclaré que son pays laisserait passer l’avion russe : « Lorsque des efforts sont faits pour parvenir à la paix, si la condition pour y parvenir est d’organiser une telle rencontre, il est tout à fait logique que cette rencontre fasse l’objet d’une médiation par tous les moyens possibles. »

De fait entre la mer Noire et Budapest il y a que la Bulgarie et la Serbie, et les liaisons aériennes de Belgrade avec la Russie continuent comme avant (et plus qu’avant puisque l’aéroport de Belgrade est le seul en Europe occidentale à assurer la liaison).

Quand le Conseil de l’Europe veut renverser Poutine…

Le Conseil de l’Europe a adopté le 1er octobre dernier, par 80 voix contre zéro, et quatre abstentions, une résolution créant une « plateforme de dialogue avec les forces démocratiques russes afin de s’engager avec les individus et les groupes qui s’opposent au régime russe actuel » :

« Cette nouvelle plateforme vise à faciliter un dialogue structuré avec les forces démocratiques russes, renforçant ainsi leur capacité à apporter un changement démocratique durable en Russie et à contribuer à l’instauration d’une paix durable et juste en Ukraine, tout en garantissant la responsabilité des acteurs russes pour les crimes internationaux commis. Les participants doivent répondre à des critères stricts, démontrant leur soutien à l’indépendance et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine et d’autres pays post-soviétiques, ainsi que leur engagement en faveur de la démocratie et des principes des droits de l’homme défendus par le Conseil de l’Europe. »

On n’en a pas entendu parler parce que cette coordination des mouvements russes en exil pour renverser Poutine relève de l’utopie. Les groupuscules dont il s’agit se tirent dans les pattes et sont dirigés par des individus dont le premier objectif est d’apparaître comme le seul vrai opposant : Mikhail Khodorkovski, Garry Kasparov, Vladimir Kara-Murza, et la veuve de Navalny, via le « Fonds anti-corruption » qui n’a même pas signé la « Déclaration de Berlin » de 2023 condamnant « l’invasion de l’Ukraine » et définissant le régime russe d’« illégitime et criminel ».

Une famille texane en Russie

A l’occasion de la fête des pères en Russie, hier, l’agence TASS a publié une longue interview d’un père de famille, Joseph Schutzman, venu s’installer en Russie en 2023 avec sa femme et ses sept, bientôt huit enfants. L’un et l’autre sont issus de familles catholiques nombreuses. Joseph Schutzman a occupé des postes de direction chez Microsoft, Oracle, Red Hat. Aujourd’hui il tient le blog « Home in Russia » et avec son compatriote Eddie Gonzales ils ont une émission-débat politique intitulée « Russia Up Close ». Voici une traduction de cette interview. La fin est fort intéressante, dans sa tentative de description de ce qu’est la Russie « aux 197 cultures ». Le passage sur la liberté d’expression l’est également.

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